Joseph Thoret
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| Nom de naissance |
Just François Joseph Thoret |
| Surnoms |
Thoret Tempête, Thoret Mont-Blanc |
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Juste François Joseph Thoret, né le à Dole (Jura)[1] et mort le à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), est un aviateur français spécialiste du vol à voile et du pilotage en montagne[2].
Surnommé « le pilote des tempêtes », il a contribué à faire progresser considérablement les connaissances de la navigation aérienne par vents violents.
Il est également célèbre pour avoir engagé le tout premier combat aérien de l'histoire, le [3].
Fils d'un officier chef d'escadron d'artillerie en retraite, il fait ses études secondaires au Prytanée militaire de La Flèche (Sarthe) de 1906 à 1909[4].
Passionné d'aviation, il s'inscrit le à l'Ecole Bressane d’aviation d’Ambérieu, et décroche son brevet civil de pilote (n°708) sur Blériot XI le . Entre temps, il s'est engagé dans l'armée le , au 25e bataillon du génie, comme « sapeur-aviateur »[5]. Il passe à l’école de vol d’Avord en et obtient son brevet militaire de pilote (n°306) à Pau le . Affecté en à l'escadrille BL 10 de Belfort sur Blériot XI comme caporal, il devient en 1914 un pilote réputé pour ses vols par vents forts[6].
Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, le caporal Thoret est toujours affecté à l’escadrille BL 10 de Belfort. Le , lors d'une mission de reconnaissance, il engage le tout premier combat aérien de l'histoire, à coups de révolver, contre un Aviatik qui, pris en chasse, parvient toutefois à s'enfuir[7]. Mais contrairement à ce qu'écrira la presse enthousiaste, si c'est bien le premier combat, ce n'est pas encore la première victoire (le premier combat aérien victorieux est remporté par Jules Védrines le 2 septembre 1914).
Promu sergent le , il est affecté en novembre à l'escadrille V 29 où il enchaîne les missions de reconnaissance. Lors d'une mission le , après avoir été victime de tirs allemands venus du sol, il est obligé d'atterrir chez l'ennemi et fait prisonnier à Bapeaume. Après avoir tenté de s'évader, il connaît les geôles ennemies et la maladie avant d'être évacué sanitaire vers la Suisse, puis rapatrié en France le . Il est immédiatement affecté à l'école de pilotage d'Ambérieu comme moniteur, le . Il est promu sous-lieutenant le .
Le , il est affecté au 4e régiment d'observation, puis au 34e régiment d'aviation le . Il est promu lieutenant le et affecté à l'entrepôt spécial n°1 de Villacoublay, puis au 1er groupe d'aviation en , et enfin au 2e groupe d'ouvriers aéronautiques le . Il obtient sa mise en disponibilité de l'armée le .
Durant toutes ces années d'après-guerre, sous l'uniforme ou durant sa mise en disponibilité, il réalise plusieurs records de durée de vol en « poids lourds » avec l’hélice arrêtée.
Ainsi en 1920, pilote à la base militaire d’Istres, Thoret se trouve pris par hasard dans les remous du mistral soufflant sur les Alpilles. Hélice calée à bord d’un monomoteur biplace Hanriot HD-14, il lutte contre les remous. Il commence à développer la technique du « rochassier » élaborée non pour battre des records mais pour survivre à ce qu’il appelait les « niagaras de rabattants »[8].
Il franchit un seuil supplémentaire le à Biskra en Algérie : pendant 7 heures et 3 minutes, il parvient à maintenir son appareil (un Hanriot type 14), hélice calée, en vol de pente, battant ainsi le record établi par Alexis Maneyrol (1891-1923) à bord d'un planeur. Record que Maneyrol ne tardera pas à lui reprendre, signant un vol de huit heures et cinq minutes, le avec un appareil Peyret[9].
À plusieurs reprises, dans des conditions identiques, il réussira à tenir l'air avec un Hanriot HD-14.

En , il crée la première « école de tempête », près de Saint-Rémy-de-Provence. D'autres établissements identiques suivront à Damas (Syrie), Agadir (Maroc), Prague (Tchécoslovaquie) et Le Fayet (Haute-Savoie).
À partir de l'aérodrome du Fayet, il organise également des vols touristiques entre Chamonix et Genève, à bord d'appareils dont le plafond n'excède pas 3 000 mètres.
Fin , il ravitaille le refuge Vallot perché à 4 307 mètres d'altitude dans le massif du Mont-Blanc en parachutant le matériel, réussissant ainsi le premier parachutage en montagne[10]. Il procède ensuite à un ravitaillement en atterrissant sur skis au cours des années 1926 et 1927.
Autant par les expérimentations que par la pratique, Joseph Thoret entend démontrer que la puissance des appareils se révèle inutile face à l'extrême violence des rabattants, affirmation que confirmeront en 1936 des essais menés en soufflerie.
Pionnier reconnu, le pilote de l'extrême forma des aviateurs aux conditions atmosphériques les plus rudes jusqu'à la fermeture de sa dernière école en 1938.
Il se retire à Saint-Rémy-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône, où il meurt le . Il y est inhumé.
Activités artistiques
Joseph Thoret fut aussi sculpteur, peintre et poète.
Distinctions
Joseph Thoret a obtenu la Croix de guerre 14-18 avec 2 palmes :
Citation à l'ordre de l'armée du : « A fait preuve depuis le début de la campagne de rares qualités de sang-froid et d'énergie en lançant journellement des fléchettes et des bombes sur les lignes ennemies »[11].
Citation à l'ordre de l'armée du avec attribution de la Médaille militaire : « Nombreuses reconnaissances sous le feu de l'infanterie et de l'artillerie ennemie »[12].
Officier de la Légion d'honneur (chevalier de la Légion d'honneur par décret du , officier de la Légion d'honneur par décret du )
Médaille militaire ()
Croix de guerre - (2 palmes)
Croix du combattant
Médaille commémorative de la guerre -
Médaille interalliée de la Victoire