Joseph Decanter
négociant, homme politique, militaire et résistant français
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Joseph Decanter, né le à Boeschepe (Nord) et mort le dans la même commune[1], est un négociant, homme politique, militaire et résistant français.
| Conseiller général du Nord Canton de Steenvoorde | |
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| Maire de Boeschepe | |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture |
Cimetière de Boeschepe (d) |
| Nom de naissance |
Joseph Marie Maurice Decanter |
| Nationalité | |
| Activités |
Négociant, résistant, militaire, homme politique, responsable syndical |
| Père |
Firmin Decanter (d) |
| Fratrie | |
| Parentèle |
Jacques Decanter (d) (neveu) Maurice De Wulf (oncle) |
| Parti politique | |
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| Lieu de détention | |
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Biographie
Famille et enfance
Joseph Marie Maurice Decanter naît le à Boeschepe (Nord)[1]. Il est le fils de Firmin Decanter (d) (1857-1944), négociant, et d'Anna De Wulf (1869-1953)[2]. Il est le 3e enfant d'une fratrie de cinq enfants[2].
Sa famille est enracinée dans la ville[2] ; son père, son grand-père et son arrière-grand-père étaient maires de Boeschepe[3].
Comme ses frères, il est scolarisé à l'Institution Saint-Jacques à Hazebrouck[4].
Première Guerre mondiale
Durant la Première Guerre mondiale il est mobilisé dès le 27 août 1914. Affecté au 1er régiment de marche de zouaves[5],[6],[7], il est formé comme Elève officier de réserve à Orléans de novembre à décembre 1914[8], avant de rejoindre son régiment comme aspirant d'infanterie[9].
Il monte au front à compter de mars 1915[5] et sert dans son régiment comme sous-lieutenant à partir de juillet 1915[8], puis lieutenant à compter de juillet 1917[10].
Il participe à plusieurs batailles majeures du conflit : le front belge et la Somme en 1915, la bataille de Verdun au début de l'année 1916 avec l’arrêt des troupes allemandes sur la rive gauche de la Meuse à Cumières (9 au 21 mars), la bataille de la Somme à la fin de l'année 1916 lors des combats devant Chaulnes (21 au 23 octobre) et du bois Kratz (7 novembre), la bataille des monts de Champagne en 1917 avec la prise du Mont Cornillet (20 mai), et de nouveau Verdun pour reprendre l’offensive sur la rive gauche (3 mois à partir du 20 août 1917), et la 2de bataille de la Marne en 1918 dans l’Aisne, où il est blessé le 18 juillet d’une balle « à la racine de l’index gauche » lors de la prise de Villers-Hélon[8].
Son comportement au feu lui vaut la croix de guerre 1914-1918 avec cinq citations et la croix de chevalier de la Légion d'honneur en 1921[5],[6],[7].
Deux de ses frères prennent part également à la Grande guerre : Pierre Decanter (d) (1892-1984), officier d'artillerie fait prisonnier à Maubeuge en septembre 1914 puis interné au camp de Gütersloh[11], et Jean Decanter (d) (1897-1917), chasseur à pied mort pour la France des suites de ses blessures lors de la bataille du Chemin des Dames[12].
Entre-deux-guerres
Rendu à la vie civile en septembre 1921[8], Joseph Decanter exerce le métier de négociant en houblon, comme son père[13]. Il en est importateur et exportateur[14].
En parallèle, il s'engage dans la vie politique locale, d'abord comme conseiller municipal de Boeschepe à compter de 1919 puis comme maire de ladite commune à partir de 1935[15],[3],[16],[17].
Seconde Guerre mondiale
Lors de la bataille de France en 1939-1940, il est à nouveau mobilisé comme capitaine au 225e régiment d'infanterie[18]. Avec son régiment, il participe notamment à la défense de la poche de Dunkerque durant les opérations d'évacuations vers l'Angleterre.
Fait prisonnier de guerre par les Allemands à la reddition des troupes combattantes le 4 juin 1940 (Fort-Mardyck)[8], il est envoyé en captivité dans le Reich et est interné à l'Oflag IV D (comme son frère Pierre), proche de Dresde[18].
Libéré le 26 février 1941 comme père de cinq enfants et maire, il rentre en France[8] et est démobilisé le 6 mars 1941[19].
Lors des combats de la Libération, il fait partie des Forces françaises de l'intérieur [20].
Après-guerre
Outre le rôle de maire de Boeschepe qu'il exerce jusqu'à sa démission en 1975 (six mandats)[3], il est élu conseiller général du Nord (canton de Steenvoorde) en 1945 puis réélu jusqu'en 1970[15].
Par ailleurs, il se présente aux élections sénatoriales de 1959 sous l'étiquette "Mouvement Républicain Populaire" (MRP) sans être élu[15].
Il est président de la succursale de la Caisse d’épargne de Steenvoorde, à Boeschepe en 1950.
Il est également trésorier du Syndicat de commerce d'Armentières-Hazebrouck en 1953[17].
Enfin il est président puis vice-président du Syndicat national du commerce du houblon, respectivement en 1959[21] et en 1961[22].
Mort
Joseph Decanter meurt le , soit la veille de sa 89e année, dans sa ville natale de Boeschepe[1] et est inhumé au cimetière de ladite commune[23].
Mandats électifs
Vie privée
Il se marie avec Clotilde Cappelle (1902-1964) le 5 juillet 1924 à Godewaersvelde (Nord)[2],[24]. Du couple sont issus six enfants nés entre 1925 et 1942[2].
Distinctions
Joseph Decanter est récipiendaire des décorations suivantes :
Officier de la Légion d'honneur à titre civil (décret du 25 août 1953)[23],[25],[17],[19] ; chevalier à titre militaire par décret du 26 février 1921[7],[19] ;
Croix de guerre - (5 citations dont 2 à l'ordre de l'armée[Note 1],[Note 2],[26])[5],[6],[7],[8] ;
Croix de guerre -[23],[8] ;
Croix du combattant[8] ;
Croix des Services Militaires Volontaires de 3e classe (juin 1937)[8],[19] ;
Chevalier de l'ordre du Mérite social (arrêté du 3 février 1950)[27],[19] ;
Médaille interalliée de la Victoire ;
Médaille commémorative de la guerre - ;
Médaille commémorative française de la guerre - avec agrafe "Libération"[19] ;
Insigne des blessés militaires (1 blessure de guerre le 18 juillet 1918)[7],[8] ;
Médaille d'honneur départementale et communale, argent (1er janvier 1948)[19] ;
Médaille de la Famille française, échelon bronze (1938)[28].
Hommages
Son nom a été donné à :
- un complexe à Boeschepe (Nord) ;
- une avenue à Steenvoorde (Nord) ;
- une avenue à Terdeghem (Nord).
Postérité
Son nom est inscrit dans le « livre d’Or des soldats de Verdun »[Note 3],[Note 4].
Son casque de zouave porté à Cumières en 1917 est exposé au Mémorial de Verdun[Note 5].