Josaphat Tortat
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Josaphat Tortat (Blois, - Saint-Front-la-Rivière, ) est un des principaux peintres-céramistes de la fin du XIXe siècle à Blois. Un de ses peintres-décorateurs, Withold Arthur Just (1850 -1928), prit sa succession en 1891 après une vingtaine d'années de collaboration.

Auguste Josépha Tortat, fils de Ferdinand Tortat (1819-1908) employé à l'usine à gaz de Blois et de Scholastique Gallant (1817-1871) est né le à Blois (Loir-et-Cher)[1].
À la suite d'un accident dans son enfance, il doit être amputé de quatre doigts de la main gauche ce qui lui interdit un certain nombre de travaux manuels[2]. Il trouve son salut dans la peinture et, remarqué par ses qualités artistiques, il rejoint à 19 ans l'atelier d'Ulysse Besnard (1826-1899), dit Ulysse, qui vient d'entreprendre son activité de céramiste. Il en deviendra rapidement le contremaitre[3].
Dès le début de la guerre de 1870, il s'engage parmi les volontaires des Corps Vendéens de Cathelineau[4] autorisés à venir en soutien des troupes républicaines contre les Prussiens[5].
À son retour à la vie civile il quitte l'atelier d'Ulysse Besnard où il a acquis une certaine expérience pour aménager son propre four dans un atelier du centre de Blois en 1875. Pour la réalisation des décors il fait appel à quelques peintres-décorateurs tels Eugène Maurice[6], un ami photographe mais aussi peintre, ou Withold Arthur Just[7], peintre polonais, fils d'un sous-officier de la cavalerie polonaise venu se réfugier en France en 1832 à la suite de l'échec des insurrections contre l'armée russe[8].
Ses premières productions sont très vite remarquées et lui valent de nombreuses récompenses dans plusieurs expositions, tant à Blois, Tours, Bourges, Le Mans, Limoges, Orléans qu'à Paris et même à l'étranger[9].
En 1884 il doit changer de domicile pour s'installer dans un local proche et voisin de celui du photographe Séraphin-Médéric Mieusement. Cette nouvelle situation l'oblige à limiter sa production tout en continuant probablement à utiliser son four qu'il n'a démoli qu'en 1890[10]. Son goût du partage des savoir-faire et la présentation d'une vitrine pédagogique où sont groupés tous les éléments de la fabrication des faïences pour Les leçons de choses données dans les écoles sont récompensés par sa nomination au titre d'Officier d'Académie[4] à l'occasion de l'exposition universelle de Paris de 1889[11].

En 1891 il cesse son activité et laisse à Arthur Just, son collaborateur qui contribua largement à la réputation de ses céramiques par la réalisation des décors de cartouches, le soin de prolonger la production de l'atelier.
Alors qu'il est au summum de sa carrière de céramiste, Josaphat Tortat quitte Blois en 1891[12] pour rejoindre Eugène Maurice qui, en 1881 et 1884, avait fait l'acquisition d'un commerce de photographie que Nadar avait créé au 35 boulevard des Capucines[13] à Paris (2e). Pendant plus de 15 ans de vie parisienne, Josaphat Tortat exerce ainsi ses nouvelles activités de photographe découvertes avec Eugène Maurice[14]. Une médaille de bronze est attribuée à Tortat lors de l'exposition universelle de Paris de 1900 au titre de collaborateur de Paul Boyer, photographe de la Présidence installé aussi au 35 boulevard des Capucines[15].
Après 1908 il se rapproche de sa sœur cadette installée depuis son mariage à Saint-Front-la-Rivière dans la Dordogne, village d'où son mari Pierre Faye était originaire et s'installe dans la maison que son père avait achetée[16] lorsque, lui aussi, avait rejoint sa fille vers 1896.
Josaphat Tortat s'éteint dans ce village de Dordogne le à près de 72 ans[17].
