Josef Bergler

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Décès
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PragueVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Josef Bergler
Joseph Bergler
par Franz Nadorp.
Naissance
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Sépulture
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Joseph Bergler the Elder (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Josef Bergler (né en 1753 et mort en 1829) est un peintre et graveur autrichien originaire de Salzbourg.

Remarqué dès sa formation, Bergler obtient rapidement un mécène et la médaille d'or de l'Académie de Parme pour son tableau Samson prisonnier des Philistins. Il passe six ans en Italie où il répond à de nombreuses commandes, notamment pour des retables et des autels.

Il vit quatorze ans à Passau, où il est peintre de cour et continue de produire des retables, des maîtres-autels, des tableaux de cabinet, ainsi que de grands tableaux destinés à des monastères et des églises.

Au tournant du XIXe siècle, Bergler participe à la création de l'Académie des beaux-arts de Prague dont il est le premier directeur et un professeur influent.

Jeunesse et formation

Josef Bergler naît à Salzbourg le . Il est le fils du sculpteur Joseph Bergler l'Ancien (en) (1718–1788)[1],[2].

Celui-ci donne à son fils ses premières leçons de dessin et de peinture. Son talent s'exprime assez rapidement et le cardinal prince-évêque de Passau, le comte Firmian, envoie le jeune artiste faire son Grand Tour en Italie[1],[2],[3],[4].

En 1776, Josef Bergler se rend à Milan, où le frère de son bienfaiteur, le comte Karl Firmian, devient son nouveau mécène. Il lui trouve un « excellent professeur » en la personne du fresquiste tyrolien Martin Knoller (1725-1804), auprès de qui Bergler s'exerce avec assiduité au dessin d'après nature et en copiant des œuvres classiques[1],[5]. Sous sa direction, Bergler peint beaucoup, notamment a fresco, et progresse vite, au point que l'on a confondu l'un de ses tableaux, L'Infanticide (d'après Raphaël, une commande que Knoller lui a confiée) avec le propre travail de Knoller. Bergler se lie d'amitié avec le sculpteur autrichien Joseph Mattersberger (1752-1825), une amitié qui dure jusqu'à la mort de ce dernier[1],[6].

En 1781, Josef Bergler part à Rome. Avant de s'y installer, il séjourne à Parme, Bologne et Florence pour dessiner d'après les œuvres qui y sont conservées. À Rome il doit, selon la coutume, choisir un protecteur parmi les artistes ; le choix se porte sur le gendre de Anton Raphael Mengs, le chevalier Anton von Maron (1731-1808)[1],[5].

Homme nu assis, dessin (1780, Fond Karáskova galerie PNP).

Bien intégré dans un cercle d'artistes qui compte des noms tels que Jacques-Louis David, Jacob Philipp Hackert, William Hamilton, Michael Wutky, Antonio Canova et Angelica Kauffmann, Bergler développe son style. D'autres artistes, comme Franz Andreas Bauer, Franz Caucig, Heinrich Friedrich Füger, Franz Anton von Zauner, Johann Wenzel Peter ou encore Joseph Schöpf (de) sont ses principaux compagnons d'apprentissage[1],[5].

Josef Bergler commence ses études supérieures et se familiarise avec le caractère artistique des plus grands maîtres en copiant, sur les conseils de Maron, les célèbres fresques du Dominiquin dans l'église Sant'Andrea della Valle et les chefs-d'œuvre de Raphaël dans les Loges de Raphaël. Il peint aussi beaucoup d'après nature et d'après d'autres artistes jusqu'à remporter, en 1784, le prix de l'Académie de Parme, une médaille d'or de 50 ducats, avec le tableau Samson prisonnier des Philistins. Il est très apprécié pour l'organisation des figures dans sa composition ; « Si le groupe de Dalila et des princes philistins était, par quelque objet léger, un peu plus en rapport avec celui de Samson enchaîné, le tableau de Bergler pourrait côtoyer les peintures les plus célèbres », commente le secrétaire de l'Académie dans le rapport de la remise du prix[7],[5],[4].

Carrière

Première période faste, à Rome

Autel des Lamentations du Christ, aujourd'hui à l'église de pèlerins Mariahilf de Passau (1774).

Joseph Bergler reçoit dès lors de nombreuses commandes et son séjour de six ans à Rome constitue sa première période de création artistique. Il peint principalement des pièces destinées à des églises, notamment le retable La libération de saint Pierre du cachot par l'ange et une grande chapelle peinte a fresco et un autel pour le monastère de Marino. Il peint aussi plusieurs portraits d'amis et de connaissances[8],[9].

Au pays, ses parents, âgés, ont besoin de lui : Josef Bergler est appelé à reprendre l'atelier de son père mourant[6]. Ajoutés à cela la situation de la cour dont il est pensionnaire et son mal du pays, Josef Bergler décide de quitter Rome en 1786, malgré six très bonnes années dans la ville éternelle[8],[9].

Retour au pays et carrière à Passau

À Passau, dans la Principauté épiscopale de Passau, Josef Bergler essaie d'entrer au service du comte Auersperg comme avec son prédécesseur, mais il refuse. Cependant, après quelques difficultés, Bergler parvient à se faire connaître grâce à ses tableaux ramenés d'Italie et renoue avec le succès. Au point que finalement, le comte Auersperg en fait son peintre de cabinet et que son successeur, le comte Thun, le nomme « duc de cour » en 1795[8],[9].

Cette deuxième période artistique est ponctuée de nombreux tableaux commandés par les comtes : des retables, des maîtres-autels, des tableaux de cabinet, ainsi que de grands tableaux destinés à des monastères et des églises[10],[11].

Josef Bergler reste quatorze ans à Passau, jusqu'en 1800, un an après avoir épousé en 1799 Franziskou Hilarií Wello[6]. Une école d'art est fondée à Prague par une société d'amateurs d'art, et il est appelé pour réaliser son aménagement. À cette fin, le comte Thun, qui est toujours son mécène, lui accorde un congé de six ans avec maintien de ses appointements, au bout desquels il serait libre de revenir ou pas[12],[11].

Carrière à Prague

Orphée et Ménades (huile sur toile, après 1800).

Une fois rendu à Prague, Josef Bergler devient directeur de l'Académie des amis patriotiques des arts, qui deviendra l'Académie des beaux-arts de Prague. Il demeure 29 ans dans la capitale du royaume de Bohême pendant lesquels son travail a une influence considérable sur la scène artistique tchèque. Dans le premier tiers du XIXe siècle, Bergler fait partie des artistes les plus respectés et est proche de l'aristocratie tchèque[6].

L'enseignement prodigué dans l'Académie s'appuie sur le classicisme et le dessin tout en se caractérisant à la fois par l'académisme et l'éclectisme. Bergler forme de nombreux artistes, auxquels il demande de copier les sculptures classiques et ses propres dessins qu'il a exécutés lors de son séjour en Italie. Il compte parmi eux les Autrichiens Joseph von Führich et Friedrich von Amerling, les Tchèques Karl Würbs, Václav Mánes et Johann Gruss (cs), notamment[6].

Bergler travaille à promouvoir l'art dans le royaume en organisant des expositions annuelles et en régulant le marché de l'art au sein de l'Académie. Les artistes étrangers de visite à Prague le rencontrent et admirent ses œuvres et celles de ses élèves, contribuant à faire compter la Bohême dans le monde de l'art de l'époque[12],[2],[11].

Cette troisième et dernière période artistique, la plus longue, compte de nombreux tableaux, retables et autels destinés à des églises de Prague et de Bohême[13].

L'un de ses ouvrages les plus importants est son cycle entier de l'histoire de la Bohême, avec notamment trois grandes peintures à l'huile et 70 dessins[14],[15].

Bergler est aussi le portraitiste de la haute noblesse de Bohême : Auersperg, Clam-Gallas, Clary-Aldringen, Czernin, Kinsky, Lobkowitz, Sternberg-Manderscheid, Schönborn, Clam-Martiniz, etc.[14].

Dernières années

Portrait de Josef Bergler, de Franz Nadorp (de) (1824, Galerie nationale de Prague).

Les dernières années de Josef Bergler sont longues et douloureuses, l'artiste se trouvant souvent malade depuis 1822[14],[6].

Josef Bergler meurt à Prague le [1],[2],[16]. L'avis de décès de la Gesellschaft patriotischer Kunstfreunde (Société des amis des arts patriotiques) le qualifie d'« excellent par son action et sa bienfaisance »[14]. Il est enterré au cimetière d'Olšany[6].

Sa sœur, son élève préféré František Kristian Waldherr (cs), qu'il avait emmené avec lui de Passau, son mécène le comte Franz von Sternberg-Manderscheid, le magistrat Schütz et un certain Monsieur Prachner héritent de ses œuvres ainsi que celles qu'il avait collectionnées[14].

Œuvre

Notes et références

Annexes

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