José Esteban Muñoz

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José Esteban Muñoz
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A travaillé pour
Membre de
Modern Language Association
American Studies Association (en)
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Archives conservées par
Bibliothèque Fales (en)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata

José Esteban Munoz ()[2],[3] est un chercheur américain travaillant sur l'étude des performances, la culture visuelle[4], la théorie queer[5], les études culturelles et la théorie critique[6]. Son premier livre, Disidentifications: Queers of Color and the Performance of Politics (1999) examine la performance, l'activisme et la survie des personnes queer de couleur à travers l'étude des performances. Son deuxième livre, Cruising Utopia: the Then and There of Queer Futurity, a été publié par les presses de l'université de New York en 2009.

Muñoz a été professeur et directeur du département de "Performance Studies" à la Tisch School of the Arts de l'université de New York[7]. Il a reçu des bourses de la fondation The Duke Endowement (1989) et de l'université d'État de Pennsylvanie (1997)[8]. Il était également affilié à la Modern Language Association, à l'American Studies Association, et à la College Art Association.

Muñoz est né à La Havane, à Cuba en 1967. Peu de temps après sa naissance, sa famille s'installe à Hialeah, en Floride, une ville dont la grande majorité de la population est d'origine cubaine. En 1989 il est diplômé du Sarah Lawrence College en Littérature Comparée. En 1994, il obtient son doctorat au sein du département de littérature de l'université Duke, sous la direction de Eve Kosofsky Sedgwick, théoricienne du mouvement queer. Ses recherches portent sur des artistes, des performeurs et des personnalités culturelles tels Vaginal Davis, Nao Bustamante, Carmelita Tropicana, Isaac Julien, Jorge Ignacio Cortiñas, Kevin Aviance, James Schuyler, Richard Fung, Jean-Michel Basquiat, Pedro Zamora et Andy Warhol. Son travail est influencé à la fois par les féministes chicana comme Gloria Anzaldúa, Cherríe Moraga, Chela Sandoval et Norma Alarcón, et par les penseurs de l'École de Francfort tels qu'Ernst Bloch, Martin Heidegger, Theodor Adorno et Walter Benjamin.

Muñoz est mort à New York en . Il travaillait sur son troisième livre, The Sense of Brown: Ethnicity, Affect and Performance, qui sera publié par Duke University Press. Muñoz a également co-édité Pop Out: Queer Warhol (1996) avec Jennifer Doyle et Jonathan Flatley et Everynight Life: Culture and Dance in Latin/o America (1997) avec Celeste Fraser Delgado. Avec Ann Pelligrini, José Muñoz a été fondateur aux NYU Press de l'influente collection Sexual Culture éditée pour la première fois en 1998. Prenant racine dans le féminisme des femmes de couleur, cette collection s'est spécialisée dans les titres qui « offrent des représentations alternatives de la vie des queer où les questions de race, de classe, de temporalité, de religion et de région sont aussi centrales que la sexualité ». Muñoz a également travaillé en 1996 à la première conférence Crossing Borders, centrée sur l'Amérique latine et les sexualités queer latino. Il a été membre du conseil d'administration du Center for Lesbian and Gay Studies (en) de l'université de la ville de New York et rédacteur en chef de la revue Social Text and Women and Performance: A Journal of Feminist Theory.

Idées

Muñoz remet en question les politiques contemporaines gay et lesbiennes. Pour lui, ces politiques, dont l'objectif est celui de l'égalité des droits pour les homosexuels, du mariage homosexuel, et de la situation des homosexuels dans le milieu militaire, sont prisonnières des normes restrictives de notre société contemporaine. Dans la lignée du Principe Espérance d'Ernst Bloch, Muñoz s'intéresse à la dimension socialement symbolique de certains processus esthétiques qui promeuvent l'idéalisme politique. Muñoz repense le terme de queerness comme quelque chose qui n'est « pas encore là ». Le terme de queerness correspond à « cette chose par laquelle nous sentons que ce monde n'est pas suffisant ». Muñoz reconceptualise ce terme en l'abordant sous l'angle esthétique plutôt qu'à travers le prisme des politiques identitaires. Pour Muñoz, l'esthétique queer, comme celui de l'artiste Vaginal Davis, offre un modèle pour schématiser les relations sociales futures. La notion de queerness selon Muñoz, est celle d'un rejet du « temps direct », du « ici et maintenant ». Elle privilégie au contraire le « bientôt et là-bas ». Muñoz propose le concept de « performances désidentificatrices », des actes de transgression et de création grâce auxquels les minorités raciales et sexuelles, ou les sujets minoritaires, interprètent véritablement l'hégémonie culturelle. Muñoz critique le livre de Lee Edelman No Future: Queer Theory and the Death Drive et son analyse des pulsions de mort. En résulte sa théorie du « futur queer » ou de la « socialité queer ». Ainsi le « futur queer » « illumine un champ des possibles pour les sujets minoritaires à travers les stratégies-esthétiques de survie et la recherche de modes de vie utopiques »[9].

Publications

Références

Liens externes

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