Joseph-Edouard-Louis Beernaert ( – ) est un lieutenant-général belge. Il fut gouverneur de la province du Congo-Kasaï au Congo belge entre 1925 et 1929.
Premières années (1883–1929)
Il est attaché au ministre des colonies en 1909.
Il fit de nombreux voyages au Congo belge dans ce cadre.
Il devint commissaire-général, assistant le gouverneur de la province du Congo-Kasaï de 1925 à 1929.
A partir de 1928, il occupe la fonction de secrétaire-général, assistant le gouverneur général de la colonie[1].
Gouverneur du Kasaï (1929–1933)
Il remplaça Alphonse Engels en tant que vice-gouverneur général et gouverneur du Congo-Kasaï le [2].
Son quartier-général se trouvait à Léopoldville[1].
En 1931, se déclara une crise économique au Congo belge, déclenchée par des problèmes en Belgique son marché principal et par une monnaie surévaluée, ce qui entraîna une baisse des exportations.
L'augmentation de l'impôt principal, l'impôt indigène, fut telle que les villages furent incapables de la payer[3].
En 1931, des troubles éclatèrent dans le district de Kwango, au Congo-Kasaï que le ministère des colonies les attribua par la suite aux nouvelles structures administratives, à la disponibilité des unités de la Force Publique et à une réaction excessive des administrateurs[4].
Des troupes supplémentaires furent transférées à Kwango et dans le district de Kikwit, et les administrations de district décrétèrent la loi martiale dans les zones les plus instables.
Les troupes agirent comme des colonnes punitives.
À Mukuku, en , les troupes tuèrent 56 personnes durant un seul affrontement. La nouvelle de ces violences se répandit et les villageois s'enfuirent avant l'arrivée des colonnes, ce qui laissa entrevoir aux autorités un apaisement de la rébellion[5].
Les Ndengese, en particulier, étaient influencés par des cultes millénaristes prônant l'expulsion des Européens. Dans la province d'Équateur, le gouverneur Charles Duchesne répondit par une intervention de police limitée. Fin , la crise était ainsi apaisée[3]. Beernaert se montra moins favorable aux Ndengese et, le , déclara l'état d'urgence en vertu de décrets de 1906 et 1920, imposant la loi martiale à cinq chefferies et déployant des troupes pour rétablir l'ordre.
Le commissaire du district de Sankuru dénonça le fétichisme, affirmant que les croyances religieuses traditionnelles avaient été déformées en des affirmations que l'expulsion des Européens résoudrait tous les problèmes. Il envoya la Force Publique dans le territoire de Kole pour contraindre les villages à se soumettre à l'autorité[6]. Beernaert resta en fonction jusqu'en 1933[1]. Paul Ermens lui succéda le [2].
Fin de carrière(1933–1950)
Beernaert fut promu Général-major le .
Jusqu'au , il commanda la 1re division de cavalerie. Par après, il fut nommé officier général commandant la 2e division de cavalerie.
En 1944, il était inspecteur-général de l'armée.
Il mourut en 1950[7].
12(en) Martin Thomas, Violence and Colonial Order: Police, Workers and Protest in the European Colonial Empires, 1918-1940, Cambridge University Press, (ISBN978-0-521-76841-2, lire en ligne), p.313
↑(en) Martin Thomas, Violence and Colonial Order: Police, Workers and Protest in the European Colonial Empires, 1918-1940, Cambridge University Press, (ISBN978-0-521-76841-2, lire en ligne), p.306
↑(en) Martin Thomas, Violence and Colonial Order: Police, Workers and Protest in the European Colonial Empires, 1918-1940, Cambridge University Press, (ISBN978-0-521-76841-2, lire en ligne), p.307
↑(en) Martin Thomas, Violence and Colonial Order: Police, Workers and Protest in the European Colonial Empires, 1918-1940, Cambridge University Press, (ISBN978-0-521-76841-2, lire en ligne), p.314