Joseph Barré
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Joseph Barré | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (4 ans et 1 jour) |
|
| Élection | 18 octobre 1885 |
| Circonscription | Seine-et-Oise |
| Législature | IVe (Troisième République) |
| Groupe politique | Gauche radicale |
| Maire de Carrière-Saint-Denis | |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Changé |
| Date de décès | (à 56 ans) |
| Lieu de décès | Carrières-sur-Seine |
| Nationalité | Française |
| Profession | Enseignant |
| modifier |
|
Joseph Barré, né le à Changé[1] (Mayenne) et mort le à Carrières-sur-Seine (Yvelines), est un professeur, théoricien de la comptabilité et homme politique français. Il est surtout connu pour son Cours complet de comptabilité (1876), manuel de référence rédigé conformément au programme de l'École supérieure de commerce de Paris (ESCP), et pour son engagement politique à la fin du XIXe siècle.
Jeunesse et engagement militaire
Joseph Barré naît le à Changé, dans le département de la Mayenne. Il est le fils de Joseph Barré, gagiste[2], et de Jeanne Huchedé. Après des études au collège Chaptal[3] à Paris, il s’engage en 1860, à l’âge de 24 ans, dans les Mille aux côtés de Giuseppe Garibaldi, participant activement à la campagne militaire en Italie[3], pendant l'Expédition des Mille, organisée par ce dernier pour conquérir le royaume des Deux-Siciles.
Carrière académique
De retour en France, il se consacre à l’enseignement[4]. Il devient professeur au collège Chaptal[3], puis à l’École supérieure de commerce de Paris[3] (ESCP), où il succède à H. Vannier. Il y enseigne la comptabilité jusqu’à sa mort en 1893. Son Cours complet de comptabilité, dont la première édition paraît en 1872, est explicitement rédigé pour répondre aux besoins pédagogiques de l’École supérieure de commerce de Paris (ESCP) et connaît plusieurs rééditions. Ce manuel, bien que non innovant sur le plan technique, témoigne de la maturité atteinte par la comptabilité industrielle et commerciale à cette époque. Joseph Barré y expose les principes de la comptabilité en partie double, qu’il considère comme une science exacte devant être raisonnée mathématiquement[5].
Carrière politique
Pendant le Siège de Paris (1870-1871), Joseph Barré commande le 116e bataillon de la Garde nationale[3]. Il est ensuite nommé maire de Carrières-Saint-Denis en 1871[3]. Aux Élections législatives françaises de 1885, il est élu député de Seine-et-Oise sur la liste radicale, arrivant septième sur neuf avec 55 677 voix sur 119 995 votants et 153 342 inscrits[3].
Siégeant à la Gauche radicale, il vote contre le rétablissement du scrutin uninominal, contre l’ajournement indéfini de la révision des lois constitutionnelles, pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, et pour les poursuites contre le général Georges Boulanger[3].
Il accepta les doctrines du général Boulanger, mais en déclarant répudier toute politique personnelle, plébiscitaire ou césarienne[4]. Il est battu aux Élections législatives françaises de 1889 à Versailles, obtenant seulement 2 400 suffrages sur plus de 18 000 votants, et se désiste pour le second tour[3].
Vie privée et fin de vie
Joseph Barré se retire à Carrières-Saint-Denis après sa défaite électorale de 1889[3]. Il y meurt le , à l’âge de 56 ans, des suites d’une maladie contractée lors d’un voyage en Espagne[4].
Contributions à la comptabilité
Le Cours complet de comptabilité
Le manuel de Joseph Barré, Cours complet de comptabilité, est le premier ouvrage français à être explicitement conçu pour un programme scolaire d’école de commerce. Il y définit la comptabilité comme suit[6].
« La comptabilité a pour but de suivre successivement les différentes transformations de valeurs effectuées par le commerçant, de les reproduire par ordre de date, de les grouper dans des comptes exprimant la nature même des opérations, en ayant soin de ne mettre dans le même compte que les opérations de même nature, afin d’arriver, à un moment donné, à connaître le résultat des transactions, c’est-à-dire le bénéfice ou la perte.[5] »
Joseph Barré distingue six comptes généraux (Caisse, Marchandises Générales, Effets à Payer, Effets à Recevoir, Pertes et Profits, Capital), qu’il propose de subdiviser selon les besoins de l’entreprise[6]. Il insiste sur la nécessité de rationaliser la tenue des comptes et de les organiser de manière à refléter fidèlement la situation financière du négociant[6].
Méthodologie et pédagogie
Son approche pédagogique est à la fois théorique et pratique. Il introduit son sujet par des considérations historiques sur les origines de la monnaie, du crédit et du papier-monnaie, et propose des études de cas concrets[6]. Il divise les comptes en deux catégories : les « comptes généraux », qui décrivent la situation du commerçant, et les « comptes personnels », qui enregistrent les relations avec les tiers[5]. Il aborde également la comptabilité industrielle, proposant des méthodes pour évaluer le rendement des productions et le prix de revient, bien que ses solutions restent parfois approximatives[6].
Joseph Barré préconise l’utilisation de la partie double, méthode alors largement adoptée, et insiste sur la nécessité de passer du « brouillard » (main courante) au journal, puis au Grand-Livre, avant d’établir la balance générale-inventaire[6]. Il propose aussi de créditer le compte « outils » de l’usure subie, sans pour autant préciser de taux d’amortissement.
Limites et héritage
Si Joseph Barré n’est pas un précurseur des techniques comptables, son manuel marque une étape importante dans la standardisation de l’enseignement de la comptabilité en France[6]. Son œuvre reflète l’influence croissante du droit et de la rationalisation dans la discipline, tout en révélant les difficultés liées à la diversité des pratiques commerciales et à l’absence de normes unifiées[5].
Œuvres principales
- Cours complet de comptabilité, Paris : G. Masson, 1876-1877 (plusieurs rééditions)., 3 vol. in-8°, Comprend : 1er comptoir : Cours pratique de tenue des livres. 2e édition ; 2e comptoir : Comptabilité commerciale et financière. 2a édition ; 3e comptoir : Comptabilité financière. Changes et arbitrages. Assurances. Bourse, etc. Volume 1Volume 2 Volume 3
- Rapport de M. J. Barré, commissaire vérificateur des apports dans la Société anonyme (au capital de 3,200,000 francs) dite Cie parisienne de l'air comprimé (procédés Victor Popp.) , Paris : impr. Chaix, 1887, 8 p. ; in-4 Voir en ligne