Joseph Bidez
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Joseph Marie Auguste Bidez[1] (né à Frameries, le et mort à Oostakker, le [2]) est un philologue classique belge, professeur à l'université de Gand. Bidez est connu pour ses travaux relatifs à l'histoire de la pensée antique, à l'histoire ecclésiastique et à l'Antiquité tardive, notamment sur l'empereur Julien.
Enfance
Joseph nait à Frameries, dans le Borinage, le . Il est le fils cadet d'un médecin, Auguste Bidez[3], qui meurt en 1872[4]. Sa mère, Marie Dehout, déménage avec ses deux enfants à Châtelet l'année suivante[5]. Joseph Bidez effectue des humanités gréco-latines au petit séminaire de Bonne-Espérance de 1878 à 1884[6], où il participe notamment aux travaux d'une « académie littéraire »[7]. Il y entame en des études de philosophie préparatoires au grand séminaire[8], mais sa mère disparait à son tour quelques mois plus tard[9]. Bidez quitte alors Bonne-Espérance[10].
Études
Joseph Bidez s'inscrit en 1885 à la Faculté de philosophie et lettres de l'université de Liège, où il obtient un diplôme de doctorat le [11]. Sans grand enthousiasme, il entreprend par la suite des études juridiques[12], tout en travaillant comme précepteur chez le baron de Selys Longchamps (1890-1893)[13]. Docteur en droit en , Bidez effectue son stage chez Me van Marcke[14].
Sur le conseil de Léon Parmentier, Joseph Bidez se rend en 1893 à Berlin, où il étudie les philosophes grecs sous la direction du philologue Hermann Diels[15]. Il défend ensuite son travail intitulé La biographie d'Empédocle à l'université de Gand et y obtient le titre de docteur spécial en philologie classique le [16].
Carrière et vie à Gand
En 1895, Bidez est chargé d'enseignement à l'université de Gand. On lui attribue notamment les cours de traduction de textes grecs, d'explication d'auteurs et d'histoire de la littérature grecque[17]. La même année, il effectue avec son ami Léon Parmentier un long voyage de plusieurs mois en Grèce[18]. Il séjourne quelques semaines à Patmos pour y étudier les manuscrits de la bibliothèque du monastère[19].
Le , Joseph Bidez épouse Louise De Ridder, la fille du professeur d'économie politique Remi De Ridder (nl)[20]. Nommé professeur extraordinaire à l'université de Gand en 1902, Bidez devient professeur ordinaire en 1907, puis correspondant à l'Académie royale en 1913[21]. En collaboration avec l'historien Henri Pirenne, il fonde en 1919 l'Union académique internationale[22], dont il est le président de 1931 à 1933[23]. Il est aussi l'un des fondateurs de l'École des hautes études de Gand[22].
Bidez continue de dispenser des cours de philologie grecque et, à partir de 1920, d'histoire de la philosophie antique[24]. Les revendications du mouvement flamand conduisent cependant à la néerlandisation progressive de l'alma mater gantoise. À partir de 1930, les cours sont donnés uniquement en néerlandais et non plus en français : Bidez, francophone, est contraint d'arrêter d'y enseigner[25]. Il meurt à Oostakker, près de Gand, le .
Reconnaissance nationale et internationale
Correspondant à l'Académie royale de Belgique en 1913[21], il en devient le président en 1934[26]. La même année, les autorités de Frameries attribuent son nom à une des rues de la commune non loin de sa maison natale[27].
Au moment de sa mort, Bidez est membre associé de l'Institut de France, membre d'honneur de la Society for the Promotion of Hellenic Studies (en), correspondant de la British Academy, des académies de Berlin, Copenhague et Göteborg. Durant sa carrière, il reçoit plusieurs fois le titre de docteur honoris causa, des universités d'Athènes, Bruxelles, Lille, Paris et Utrecht[28].
Travaux
Trois ans après leur voyage à Patmos, Bidez et Parmentier publient en 1898 une édition de l'Histoire ecclésiastique d'Évagre le Scholastique[29]. La même année, il fait paraitre, en collaboration avec Franz Cumont, des Recherches sur la tradition manuscrite de l'empereur Julien[30].
Dans le domaine de l'histoire de la pensée antique, Bidez rédige plusieurs travaux relatifs aux Oracles chaldaïques, à Bérose et à Michel Psellos. Sa Vie du philosophe néoplatonicien Porphyre de Tyr parait en 1913 et lui vaut le prix Zographos l'année suivante[31]. En matière de philologie et d'histoire ecclésiastique, Bidez se concentre sur Paul de Thèbes, Jean Malalas, le Lexique de Suidas, Philostorge ou encore Sozomène[21]. En 1919, il jette les bases d'un Catalogue des manuscrits alchimiques grecs, soutenu par l'Union académique internationale[32].
La suite de sa carrière se consacre plus particulièrement à l'influence de l'Orient sur la pensée grecque[33]. En 1930 parait sa Vie de l'empereur Julien, qui est considérée comme son chef-d'œuvre[34]. Quelques années plus tard, il publie avec Franz Cumont un ouvrage sur les Mages hellénisés, Zoroastre, Ostanès et Hystaspès dans la tradition grecque[35].