Josef Popper-Lynkeus

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Décès
(à 83 ans)
VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Ancien cimetière juif de Vienne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Josef Popper-Lynkeus
Josef Popper
Biographie
Naissance
Décès
(à 83 ans)
VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Ancien cimetière juif de Vienne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Josef Popper-Lynkeus
Autres noms
Lynkeus, Nestor, Hugo von Friedheim
Nationalité
Autrichienne
Activité
Philosophe, ingénieur, inventeur, écrivain
Père
Abraham Popper (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Vue de la sépulture.

Josef Popper (né le à Kolín en Bohême et décédé le à Vienne en Autriche) est un socio-philosophe, inventeur, ingénieur et écrivain autrichien[1]. Il publie ses travaux philosophiques sous le pseudonyme Josef Popper-Lynkeus.

Josef Popper naît en Bohême de parents juifs et germanophones, il grandit dans le Ghetto de Kolín (de) jusqu'à sa quinzième année[2]. Sur les cinq enfants du couple (uniquement des fils), seuls deux survivent : Josef et son frère aîné David (décédé en 1896). Les trois autres fils décèdent dans leur enfance[2]. Josef Popper est parfois présenté comme étant l'oncle (biologique) du philosophe autrichien-britannique Karl Popper, mais Josef Popper n'était pas le frère de Carl Popper (père de Karl Popper, né en 1902)[2].

Josef Popper étudie les mathématiques, la physique et les statistiques au collège-lycée allemand de Prague (Prager deutsche Oberrealschule) de 1851 à 1854. Puis il intègre l'école Polytechnique allemande de Prague (Prager deutsche Polytechnikum), de 1854 à 1857, où il étudie également la mécanique. En 1856, il est retenu pour devenir l'assistant (rémunéré) de deux professeurs de l'école polytechnique pragoise : en mathématique supérieure auprès du professeur Jelinek (mathématicien, météorologue et astronome) et en géométrie appliquée auprès du professeur Kořistka, mais il se voit retirer le poste au dernier moment en raison de sa judéité. De 1858 à 1859, il étudie à l'École Polytechnique de Vienne (Wiener Polytechnikum), en génie civil et hydraulique[3].

À cause de la règlementation nationale et ecclésiastique qui exclut, alors, les scientifiques juifs de la fonction publique autrichienne et allemande, il ne peut exercer une fonction digne de ses excellents résultats universitaires.

Carrière et recherches

Portrait de Josef Popper (alias Josef Popper-Lynkeus), vers 1916-1917.
Josef Popper (alias Josef Popper-Lynkeus), vers 1916-1917.

De 1859 à 1861, Josef Popper travaille comme employé des chemins de fer français, à Prague. Il est muté en 1861 (sans l’avoir sollicité) dans le Banat, où il contracte la malaria. Bien qu’ayant réussi à décrocher un poste à Budapest, la maladie ne lui permet pas de continuer et il retourne se soigner chez ses parents, affaibli par des crises chroniques de paludisme[4].

Entre 1860 et 1865, Josef Popper publie plusieurs articles de mathématique pure, mais lui préfère rapidement la recherche appliquée en physique, mécanique, électrotechnique et aéronautique[5]. En 1862, il adresse l'article "Historisches zur elektrischen Transmission von Energie" ["Historique de la transmission électrique de l'énergie"] à l'Académie impériale, lequel reste sans réponse (jusqu'à sa publication tardive en 1882)[6]. La même année, il retourne vivre à Vienne et gagne sa vie, difficilement, en donnant des cours particuliers, ou encore comme chroniqueur scientifique et technique pour la Wiener Journale[7].

Dès 1865, Josef Popper entame la rédaction des Fantaisies d'un réaliste[8], qui seront publiées en 1899 sous le pseudonyme Josef Popper-Lynkeus (et dont Sigmund Freud s'inspirera pour son Interprétation du rêve, parue en 1899).

À la faveur d'un poste régulier de précepteur (Hofmeister) de 1866 à 1867, Josef Popper fréquente l'Université de Vienne, en auditeur libre, et suit des cours d'économie, d'histoire de la culture, d'esthétique, ainsi que de culture et littérature chinoises[9]. C'est également comme auditeur libre, de 1858 à 1865, qu'il suit les cours de physique expérimentale d'Edmund Reitlinger (de), par l'intermédiaire duquel il se lie d'amitié avec le physicien et philosophe autrichien Ernst Mach[9].

Lassé de sa précarité professionnelle, à la fin de sa mission de précepteur en 1867 Josef Popper décide de gagner sa vie comme inventeur. De 1867 à 1869, il développe le condenseur à ruissellement de surface-vapeur (Oberflächenkondensator) ; une invention qui capte rapidement l'attention des industriels. Après deux années de mise en route périlleuses, l'invention rencontre un certain succès : le dispositif est installé dans un millier d'usines et mines à travers l'Autriche et l'Allemagne[10].

L'intérêt croissant de Josef Popper pour l'aéronautique et l'aérodynamique, dès 1869, l'amène à chercher des méthodes pour améliorer les systèmes de refroidissement à air. Entre 1869 et 1911, il publie de nombreux articles sur ces sujets, ainsi que trois ouvrages monographiques : Flugtechnik. I. Heft [Aéronautique. 1er volume] en 1889 ; Flugtechnik Ausblicke [Perspectives aéronautiques] en 1891 ; Der Maschinen- und Vogelflug. Eine historisch-kritische flugtechnische Untersuchung. Mit bes. Hervorhebung der Arbeiten von Alphonse Pénaud [Le Vol des machines et des oiseaux. Une recherche historico-critique sur les techniques de vol. Avec une emphase particulière sur les travaux d'Alphonse Pénaud] en 1911[11]. Ces travaux l'amènent à déposer le brevet d'une vis imperdable (Kaptiv-Schraube), avec en outre la proposition d'utiliser un gyroscope : il est ainsi l'un des premiers (sinon le premier) à proposer l'utilisation du gyroscope en aéronautique[12].

En 1878, à l'occasion du centenaire de la mort de Voltaire, c'est sous le pseudonyme J. P. qu'il publie Le Droit de vivre et le devoir de mourir. Considérations socio-philosophiques. En lien avec l'importance de Voltaire pour l'époque actuelle[13]. Les éditions suivantes (dont la troisième, de 1903) seront publiées sous son nom complet (Josef Popper). Ouvrage prospectif et humaniste, Le Droit de vivre et le devoir de mourir pose les bases de son programme de devoir alimentaire général, autrement dit de distribution inconditionnelle d'un minimum de subsistance à chaque individu. Ce programme sera repris et développé dans son ouvrage de 1912, Le Devoir alimentaire général comme solution de la question sociale. Étudié dans le détail et calculé statistiquement[14], publié sous le pseudonyme Josef Popper-Lynkeus.

En 1882, Josef Popper reprend ses travaux en électrotechnique (et l'Académie impériale publie enfin son article "Historisches zur elektrischen Transmission von Energie" ["Historique de la transmission électrique de l'énergie"], réceptionné en 1862). Il poursuit également ses travaux de recherche en histoire de la culture et esthétique, en publiant notamment (anonymement) Fürst Bismarck und der Antisemitismus [Le Prince Bismarck et l'antisémitisme][15] en 1886, puis Les Progrès techniques, selon leur signification esthétique et culturelle[16], en 1888.

En 1889, Josef Popper dépose un nouveau brevet sur un système de refroidissement ; en 1891, ses expériences de refroidissement par utilisation d'air en mouvement le conduisent à développer une tour de graduation auto-ventilée : une invention brevetée qui remporte un fort succès industriel[17].

Pendant sa carrière d'ingénieur, il fait la connaissance du pionnier viennois de l'automobile, Siegfried Marcus, et fera d'ailleurs l'éloge des découvertes en électrotechnique, de ce dernier, dans ses mémoires.

En 1897, alors âge de 59 ans, Josef Popper met un terme à sa carrière d'ingénieur (pour des raisons de santé notamment)[18]. Ce qui lui permet de consacrer plus de temps encore à ses travaux philosophiques.

En 1905, il publie ainsi Fundament eines neuen Staatsrechts [Fondement d'un nouveau droit public], puis son autre ouvrage de référence sur Voltaire : Voltaire - Eine Charakteranalyse, in Verbindung mit Studien zur Ästhetik, Moral und Politik [Voltaire. Une analyse de caractère, en lien avec des études sur l'esthétique, la morale et la politique]. En 1910, il publie Das Individuum und die Bewertung menschlicher Existenzen [L'Individu et l'évaluation de l'existence humaine], suivi du Devoir alimentaire général comme solution de la question sociale en 1912, et de sa Selbstbiographie [Autobiographie] en 1916-1917. Peu de temps avant la fin de la Première Guerre mondiale, il publie Friedensvorschläge, Schiedsgerichte, Völkerbund [Propositions de paix, Tribunaux arbitraux, Union des Nations] en 1917, suivi de Einige Gesichtspunkte zur Beurteilung der Urheberschaft am Weltkriege [Quelques points de vue pour juger les causes de la Guerre mondiale].

Peu de temps avant son décès, il publie, en 1921, Krieg, Wehrpflicht und Staatsverfassung [Guerre, devoir militaire et constitution nationale], et meurt le , à Vienne.

Ingénier et inventeur, Josef Popper est toutefois plus connu pour ses travaux sur des questions de réforme sociale. S'il a travaillé toute sa vie à l'élaboration d'un programme de distribution inconditionnelle d'un minimum de subsistance, reprenant cette idée dans chacun de ses ouvrages, pour autant trois de ses œuvres synthétisent l'articulation de son programme :

  1. Le Droit de vivre et le devoir de mourir[13], publié en 1878 ;
  2. Das Individuum und die Bewertung menschlicher Existenzen [L'Individu et l'évaluation de l'existence humaine], publié en 1910 ;
  3. Le Devoir alimentaire général comme solution de la question sociale[14], publié en 1912.

Humaniste sans faille, anticolonialiste, pacifiste, opposé à l'exploitation humaine et conscient du caractère épuisable des ressources énergétiques non renouvelables, ainsi que des enjeux associés : il fait partie des précurseurs en matière de distribution inconditionnelle d'un minimum d'existence décent.

Josef Popper-Lynkeus repose dans le cimetière israélite de Vienne.

Œuvres

Bibliographie

Notes et références

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