José Cavalcanti

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José Cavalcanti de Alburquerque y Padierna
Fonctions
Capitaine général de la IIe région militaire (d)
-
Capitán General de la VI Región Militar (d)
-
Capitaine général des îles Baléares (d)
-
Fernando Carbó Diaz (d)
Chef de la Maison militaire du Roi d'Espagne
-
José Zabalza e Iturriria (d)
Député
Betanzos
-
Pedro de Miranda Cárcer (d)
Commandant en chef
Regimiento de Cazadores de caballería Alfonso XII Nº 21 (d)
Titres de noblesse
Marquis (d) (Marquesado de Cavalcanti (d))
Marquesado de Cavalcanti (d)
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Allégeance
Activités
Homme politique, militaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
María de las Nieves Quiroga y Pardo Bazán (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Jaime Quiroga y Pardo Bazán (d) (beau-frère)
Emilia Pardo Bazán (belle-mère)
María del Carmen Quiroga y Pardo Bazán (d) (belle-sœur)
José Quiroga Pérez de Deza (d) (beau-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflits
Seconde guerre de Mélilla
Cavalry charge of Taxdirt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Grand-croix du Mérite militaire avec la distinction blanche (d) ()
Grande-croix de l'ordre de Saint-Herménégilde ()
Croix laurée de l'ordre de Saint-FerdinandVoir et modifier les données sur Wikidata

José Cavalcanti de Alburquerque y Padierna (San José de las Lajas, Cuba, 1871 – Saint-Sébastien, 1937) est un militaire espagnol.

Après une formation comme officier de cavalerie, Cavalcanti fut versé dans des unités combattantes dans la partie orientale du Maroc espagnol, où sa conduite lui valut plusieurs promotions pour mérites de guerre. En particulier, lors de la campagne de Melilla de 1909, il se signala pour une action d’éclat, où il réussit, à la tête d’un escadron de cavalerie, à briser un encerclement par une audacieuse triple charge de cavalerie. Nommé en commandant-général de Melilla, en remplacement du général Silvestre suicidé peu de jours auparavant lors de la retentissante débâcle espagnole d’Anoual, il fut parmi ceux qui s’opposèrent à l’envoi d’une colonne de secours aux assiégés du fort de Mont-Aroui, en arguant que cela se ferait aux dépens de la défense de Melilla, jugée prioritaire. Lorsqu’il s’agit, en préalable à la contre-offensive espagnole d’, de consolider le périmètre défensif de Melilla, puis de rendre autonomes par une opération d’approvisionnement durable les fortins et camps fortifiés autour de Melilla, Cavalcanti se signala à nouveau par une prouesse personnelle, où il brava, par une charge hardie, le feu des combattants rifains et atteignit ainsi le camp de Tizza assiégé. Le procès qui lui fut fait ensuite, à l’instigation des Juntes de défense, qui répugnaient aux coups d’éclat militaires et aux avancements pour mérites de guerre, devait nourrir (bien qu’acquitté) son ressentiment à l’égard du gouvernement de García Prieto. D’autres griefs, tels que la mise en cause de l’armée dans la débâcle d’Anoual (avec information judiciaire en cours) et le désintérêt gouvernemental à l’égard du Maroc espagnol allaient faire de lui en 1928 l’un des maîtres d’œuvre du coup d'État de Primo de Rivera. À la proclamation de la République en 1931, bien que sanctionné pour son rôle dans le putsch de Primo de Rivera, il jura fidélité au nouveau régime, mais participa l’année suivante au putsch manqué dit Sanjurjada. Au lendemain de la rébellion militaire de , prélude à la guerre civile, Cavalcanti fit aussitôt allégeance au camp nationaliste.

Origines, formation et carrière militaire au Maroc

Charge de cavalerie sous la conduite de Cavalcanti à Tajdirt en septembre 1909 (photo d’archives de l’armée espagnole).
Stèle érigée en 1910 à Melilla en hommage aux combattants espagnols de Tajdirt.

Fils d’un immigré de Florence (d’ou son patronyme italien) et d’une dame espagnole, José Cavalcanti suivit à partir de 1888, dès l’âge de 17 ans, une formation à l’Académie générale militaire de Tolède, puis à l’Académie de cavalerie, où il eut pour camarades d’études Dámaso Berenguer et Manuel Fernández Silvestre. Destiné au Maroc espagnol, il fut promu capitaine pour mérites de guerre en et commandant en [1].

Pendant la campagne de Melilla de 1909, Cavalcanti participait aux opérations comme membre d’une brigade, dont il dirigeait les deux escadrons de cavalerie et qui avait pour mission de s’emparer de plusieurs positions rifaines dans les environs de Tajdirt, près de Melilla. Le au matin, la brigade, sous les ordres du général Tovar, fut prise sous le feu d’une harka (milice) rifaine nombreuse retranchée sur une hauteur proche. La riposte espagnole consista à faire pilonner la zone par l’artillerie, puis à l’attaquer à la baïonnette. Sitôt les Rifains expulsés, la brigade installa sur la hauteur une batterie de canons et laissa sur place le bataillon de Tarif, qui se chargea, au prix de lourdes pertes, de défendre la position contre les quelque 1 500 assaillants rifains. À la faveur d’une relève de troupe, la harka se précipita à l’attaque et réussit à encercler la garnison espagnole. Après que le général Tovar eut en désespoir de cause donné ordre à Cavalcanti de défendre avec ses 65 cavaliers la manœuvre de retraite du bataillon, ceux-ci allaient effectuer successivement trois charges hardies, sabre au clair, propres à disperser les assaillants en surnombre et à permettre au reste de la troupe de se replier, mais au terme desquelles ne restaient plus de vivants qu’une vingtaine de cavaliers[2],[3],[4],[5]. Ce fait d’armes « héroïque » valut à Cavalcanti un avancement au grade de colonel et une croix laurée de Saint-Ferdinand, en même temps que l’admiration, puis l’amitié du roi Alphonse XIII, qui lui octroya en 1919 un titre de noblesse[1].

Élu député conservateur pour La Corogne en 1915, il fut nommé sous-secrétaire du ministère de la Guerre, fonction qu’il exerça d’août à , avant de remettre sa démission, quelques jours après son ascension au rang de général de division[1].

Commandant-général de Melilla et convoi de Tizza (septembre 1921)

Le portique du fort de Mont-Aroui en , après la reprise de la position par les troupes espagnoles.

Le , en pleine débâcle d’Anoual, Cavalcanti fut nommé commandant-général de Melilla[6],[1], en remplacement du général Silvestre, qui s’était suicidé le . À ce moment était sur la table la question de l’opportunité d’envoyer une colonne de secours au fort de Mont-Aroui, où la colonne de repli du général Navarro se trouvait encerclée et qui était attaqué et pilonné sans relâche par les combattants rifains. À la date du , tant le haut commissaire Berenguer que Cavalcanti continuaient d’estimer que, eu égard aux effectifs dont ils disposaient, toutes les forces devaient être vouées à la seule défense de la place de Melilla. Les travaux de fortification autour de Melilla avançaient lentement, tandis que les forces rifaines étaient en augmentation, la harka de Nador ayant à elle seule entre-temps atteint un effectif de 3 000 hommes, ce qui faisait craindre pour la défense de Souk-el-Had. Les préparatifs en vue de la conquête de La Restinga battaient alors leur plein, opération qui avait pour seul but de préserver Melilla[7]. En réaction aux manifestations d’affliction dans la presse concernant Mont-Aroui, Berenguer convoqua le une nouvelle réunion des généraux en chef des colonnes, pour réexaminer le cas et imaginer une solution. Lors de cette réunion, à laquelle assistaient, outre Berenguer, les généraux Cavalcanti, Cabanellas, Sanjurjo, Neila et Fresneda, et le colonel Gómez Jordana comme secrétaire, les participants déclaraient à l’unanimité et sans la moindre réserve « ne pas trouver, dans le délai nécessairement très bref pour être efficace, le moyen opérant pour réaliser quelque action militaire en vue de secourir la colonne du général Navarro »[8]. Il est, selon Julio Albi, difficilement explicable qu’en dépit des données objectives sur la puissance de l’adversaire et sur ses dissensions internes, tous les généraux présents à la réunion du à Melilla, y compris les généraux décorés Sanjurjo et Cavalcanti, soient tombés d’accord pour avaliser l’analyse pessimiste de Berenguer[9]. En dépit de l’accord de reddition conclu le suivant et à l’encontre des ordres d’Abdelkrim, les défenseurs espagnols de Mont-Aroui furent (à quelques exceptions près) perfidement massacrés jusqu’au dernier, soit environ trois milliers de personnes, par la harka rifaine locale[10],[11],[12],[13],[14],[15].

À la fin de , en prélude à la contre-offensive espagnole pour la reconquête des territoires perdus par suite de la débâcle d’Anoual, le haut commandement de Melilla décida de lancer sous l’intitulé « Occupation et fortification » une série d’opérations de réoccupation et de remise en état des anciennes positions militaires qui autrefois protégeaient la ville mais étaient devenues inutiles après les campagnes de 1909-1910 et donc laissées en déshérence. L’une de ces positions était la petite bourgade de Tizza, située à une dizaine de km au sud-ouest de Melilla, dans une zone enclavée dans la kabila de Guélaya, mais appartenant à Beni-Sicar. Tizza était importante aussi du point de vue politique, car les Beni Sicar montraient des propensions à se ranger au côté du chef rifain indépendantiste Abdelkrim[16]. Après que Tizza eut été réoccupée le , un périmètre fut déterminé sur une colline, englobant deux maisons parmi les plus spacieuses, et fortifié avec des sacs de terre, des fils barbelés et des parapets de tir, et figurant désormais comme poste avancé de la position de Souk-el-Had. La position de Ghareb, à environ un km au nord de Tizza, fut concomitamment renforcée[17].

Il en allait de Tizza comme des autres fortins du Rif oriental : pour s’approvisionner, il leur fallait envoyer quotidiennement des détachements aux points d’eau, souvent éloignés, et des convois de mules étaient nécessaires, très vulnérables aux attaques rifaines[18]. Cinq jours seulement après sa mise en place, Tizza fut attaquée lors d’une des opérations ordinaires de ravitaillement[17], et trois jours plus tard, des groupes de miliciens rifains s’efforçaient, à partir de quelques maisons proches, de barrer le passage au convoi de ravitaillement venu de Souk-el-Had. Les convois durent dorénavant être escortés par deux compagnies d’infanterie et un bataillon de Regulares (supplétifs), puis par de l’artillerie légère et une unité de mitrailleuses. Pour y remédier, il fut décidé de construire un fortin (blocao en espagnol) pour protéger le point d’eau, à l’effet de quoi fut organisée le une expédition en deux colonnes, ce qui n’évita cependant pas à la position de Tizza d’être attaquée encore[18]. Dans les combats autour de Tizza, les pertes, pour le seul mois d’août, s’élevèrent à cinq morts (deux officiers) et 52 blessés (5 officiers), dont seulement trois blessés imputables à la défense directe de la position, le reste des pertes ayant eu lieu lors de la protection des convois de ravitaillement[19].

Entre-temps, le haut commandement commençait à planifier les premières opérations de la contre-offensive espagnole. Pour que ce projet réussisse, il importait que les positions qui protégeaient Melilla puissent se maintenir de façon autonome pendant un certain temps, de sorte que les commandants soient affranchis du besoin de détourner des effectifs de l’offensive en cours pour accompagner les convois de ravitaillement. Ainsi fut-il arrêté vers le milieu de septembre que les forts et camps fortifiés autour de Melilla, dont Tizza, devaient être en mesure de se soutenir par leurs propres moyens durant au moins deux semaines[19].

En conséquence, le général de brigade Carlos Tuero O’Donnell fut missionné de diriger le une opération d’approvisionnement des positions du secteur Ichmoar-Tizza. Les troupes qui lui furent assignées (cinq bataillons d’infanterie, un groupe d’artillerie légère et un de montagne, un escadron de cavalerie et des unités d’intendance) se déployèrent en deux colonnes, l’une sous les ordres du colonel Ricardo Lacanal, et l’autre sous les ordres de Tuero[20]. L’opération cependant échoua à cause de l’épais brouillard matinal, qui obligea à suspendre l’opération. Après que Tuero se fut avisé qu’il n’aurait pas le temps d’approvisionner tous les postes (en particulier, Tizza, Ghareb et quelques blocaos n’avaient pas pu être approvisionnés), il appela son supérieur Cavalcanti, qui l’autorisa à contre-cœur à se replier sur Melilla[21].

Dámaso Berenguer, commissaire-général du Maroc espagnol, supérieur hiérarchique du commandant-général Cavalcanti.

Ce revers fut promptement suivi d’un nouveau convoi, fixé au , d’une composition semblable et d’un agencement légèrement différent, et conduit par le même Tuero[22]. De ce nouveau convoi, pris sous le feu rifain, seule une partie réussit à atteindre Tizza, au prix de trois morts, parmi lesquels un officier, et de 32 blessés, quand même Tuero assura ensuite que l’opération fut un succès[23]. Pourtant, en dépit de cette affirmation, on éprouva le besoin de réitérer l’action peu de jours plus tard, le , avec des effectifs et une configuration de troupes très similaires à celle du 16, avec Tuera à leur tête secondé par Lacanal[24]. Après avoir pourvu plusieurs fortins, dont celui de Ghareb vers 11 heures du matin, le convoi, se trouvant alors en vue de Tizza, se vit bientôt pris sous un intense feu rifain, faisant de nombreuses victimes chez les bêtes de somme, au point d’immobiliser le convoi. Ce que voyant, Tuero envoya un héliogramme à Cavalcanti, qui surveillait les opérations depuis Souk-el-Had (localité sise entre Ghareb et Melilla), et lui communiqua que « tout le convoi était détruit », en lui demandant la permission de se replier. Cavalcanti tarda une demi-heure avant de répondre que Tuero devait « insister dans l’avancée sur Tizza ». À quatre heures de l’après-midi, Tuero expédia un nouvel héliogramme à Cavalcanti ainsi conçu : « La plupart des bêtes de somme du convoi Tizza mortes. Situation très compromise. Il convient de retirer les forces. Attends vos ordres »[25]. Cavalcanti finit par appeler le commandant Sicluna, chef de la garnison de Tizza, pour s’informer s’il disposait de provisions suffisantes, et n’accéda à la supplique de Tuera qu’après avoir appris que Tizza avait des provisions pour trois jours[26]. Les troupes de Tuero se retirèrent alors sans autre incident sur Melilla, mais avaient eu à déplorer ce jour-là neuf morts, dont un officier, 77 blessés et trois disparus, en plus de la mort de 47 mules[27].

Après ce nouveau revers, le haut commissaire Berenguer, devant la nécessité pressante de résoudre définitivement l’approvisionnement de Tizza, fixa la date de départ d’un nouveau convoi au , premier jour possible, eu égard au temps nécessaire pour acheminer de Nador deux batteries lourdes qu’il se proposait d’installer à Souk-el-Had, dans le but de pilonner les maisons situées sur le trajet de Ghareb à Tizza par lesquelles l’expédition du 26 avait été mise en échec. Dans ses instructions à Cavalcanti, extrêmement minutieuses, Berenguer insista sur le besoin impérieux de réussite, « non seulement en raison de ce que dans la garnison commencent à manquer vivres, munitions, habits, etc., mais aussi parce qu’il est indispensable de s’ôter le souci de cette position et de ce front pour pouvoir poursuivre à plein les opérations [de la contre-offensive] », et lui exposa qu’il lui incombait d’apporter « tout ce dont a besoin cette garnison pour vivre de ses propres moyens au long de ces quinze jours », mais qu’il y aurait lieu aussi de « faire la relève de la garnison, mais non de son commandant en chef »[28], et en outre de « compléter la fortification de Tizza et de ses alentours de sorte qu’elle puisse avoir valeur offensive ». À cet effet, toutes les compagnies du génie de Nador furent mises à contribution pour débroussailler et miner les environs de la position et détruire les bâtiments les plus proches. Au besoin, Tuero, derechef désigné pour mener l’expédition, aurait le loisir de faire appel aux Regulares de Melilla[29].

Comme précédemment, le corps expéditionnaire serait réparti en deux colonnes : la première, la plus forte, se trouverait sous les ordres directs de Tuero et se composerait de six bataillons d’infanterie, de huit batteries, de cinq compagnies du génie, d’unités sanitaires, etc., plus un escadron et un tabor d’infanterie de Regulares ; la seconde, dirigée par le colonel Francisco Sirvent Betis, était formée de trois bataillons d’infanterie, de cinq batteries, d’une compagnie de sapeurs et d’unités sanitaires, d’optique, etc. — pour un effectif total de 8 000 hommes, 52 pièces d’artillerie, 80 chevaux et 24 mitrailleuses. Cavalcanti observerait l’action depuis Sidi Amaran (situé au nord de Ghareb) et Berenguer depuis Souk-el-Had[30].

La veille de l’expédition, Cavalcanti expliqua son plan d’opération à Tuero, Sirvent et Lacanal et aux commandants des unités participantes, en concluant son exposé par l’observation que « l’opération sera dure et, si la manœuvre n’était certes pas difficile, son exécution mettrait les troupes à rude épreuve » (bon nombre des soldats étaient novices et n’avaient aucune expérience dans l’assaut de retranchements et de positions fortifiées). Il insista que soit demandées de la part des unités « la plus grande énergie et la rapidité la plus grande possible »[31].

Vue vers Tizza à partir du camp fortifié de Ghareb (photo d’archives de l’armée espagnole, versée au dossier d’instruction judiciaire sur Anoual). La ligne en pointillé est le trajet que devait suivre le convoi de ravitaillement. Sous la lettre F : maisons prises par les sapeurs. Sur le flanc gauche, la vallée du Río de Oro.

Entre-temps, les 255 hommes de la garnison de Tizza gardaient bon moral malgré leurs 43 blessés et les contraintes du rationnement. Le convoi en préparation devait leur faire parvenir 45 chargements de vivres, de l’eau potable et du bois de chauffe pour deux semaines, en plus d’une tente conique, quatre chargements de matériel sanitaire, de l’habillement, un lot de mille cartouches par homme et un chargement de bombes à main[32]. Depuis 7 heures 30 du matin le , l’artillerie postée à Souk-el-Had bombardait d’un feu intense les tranchées et les maisons proches de Tizza. Le commandant en chef de cette position observait comment ce pilonnage alertait les Rifains qui, armés de fusils et d’un canon, se mirent en devoir d’occuper les postes de tir tout autour, sur la route reliant Tizza à Ghareb et sur les hauteurs au nord-est de la position, et dont le nombre était estimé entre 1 200 et 1 500 hommes[33].

La colonne de Tuero arriva, avec retard, à Ghareb à 8 heures du matin[33]. La deuxième colonne, sous les ordres du colonel Sirvent, qui devait occuper le flanc gauche du convoi entre Ghareb et Tizza, finit par arriver, retardé lui aussi, à Souk-el-Had, pour se diriger vers le fortin de La Corona en accumulant le retard en raison du terrain abrupt[34].

Vers les dix heures enfin, la colonne de Tuero au complet se mit en branle et, quittant Ghareb, s’engouffra dans un chemin trop étroit pour une masse aussi considérable et rendue par là trop compacte, ce qui attira aussitôt le feu rifain depuis le vallon du Río de Oro, sur le flanc gauche (c’est-à-dire est), produisant les premières pertes espagnoles et un certain désordre dans les rangs[35]. L’avant-garde, dès qu’elle eut atteint son objectif, à savoir la Loma de Regulares (colline des Regulares), subit un feu nourri sur sa droite. Les blessés qui s’accumulaient rapidement forcèrent la 2e compagnie à laisser ses armes sur place pour évacuer les blessés sur Sidi Amaran, tandis que l’avant-garde était forcée de reculer[36]. Nombre de soldats espagnols et de Regulares, tentaient, genou à terre, ou pour la plupart couchés au sol, de se protéger des tirs rifains, dans un espace trop étroit qui interdisait le déploiement efficace de tant de forces accumulées, qui eurent rapidement de lourdes pertes. Le colonel Ordóñez Flórez, résolu à rompre ce blocage, harangua ses hommes et se lança en avant à la tête de la première compagnie en se faufilant entre les unités, puis progressa par la route de Tizza jusqu’à une colline se trouvant en face de ce camp fortifié, et y prit position[37].

Passé onze heures, Cavalcanti monta à cheval et s’achemina en compagnie de son état-major vers Ghareb, voyant alors venir en sens inverse de nombreux blessés, quelques-uns sur des brancards[38]. À Ghareb, il monta au parapet pour se rendre compte par lui-même de la situation, puis se rendit à l’avant-garde pour s’entretenir avec Lacanal, au milieu d’une masse de troupe inerte qui subissait les effets d’un feu violent et dont les sous-officiers paraissaient, selon un témoignage, quémander des instructions qui n’arrivaient pas[39]. Au même moment, la colonne de Sirvent progressait sur la gauche avec une relative facilité[40].

Vers midi, Cavalcanti revint à Ghareb, où Berenguer lui rappela l’importance de faire parvenir le convoi à Tizza. Aussi Cavalcanti ordonna-t-il à Tuero de mettre le convoi en route, mais de façon précipitée, car avant que les positions nécessaires à la protection du convoi aient été conquises, et de surcroît dans une disposition ne respectant pas les distances convenues entre les sections, ce qui donna lieu à des agglomérats. Devant la paralysie du convoi, balayé par le feu rifain, Cavalcanti, selon sa future déposition, demanda à Tuero et à son chef d’état-major « s’ils avaient trouvé quelque solution rapide à la situation créée, et sur leur négative, je leur ai dit textuellement “Eh bien, vous verrez comment moi j’en trouverai” ». Il monta alors à cheval et, suivi de son escorte et de son état-major, retourna auprès de Lacanal ; là, entraînant derrière lui les premières troupes qu’il rencontra, qui se trouvaient être en majorité des militaires du génie et des sapeurs, lesquels se hâtèrent de caler leur baïonnette, et secondé par ses aides de camp, il réussit, à travers un feu nourri venant tant d’en face que des deux flancs, à briser l’encerclement. À mesure que cette troupe d’assaut progressait, Cavalcanti eut soin de la déployer à gauche et à droite de la route afin que les maisons soient occupées et les flancs protégés[41].

Ensuite, dans le sillage de Cavalcanti, le convoi de ravitaillement ainsi que le bataillon destiné à prendre la relève de la garnison atteignirent le camp de Tizza. Au total, seul un peu plus de la moitié des chargements prévus pour Tizza arriva à destination. Une demi-centaine de mules périrent en cours de route et la majeure partie des chargements fut éparpillée au sol. De Tizza, Cavalcanti fit expédier un télégramme à Berenguer : « Veuillez donner ordre au général Tuero de prendre le commandement de la Force pendant que je me trouve à Tizza où je suis arrivé avec mon état-major et une poignée de soldats du génie pour servir d’exemple aux bataillons ». Cette mention de la valeur d’exemple à l’adresse des bataillons coincés devant Ghareb allait être considérée comme frisant l’injure par les Juntas de Defensa du corps d’infanterie[42].

Après le déchargement du convoi à Tizza, le chemin du retour fut engagé par la troupe, avec les blessés et la garnison relevée. Cavalcanti pour sa part avait déjà pris le départ pour Ghareb quelque temps auparavant, où il ne resta que quelques minutes, le temps d’ordonner à Tuero de diriger la retraite[43]. Celle-ci toutefois se déroula dans le désordre, sous le harcèlement des harkas rifaines, et au mépris des plus élémentaires préceptes tactiques[44].

Les pertes lors de cette expédition furent considérables : dans la colonne de Tuero, on eut à déplorer la mort de quatre officiers et de quatre-vingts soldats, et on dénombra 23 blessés parmi les officiers et 263 parmi les hommes de troupe ; dans la colonne de Sirvent, les pertes s’étaient limitées à cinq blessés. Vingt soldats étaient portés disparus. Tizza avait reçu une bonne moitié des approvisionnements prévus, ce qui suffisait à soutenir sa garnison pendant une vingtaine de jours[44]. Dans les rangs rifains, le bilan était plus lourd encore, le nombre de morts dépassant en effet les 200 et celui des blessés s’établissant aux alentours du millier. Sur la foi du témoignage d’un captif espagnol évadé le , il fut admis que les Rifains avaient vu leur moral gravement entamé, après que contrairement à leurs prévisions et en dépit de leurs efforts, les Espagnols étaient parvenus à ravitailler Tizza, et la désillusion aurait été d’une ampleur telle que leurs contingents en furent diminués et que les insurgés de Beni Sikar ne tarderaient pas à se soumettre à l’autorité espagnole[45],[46].

En route vers Melilla, Cavalcanti fit une pause à Hidoum, où il se rencontra avec un groupe de journalistes enthousiastes qui avaient suivi le combat depuis Souk-el-Had[45]. Le même jour, il eut une longue réunion avec Berenguer. De cette conversation, et des confidences qui lui furent faites dans les jours suivants, ainsi que de ses propres observations, Berenguer déduisit la « palpable inaptitude » du général Tuero et le manque d’engagement des colonels Lacanal et Sirvent[46], ce qui le porta à requérir de Cavalcanti un mémoire, présentant une « information détaillée, juste et loyale » sur les carences au combat. Ce rapport et les recommandations de Berenguer atterrirent sur le bureau du ministre de la Guerre Juan de La Cierva[45]. Celui-ci, après consultation avec le roi, révoqua Tuero du commandement de sa brigade et mit en disponiblité les colonels Sirvent et Lacanal. Le lendemain , la Junta de Defensa de l’infanterie analysa les comptes rendus et croquis des combats, avant de décider d’« employer tous les moyens possibles pour élucider ce qui s’était passé et déterminer si les destitutions étaient un acte de justice ou une disposition arbitraire »[47],[48], et peu après, le quotidien La Correspondencia Militar, proche des Juntas de Defensa, s’employa à démontrer en six arguments que le morceau de bravoure de Cavalcanti avait été inutile[note 1]. Tuero, Lacanal et Sirvent ne pouvaient, arguait le journal, être démis de leur commandement qu’à l’issue d’un conseil de guerre où il leur serait loisible de se défendre. Les trois sanctionnés adressèrent une supplique au roi, qui finit par accéder à leur demande[51].

Dans une entrevue, Tuero déclara :

« Ma destitution ne peut pas avoir d’autre origine que le désir de valoriser un acte qui était superflu. Des attitudes extraordinaires ne peuvent se justifier sans l’existence de manquements du commandement inférieur. Or en Espagne, ces attitudes extraordinaires sont celles qui servent de base à une rapide carrière militaire et politique[51],[52]. »

Un commandant de Regulares affirma de son côté « qu’il y eut des pertes innécessaires en raison de l’entassement des forces dans un espace réduit et sous le feu de l’ennemi », et qu’on nota « un manque de direction et d’initiative dans le commandement » — diagnostic auquel souscrivaient la plupart des officiers, qui relevaient également que le départ des bataillons s’était fait sans déploiement adéquat, que les compagnies progressaient en colonnes par quatre, que cette configuration avait été maintenue même sous les tirs, qu’un bataillon avait reçu l’ordre de départ sans que son prédécesseur dans la colonne ait eu le temps de se mettre en ordre de marche en vue de sa mission[40].

Mise en cause judiciaire à propos de Tizza

Le , au motif de ses déclarations sur la libération des prisonniers d’Anoual et pour avoir critiqué publiquement l’inactivité du gouvernement, Cavalcanti fut démis de ses fonctions à la Comandancia General et remplacé par le général Sanjurjo[53],[1],[54]. Quelques mois plus tard, en , se tint le « procès contradictoire ». Lors des auditions, Tuero et Lacanal, en plus des arguments sur le déroulement général de l’expédition, reprochèrent à Cavalcanti son impatience, lorsqu’il ne voulut pas attendre que Lacanal, qui l’avait informé qu’il lui ferait signe dès que la protection serait prête, ait ordonné au convoi d’avancer ; à leurs yeux, l’action spectaculaire de Cavalcanti « bien que preuve incontestable de vaillance, fut une violence dangereuse, innécessaire, qui aurait pu entraîner de graves conséquences ». Cavalcanti se vit alors frustré de sa deuxième croix laurée de Saint-Ferdinand[55].

Le , ce fut au tour du Conseil suprême de la Guerre et de la Marine, appelé à statuer sur les responsabilités dans la débâcle d’Anoual et présidé par le général Weyler, de lancer en rapport avec le convoi de Tizza une procédure contre Tuero, Lacanal et Sirvent[56],[57]. Le , le Conseil, sur décision du procureur, mit en cause également Cavalcanti pour les mêmes faits, sous le chef d’inculpation d’avoir outrepassé ses attributions. Le procureur qualifia de prématurée sa décision de se lancer en avant, compte tenu qu’il disposait de suffisamment de temps pour « procéder avec tactique, en utilisant les colonnes de la manière convenue ». Il accusa Cavalcanti de posséder « un courage personnel, davantage que de la compétence dans le commandement »[58]. Les accusés furent finalement condamnés du chef de négligence, selon le code de justice militaire. Les peines prononcées furent de un an pour Tuero et Sirvent, de six mois de prison militaire correctionnelle pour Lacanal, assorties pour tous trois d’une suspension de fonction pour la durée de la condamnation ; Cavalcanti en revanche fut acquitté, verdict qui provoqua la démission du général Aguilera comme président du Conseil suprême de la Guerre et de la Marine. Quelques mois plus tard, le , fut promulgué un décret d’amnistie générale[1],[56]. Certains historiens maintiennent néanmoins que le cours de la bataille avait effectivement été inversé grâce à une petite poignée de cavaliers au trot, suivis d’une grosse centaine de sapeurs, à qui les Rifains, pris de court par leur audace, abandonnèrent maisons et retranchements au terme d’une brève lutte ; à leur tête chevauchait Cavalcanti, qui ce jour-là, selon l’expression d’un officier témoin au procès, était le seul « qui avait force philosophale pour résoudre la situation »[56].

Coup d’État de Primo de Rivera (septembre 1923)

En , Cavalcanti fut nommé au poste de général de la 1re division de cavalerie, mais relevé de ses fonctions le , alors que la dictature de Primo de Rivera était déjà en place[1]. En , il fut reconduit comme général de la 1re division de cavalerie et six jours plus tard promu lieutenant-général « hors vacance de poste ».

Cavalcanti joua un rôle de premier plan dans le coup d’État de Primo de Rivera du [59],[60] , ayant en effet figuré comme chef de file du dénommé « Quadrilatère », groupe de quatre généraux conspirateurs, qui se réunissait au domicile de Cavalcanti et comprenait, outre le maître de logis, trois de ses amis, tous lieutenants-généraux d’infanterie et partageant ses points de vue, c’est-à-dire s’opposaient au gouvernement libéral de García Prieto, étaient monarchistes et proches de la cour, ardents « africanistes » (chez qui le temps de service en Afrique avait conformé une mentalité particulière) et « anti-responsabilistes » (niant la culpabilité de l’armée espagnole dans le désastre d’Anoual). C’étaient nommément : Leopoldo Saro Martín, ancien combattant de Cuba qui s’était illustré par sa conduite héroïque dans la campagne de Melilla de 1909 ; Antonio Dabán Vallejo, fils du général Luis Dabán, héros de la troisième guerre carliste de 1874 ; et Federico Berenguer y Fusté, frère de Dámaso Berenguer, lequel était dans le viseur de l’enquête du général Picasso[1],[61].

Parmi les motifs qui avaient conduit Cavalcanti à s’engager dans la conjuration figurent en premier lieu la politique marocaine des gouvernements espagnols successifs, que Cavalcanti jugeait empreinte de faiblesse et dommageable pour l’armée ; ensuite les critiques adressées à l’armée pour la débâcle d’Anoual ; et enfin l’instruction judiciaire menée par le général Picasso pour déterminer les responsabilités dans cette défaite[62]. En effet, à la faveur de l’arrivée au pouvoir le d’une coalition libérale présidée par Manuel García Prieto, l’enquête du Conseil suprême de la Guerre et de la Marine sur les responsabilités dans la débâcle d’Anoual avait pris un nouvel essor, si bien qu’en , plusieurs hauts commandants militaires avaient été condamnés pour négligence[63], et qu’en , il avait été décidé de relancer d’une part la procédure judiciaire contre Berenguer et Cavalcanti devant le Conseil suprême de la Guerre et de la Marine, et d’autre part les auditions devant la Commission des responsabilités du Congrès[64]. En outre, le programme gouvernemental prévoyait d’intervenir moins au Maroc et de porter les efforts davantage sur une politique sociale impliquant des réductions budgétaires pour le Maroc et, à l’instigation du ministre Santiago Alba, un libéralisme économique classique assorti notamment d’une baisse des droits de douane, à la grande contrariété tant des protectionnistes que des militaires[63].

Les hommes du Quadrilatère entendaient rassembler autour d’eux les militaires mécontents de l’actuel gouvernement et escomptaient recevoir le soutien du roi Alphonse XIII. Cependant, c’est en vain qu’ils entreprirent de sonder les garnisons, et le roi ne fut même pas mis au fait de leurs tractations[65].

Photo de groupe après le coup d’État de Primo de Rivera de 1923. Au premier rang, de gauche à droite : Primo de Rivera, le roi Alphonse XIII et Cavalcanti.

En , une mutinerie éclata dans le port de Malaga chez les soldats attendant de s’embarquer pour Melilla, incident lors duquel un sergent fut tué. Pendant ces journées politiquement agitées, marquées par de fréquentes manifestations de protestation dans les grandes villes d’Espagne, Miguel Primo de Rivera s’entretint avec cinq lieutenants-généraux, à savoir les quatre du Quadrilatère et Juan O´Donnell y Vargas, duc de Tétouan. Ces cinq personnages, rejoints par Diego Muñoz Cobo, capitaine général de Madrid, et le général de division José Sanjurjo, gouverneur militaire de Saragosse, en plus de deux autres généraux, décidèrent de lancer le mouvement de rébellion, fixant la date au et son lieu de déclenchement à Barcelone[66]. Les architectes du coup d’État se concertèrent préalablement avec les garnisons de Barcelone et de Madrid sur le déroulement de la rébellion, mais essuyèrent le refus de deux capitaines généraux, celui de Valence, José Zabalza Iturriria, et celui de Séville, l’infant Charles de Bourbon[67],[68]. Le lendemain du putsch de Primo de Rivera, les quatre hommes du Quadrilatère, rejoints par le capitaine général de la 1re région militaire Diego Muñoz Cobo, devaient former le Directoire militaire provisoire, bientôt remplacé, le 15 du même mois, par celui définitif, présidé par Primo de Rivera lui-même[1].

En , Primo de Rivera entama des pourparlers de paix avec Abdelkrim, mais celui-ci rejeta les propositions et exigea l’indépendance totale et inconditionnelle du Rif. Devant la détermination rifaine, Primo de Rivera ordonna début 1924 le repli des forces militaires espagnoles en direction de Melilla et de Ceuta, ce qui impliquait en particulier l’évacuation de Chefchaouen (dans la partie occidentale du protectorat), à l’encontre de l’avis de Cavalcanti et des généraux « africanistes » et des rédacteurs de la revue Revista de Tropas coloniales, récemment cofondée par Gonzalo Queipo de Llano et le lieutenant-colonel Francisco Franco[69].

Cavalcanti, à la tête de la Maison militaire du roi depuis [1], prit langue en avec des personnalités politiques de la gauche monarchiste et, après que Francisco Largo Caballero eut été nommé en membre du Conseil d’État remanié, également avec des socialistes[70], dans le but, semble-t-il, de fomenter un coup de force anti-primorivériste devant permettre l’instauration d’un gouvernement civil présidé par un militaire et le rétablissement de la « normalité constitutionnelle »[70]. En conséquence de ces démarches, Cavalcanti fut limogé de la Maison militaire du roi en , envoyé en voyage d’études en Italie et dans les Balkans, et désigné capitaine-général des Baléares, lieu d’éloignement ordinaire pendant la dictature de Primo de Rivera[1].

En , sous le Directoire civil, Cavalcanti fut nommé capitaine-général de la 4e région militaire (avec siège à Barcelone). Entre la fin de cette année et , Cavalcanti fut sollicité par Manuel de Burgos y Mazo de se joindre aux constitutionnalistes, offre qu’il déclina, son positionnement monarchiste lui interdisant d’apporter son appui à un mouvement susceptible de mettre fin à l’institution monarchique[1].

En , sous la dictature de Berenguer (ironiquement appelée la « dictablanda »), Cavalcanti fut muté comme capitaine-général à la 2e région militaire (avec siège à Séville)[71],[1]. Fin , sous l’éphémère gouvernement de l’amiral Aznar, il prit la présidence du Conseil suprême de la Guerre et de la Marine, en remplacement du général Ricardo Burguete[1].

Seconde République et coup d’État nationaliste de juillet 1936

Sitôt la République proclamée en , Cavalcanti, figurant comme l’un des rares généraux prêts à défendre par les armes le trône d’Alphonse XIII, fut écarté de son poste de président du Conseil suprême de la Guerre et de la Marine, sans que cela ne l’ait empêché ensuite de prêter serment de fidélité à la République dix jours plus tard. De plus, une circulaire du même mois le dépouilla de son titre de marquis de Cavalcanti, et en , il fut condamné, en même temps que d’autres haut-gradés, pour son implication dans le coup d’État de Primo de Rivera à une peine de douze ans d’assignation à résidence et de déchéance absolue de ses droits pendant toute la durée de sa peine[1].

Cavalcanti (à gauche) à Burgos en , marchant aux côtés de Francisco Franco et d’Emilio Mola.

Cependant, à partir du mois de , dès que surmontée la stupeur provoquée par la chute de la monarchie, on commença à conspirer contre la République, et des réunions étaient convoquées où les généraux José Cavalcanti, Miguel Ponte et Luis Orgaz se consultaient avec des civils, parmi lesquels Fernando Gallego de Chaves Calleja (es) (marquis de Quintanar), Eugenio Vegas Latapié, Santiago Fuentes Pila, José Ignacio Escobar y Kirkpatrick, Jorge Vigón, José Calvo Sotelo, José de Yanguas Messía, Pedro Sainz Rodríguez, etc. ; le roi Alphonse XIII lui-même présida une telle réunion le à Paris, au logis de la vice-comtesse de la Gironde[72]. Ayant en outre pris part en au putsch avorté appelé « Sanjurjada », il se vit infliger, sur le chef de rébellion militaire, aux termes du verdict de , une peine de dix années d’emprisonnement militaire avec déchéance du rang[73],[74],[1]. Cavalcanti allait cependant pouvoir jouir, comme ses compagnons, de la mesure d’amnistie du [1].

Au lendemain du coup d’État nationaliste du , Cavalcanti expédia un télégramme à Franco lui faisant part de son adhésion au soulèvement, et reçut en réponse l’ordre de se présenter devant Miguel Cabanellas, président de la Junta de Defensa Nacional, ordre auquel il obtempéra, quittant son lieu de résidence à La Corogne pour se rendre à Burgos. Dans une sienne lettre datée du , Cavalcanti signalait à la vindicte les « hordes marxistes », clamait que le salut de l’Espagne viendrait de la « véritable » armée nationale (par opposition aux troupes républicaines), etc.[1]

Vie personnelle

Cavalcanti avait épousé Blanca Quiroga Pardo Bazán, fille de l’écrivaine Emilia Pardo Bazán[75],[1].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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