Joseph Tuerlinckx
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Sculpteur, professeur d'art |
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Baudouin Tuerlinckx (d) |
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Joseph Tuerlinckx, né à Malines, le et mort dans la même ville le , est un sculpteur et professeur d'art belge.
Au Salon de Bruxelles de 1851, il obtient une médaille d'or pour avoir réalisé une statue érigée à Malines, en hommage à Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas, première statue historique représentant une femme et élevée sur une place publique en Belgique.
Famille
Joseph (Joseph Jean Antoine) Tuerlinckx, né section Leegheid à Malines le , est le fils de Jean Arnold Antoine Tuerlinckx (1753-1827), facteur d'instruments et luthier renommé, et de sa seconde épouse Marie Catherine Clavers (1777-1822), mariés à Malines le . Son demi-frère Corneille Tuerlinckx (1783-1855) est également luthier, tandis que son frère Louis Tuerlinckx (1819-1894) est artiste peintre. Le , il épouse à Malines Marie Philippine Merckx (1832-1912). Le couple a onze enfants, dont le dernier, né posthume, est le sculpteur Baudouin Tuerlnckx (1873-1945)[1].
Formation

Dès son plus jeune âge, Joseph Tuerlinckx suit des cours à l'École de dessin, où il progresse rapidement. Il apprend à manier le bâton de modelage auprès de Pieter Jan Tambuyser (1796-1859) à l'Académie royale des beaux-arts de Malines. Il passe beaucoup de temps avec ce maître, qui avait mis un atelier à la disposition de son élève dans sa propre maison. À l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers, Joseph Tuerlinckx poursuit ses études sous la direction du sculpteur Jean-François van Geel. Quittant Anvers, il se rend en Hollande afin de suivre les cours de Louis Royer, originaire de Malines et installé à La Haye[2].
Après quatre années passées sous la tutelle de Louis Royer, Joseph Tuerlinckx retourne à Malines. En 1836, il se rend à Paris, où il trouve un conseiller éclairé en la personne de son compatriote Jean Baptiste Joseph De Bay, conservateur du musée de la sculpture antique du Louvre. Les chefs-d'œuvre vus en France constituent une source d'inspiration inépuisable pour le jeune sculpteur, qui s'en inspire avec profit. Il y crée la maquette d'un Ecce Homo, conservée au musée de Malines. De Paris, il revient après un séjour de deux ans, dans sa ville natale[2].
Carrière

Joseph Tuerlinckx entreprend en 1840 un voyage artistique en Italie. À Rome, il puise un savoir qui transparaît bientôt dans son œuvre. Là, Joseph Tuerlinckx sculpte le buste de Grégoire XVI en marbre blanc et reçoit à cette occasion une médaille d'or d'honneur du pape. Il achève également une Vierge à l'Enfant en marbre à Rome et commence les bustes en marbre de Lucas Faydherbe et de Godefroy de Bouillon. Il les termine tous deux à son retour à Malines en 1844, où il s'établit définitivement[3].
Joseph Tuerlinckx, reconnu dans le monde de l'art comme un sculpteur talentueux, est chargé par le conseil communal de la ville de Malines d'ériger une statue en hommage à Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas qui joua un rôle de mécène. Le , l'œuvre est solennellement inaugurée en présence du roi Léopold Ier, de ses deux fils, le duc de Brabant et le comte de Flandre. Une foule enthousiaste venue de tout le pays assiste à la cérémonie, au cours de laquelle Joseph Tuerlinckx est présenté au roi qui le félicite en termes flatteurs[3]. L'œuvre est d'un type exact, le style de la draperie grandiose. Il s'agit de la première statue historique représentant une femme et élevée sur une place publique en Belgique[4].
En 1850, il est nommé professeur de modelage, d'anatomie et d'histoire de l'art à l'Académie des beaux-arts de Malines, où il demeure actif jusqu'à la fin de sa vie. Une médaille d'or lui est décernée au Salon de Bruxelles de 1851 pour la statue de Marguerite d'Autriche, inaugurée sur la grand-place de Malines en 1849. Lors de l'Exposition universelle de 1851 de Londres, il reçoit également une médaille d'or[5]. À l'Exposition universelle de 1855 de Paris il reçoit une mention honorable[6].
Joseph Tuerlinckx meurt, à l'âge de 63 ans, rue Haute no 79 à Malines, le [7].
Œuvre
Caractéristiques
À Bruxelles, dans l'église Notre-Dame de la Chapelle, Joseph Tuerlinckx réalise un mémorial inauguré en 1845 à la mémoire de son ami, le peintre Jacques Sturm, mort à Rome l'année précédente. Dans la même église, se trouve un tombeau exécuté par l'artiste, dédié à la mémoire du pasteur Willaert[7].
Le buste du pape Grégoire, ainsi que sa statue de Giotto en marbre blanc, sont considérés comme faisant partie de ses plus belles œuvres. Giotto, alors âgé de dix ans, rencontre le peintre italien Giovanni Cimabue sur la route de Florence à Vespignano. Tandis que l'enfant garde les chèvres, il dessine l'un des animaux au pâturage sur une pierre plate à l'aide d'une pierre pointue. Cimabue prend Giotto sous son aile, car il reconnaît dans ce dessin l'appel auquel il avait lui-même jadis répondu. C'est dans une telle posture, assis, s'exerçant au dessin, que Joseph Tuerlinckx représente Giotto, réalisé en marbre pour le Salon de Bruxelles de 1842[7].
Joseph Tuerlinckx participa également activement aux expositions. Encore étudiant à l'Académie, il expose l'un de ses dessins à Malines en 1825. La même année, il reçoit un deuxième prix de cette même institution. En 1834, une Vierge et un buste en plâtre sont envoyés à l'exposition de sa ville natale. En 1835, il réalise deux figures en terre cuite représentant Démocrite et Héraclite, ainsi qu'une statue d'Esculape en plâtre. Au Salon de Bruxelles de 1836, il envoie Le Génie de la Belgique tenant sur ses genoux le Prince royal, un bas-relief en plâtre. Adam et Ève, un bas-relief est exposé au Salon d'Anvers de 1837. Au Salon de Bruxelles de 1854, il envoie une statue en plâtre de saint Corneille, commandée en marbre par le baron van Wijckerslooth pour l'église de Schalwijck aux Pays-Bas[8]. Au Salon d'Anvers de 1861, il envoie un groupe en marbre représentant Sainte Anne et Sainte Marie. En 1862, sa statue en marbre du botaniste Rembert Dodoens est inaugurée au jardin botanique de Malines [7].
Pour compléter la liste des œuvres de Tuerlincx, figurent également : la pierre tombale de la famille P.J. Hanicq, le Chemin de croix de l'église Saint-Jean de Malines, les bustes de Saint Pierre et de Saint-Paul au dessus des portes de la façade latérale de la Basilique Notre-Dame de Hanswijk, la balustrade de communion et la chaire en chêne de Tamise, un groupe en bois à Stekene,…[7].
Le , il offre à la municipalité le recueil de pièces musicales composées par son frère aîné. Le , il fait don au musée du portrait de son père, peint par Charles Pierre Verhulst d’Anvers, et du sien, réalisé à Rome par Jean-François Portaels[7].
Galerie
Esculape (1842), Musée des beaux-arts de Malines. Le jeune Giotto dessinant (1842), Musée des beaux-arts de Malines. Buste de Godefroy de Bouillon (1844), Musée ducal, Bouillon. Statue de Rembert Dodoens (1862), jardin botanique de Malines. Mémorial de Jacques Sturm, église Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles (1845). Stalle sculptée, église Notre-Dame de Tamise.
Collections muséales
- Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles) : Madone (1840) et Femme au turban (1844), bustes en marbre réalisés à Rome[9].