Joseph Marie Loaisel de Tréogate
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Joseph Marie Loaisel de Tréogate est un écrivain français né au château de Bovrel, à Saint-Guyomard le , et mort à Paris le [1],[2].
Joseph Marie Loaisel de Tréogate est issu d'une vieille famille bretonne. Il commence une carrière militaire en 1773 qui se termine rapidement le quand il est mis en « congé de retraite » à la suite d'un « événement malheureux ». Dans Florello, en 1776, il le rappelle dans la préface : « Ô jours que j’ai passés au service de mon roi, jours que je regrette et si vite écoulés ! Vous fûtes les plus beaux de ma vie… Que ne puis-je oublier l’événement malheureux qui me fit renoncer pour un temps à une profession faite pour produire l’enthousiasme des vertus ! ». Il se lance alors dans la littérature, une littérature de la mélancolie et du désespoir dans ses deux premières nouvelles publiées en 1776 comme il l'écrit dans la préface de Florello, peut-être sous l'influence de François-Thomas-Marie de Baculard d'Arnaud et des premiers écrivains « gothiques » anglais[3]. Pour F. Baldensperger, il a inspiré Atala de Châteaubriand[4],[5].
Dans Valmore, Loaisel lui fait dire : « La douleur n'a plus de prise sur mon âme, ou plutôt elle s'est naturalisée avec moi ; elle est devenue une modification de mon être ». Le héros décrit par Loaisel est prédestiné à l'amour, donc au malheur comme il l'écrit dans Ainsi finissent les grandes passions, « l'amour inquiet, ardant exalté, celui qui mène impétueusement au malheur et même au dégoût de la vie, à travers les contrariétés, les plaisirs, les peines et les enchantements ». Le héros est pris d'un amour qui l'« a enivré » et « désespéré » et il se demande « Pourquoi semble-t-il que je ne sois pas fait comme les autres hommes ? ». Ces cœurs-là « sont dignes de sentir que la mélancolie est amie de la vraie volupté ; que les larmes de la douleur valent mieux quelquefois que les transports du plaisir ».
Son roman Dolbreuse, délibérément rousseauiste en 1783 en faisant l'alliance d’un puritanisme moral et d’une idéologie anti-aristocratique, chante le retour à la vertu et à la simplicité provinciale. Il est traditionnellement considéré comme une œuvre de la réaction anti-philosophique et du renouveau catholique. Ce roman a eu plusieurs publications, en 1785, 1786 et 1793. Le texte a été modifié dans l'édition de 1794 publiée par Le Prieur. Dans le texte de 1783, l’aristocratisme de l’ancien régime était regardé comme un mal social avec un effet sur la corruption de mœurs dont on pouvait se prémunir en quittant les villes comme Paris pour rejoindre la campagne. La version de 1794 est politique et plus sombre[6].
Avec la Révolution, il va développer une œuvre de dramaturge qui sont une des sources du mélodrame et le théâtre révolutionnaire. Il a présenté le , au Théâtre Molière, dirigé par Jean-François Boursault-Malherbe, Le Château du diable qui qualifie « comédie héroïque »[7]. Joseph Marie Loaisel de Tréogate a été un collaborateur de René-Charles Guilbert de Pixerécourt pour écrire le mélodrame Le Grand chasseur ou l'île des palmiers[8]. La pièce Le Château du diable a inspiré Victor Hugo pour sa première pièce de théâtre écrite en 1812 et laissée inachevée non publiée et, en 1814, le livret d'August von Kotzebue pour l'opéra de Franz Schubert Des Teufels Lustschloss dont le titre en français est Le château du diable ou Le château de plaisance du diable.
Famille
Joseph Marie Loaisel de Tréogate est le fils de Vincent Joseph Loaisel de Saulnays (1713-1769), sénéchal de la baronnie de Molac et de Quintin de Vannes, et de Anne Marie Françoise de La Cour (†1766).
Il s'est marié en 1788 avec Marie Opportune Prout (†1800) dont il a eu deux enfants :
- Alexandre Prosper Loaisel de Tréogate, né le , mort le . Il a été ingénieur du domaine du roi. Il a réalisé en 1845 le jardin anglais du château de Saint-Germain-en-Laye. Il a eu de son mariage une fille, Caroline Paméla Louise Loaisel de Tréogate (1820-1902) ;
- Angélique Eulalie Loaisel de Tréogate, née le .
Il est mort pauvre en 1812.