Issu d'une vieille famille coloniale, il est considéré comme le meilleur poète du Guatemala au XIXesiècle en raison de son travail intellectuel littéraire sans précédent à cette époque, considéré comme inégalé jusqu'au romancier José Milla y Vidaurre. Il est mentionné par des poètes et auteurs comme Marcelino Menéndez y Pelayo et José Martí, ainsi que par le spécialiste de la littérature latino-américaine Pedro Henríquez Ureña, qui dit de lui qu'il est «le meilleur des poètes doués du don de l'humour»[1].
Fils de José Mariano Batres y Asturias et Mercedes Montúfar y Coronado, Pepe Batres, comme il était communément appelé, reçoit des leçons littéraires, d'enseignement de musique, de langue française et des principes de chevalerie et galanterie, constituant ainsi la base du caractère du futur poète. Bénéficiant d'une éducation distinguée en raison de son statut de sa position sociale et de son ascendance créole, des préoccupations commencent avec l'indépendance du Guatemala en 1821. Il entre à l'École des Cadets en 1824 et est entre autres dirigé par le colonel d'artillerie et proche parent Manuel Arzú(en). Sur place, Batres Montúfar excelle en mathématiques et dans l'art militaire. Il quitte l'école avec le grade d'officier d'artillerie.
«Les Montúfares avaient de bons livres —dit-il— et je les ai tous lus. Comme certains d'entre eux étaient en français, que je ne comprenais pas à l'époque, Pepe Batres m'a donné des cours de traduction et en quelques jours j'ai pu les lire. Par contre, je lui ai appris l'anglais et j'ai admiré la facilité et la rapidité avec laquelle il a appris à traduire cette langue[4].»
Batres Montúfar revient au Guatemala en 1830 après un exil causé par la défaite du gouverneur Mariano de Aycinena et la dépossession des biens des membres du clan conservateur Aycinena, qui inclut sa famille[4],[5], face au général libéral hondurienFrancisco Morazán en 1829[4],[5].
Le , il est démis de la première compagnie de brigade d'artillerie avec le grade de capitaine-commandant.
En , le chef paysan Rafael Carrera prend le contrôle de Guatemala[3]. Carlos Salazar Castro et ses alliés libéraux prennent alors la fuite et permettent alors à Carrera de favoriser le retour de Mariano Rivera y Paz comme gouverneur[3]. Rivera y Paz nomme à son tour Carrera général en chef de l'armée et Montúfar chef politique d'Amatitlán[3].
L'Assemblée constituante dissoute par Francisco Morazán est rétablie en . Le gouvernement Rivera et Paz entame alors des négociations afin de conclure des pactes d'amitiés avec le Honduras en mai, le Salvador en juin, le Nicaragua en juillet et le Costa Rica en août[6]. Ces ententes permettent le retour de l'archevêque et restaure l'université pontificale San Carlos Borromeo[6].
Les forces libérales tentent une contre-attaque dans le nouveau Los Altos, mais celle-ci est réduite à néant par Carrera. Une autre tentative de Morazán à Guatemala conduite à sa défaite décisive contre Carrera en 1840. Batres Montúfar combat aux côtés des forces conservatrices[3].
Carrière d'ingénieur
En , Batres Montúfar est démis de ses fonctions dans l'armée en raison d'une maladie. Auparavant, il avait étudié l'ingénierie jusqu'à obtenir le titre d'ingénieur topographe en . En 1837, le gouvernement de la république fédérale d'Amérique centrale commande à un groupe d'ingénieurs de faire l'exploration du Río San Juan au Nicaragua afin de vérifier de la possibilité pour l'État de construire un canal interocéanique. L'ingénieur anglais John Baily est nommé pour diriger des travaux d'exploration et Batres Montúfar l'accompagne à titre d'ingénieur assistant. La région du San Juan est alors recouverte d'une jungle tropicale inexplorée et pleine de dangers. Batres est accompagné de son frère Juan, qui meurt de la fièvre alors qu'il est âgé de 21 ans. Attristé, Batres rédige le poème suivant:
Peuplé de bêtes, couvert de jungles
qui a vu passer cent siècles,
là-bas au Nicaragua un désert s'étend
Son histoire... aucune! Sa limite… la mer.
Mort
Batres Montúfar retourne au Guatemala en . Malade dans son corps et son âme, il est tout de même nommé corregidor du département de San Juan Amatitlán. Élu député à l'Assemblée législative trois ans plus tard, il meurt à Guatemala en à l'âge de 35 ans[2].
Galerie
Buste de José Batres Montúfar, en place devant le Théâtre Colón Theater remodelé en 1892.