Joseph Thoret
aviateur français
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Juste François Joseph Thoret, né le à Dole (Jura)[1] et mort le à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), est un aviateur français spécialiste du vol à voile et du pilotage en montagne[2].
| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Just François Joseph Thoret |
| Surnoms |
Thoret Tempête, Thoret Mont-Blanc |
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Surnommé « le pilote des tempêtes », il a contribué à faire progresser considérablement les connaissances de la navigation aérienne par vents violents.
Il est également célèbre pour avoir engagé le tout premier combat aérien de l'histoire, le 10 août 1914[3].
Biographie
Fils d'un officier chef d'escadron d'artillerie en retraite, il fait ses études secondaires au Prytanée militaire de La Flèche (Sarthe) de 1906 à 1909[4].
Passionné d'aviation, il s'inscrit le 11 mars 1911 à l'Ecole Bressane d’aviation d’Ambérieu, et décroche son brevet civil de pilote (n°708) sur Blériot XI le 12 janvier 1912. Entre temps, il s'est engagé dans l'armée le 4 décembre 1911, au 25e bataillon du génie, comme « sapeur-aviateur »[5]. Il passe à l’école de vol d’Avord en août 1912 et obtient son brevet militaire de pilote (n°306) à Pau le 3 août 1913. Affecté en décembre 1913 à l'escadrille BL 10 de Belfort sur Blériot XI comme caporal, il devient en 1914 un pilote réputé pour ses vols par vents forts[6].
Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, le caporal Thoret est toujours affecté à l’escadrille BL 10 de Belfort. Le 10 août 1914, lors d'une mission de reconnaissance, il engage le tout premier combat aérien de l'histoire, à coups de révolver, contre un Aviatik qui, pris en chasse, parvient toutefois à s'enfuir[7]. Mais contrairement à ce qu'écrira la presse enthousiaste, si c'est bien le premier combat, ce n'est pas encore la première victoire (le premier combat aérien victorieux est remporté par Jules Védrines le 2 septembre 1914).
Promu sergent le 1er septembre 1914, il est affecté en novembre à l'escadrille V 29 où il enchaîne les missions de reconnaissance. Lors d'une mission le 29 janvier 1915, après avoir été victime de tirs allemands venus du sol, il est obligé d'atterrir chez l'ennemi et fait prisonnier à Bapeaume. Après avoir tenté de s'évader, il connaît les geôles ennemies et la maladie avant d'être évacué sanitaire vers la Suisse, puis rapatrié en France le 18 octobre 1917. Il est immédiatement affecté à l'école de pilotage d'Ambérieu comme moniteur, le 27 novembre 1917. Il est promu sous-lieutenant le 30 avril 1918.
Le 1er janvier 1920, il est affecté au 4e régiment d'observation, puis au 34e régiment d'aviation le 1er août 1920. Il est promu lieutenant le 20 décembre 1921 et affecté à l'entrepôt spécial n°1 de Villacoublay, puis au 1er groupe d'aviation en janvier 1922, et enfin au 2e groupe d'ouvriers aéronautiques le 10 juin 1924. Il obtient sa mise en disponibilité de l'armée le 10 mars 1927.
Durant toutes ces années d'après-guerre, sous l'uniforme ou durant sa mise en disponibilité, il réalise plusieurs records de durée de vol en « poids lourds » avec l’hélice arrêtée.
Ainsi en 1920, pilote à la base militaire d’Istres, Thoret se trouve pris par hasard dans les remous du mistral soufflant sur les Alpilles. Hélice calée à bord d’un monomoteur biplace Hanriot HD-14, il lutte contre les remous. Il commence à développer la technique du « rochassier » élaborée non pour battre des records mais pour survivre à ce qu’il appelait les « niagaras de rabattants »[8].
Il franchit un seuil supplémentaire le à Biskra en Algérie : pendant 7 heures et 3 minutes, il parvient à maintenir son appareil (un Hanriot type 14), hélice calée, en vol de pente, battant ainsi le record établi par Alexis Maneyrol (1891-1923) à bord d'un planeur. Record que Maneyrol ne tardera pas à lui reprendre, signant un vol de huit heures et cinq minutes, le avec un appareil Peyret[9].
À plusieurs reprises, dans des conditions identiques, il réussira à tenir l'air avec un Hanriot HD-14.

En août 1924, il crée la première « école de tempête », près de Saint-Rémy-de-Provence. D'autres établissements identiques suivront à Damas (Syrie), Agadir (Maroc), Prague (Tchécoslovaquie) et Le Fayet (Haute-Savoie).
À partir de l'aérodrome du Fayet, il organise également des vols touristiques entre Chamonix et Genève, à bord d'appareils dont le plafond n'excède pas 3 000 mètres.
Fin août 1926, il ravitaille le refuge Vallot perché à 4 307 mètres d'altitude dans le massif du Mont-Blanc en parachutant le matériel, réussissant ainsi le premier parachutage en montagne[10]. Il procède ensuite à un ravitaillement en atterrissant sur skis au cours des années 1926 et 1927.
Autant par les expérimentations que par la pratique, Joseph Thoret entend démontrer que la puissance des appareils se révèle inutile face à l'extrême violence des rabattants, affirmation que confirmeront en 1936 des essais menés en soufflerie.
Pionnier reconnu, le pilote de l'extrême forma des aviateurs aux conditions atmosphériques les plus rudes jusqu'à la fermeture de sa dernière école en 1938.
Il se retire à Saint-Rémy-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône, où il meurt le . Il y est inhumé.
Activités artistiques
Joseph Thoret fut aussi sculpteur, peintre et poète.
Distinctions
Joseph Thoret a obtenu la Croix de guerre 14-18 avec 2 palmes :
Citation à l'ordre de l'armée du 2 octobre 1914 : « A fait preuve depuis le début de la campagne de rares qualités de sang-froid et d'énergie en lançant journellement des fléchettes et des bombes sur les lignes ennemies »[11].
Citation à l'ordre de l'armée du 21 novembre 1914 avec attribution de la Médaille militaire : « Nombreuses reconnaissances sous le feu de l'infanterie et de l'artillerie ennemie »[12].
Officier de la Légion d'honneur (chevalier de la Légion d'honneur par décret du 11 juillet 1922, officier de la Légion d'honneur par décret du 18 octobre 1935)
Médaille militaire (21 novembre 1914)
Croix de guerre - (2 palmes)
Croix du combattant
Médaille commémorative de la guerre -
Médaille interalliée de la Victoire