José María de Hoyos y Vinent
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| Ministro de Gobernación | |
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Leopoldo Matos y Massieu (d) | |
| Maire de Madrid | |
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José María de Aristizábal Manchón (d) | |
| Maire de Madrid | |
| - | |
José María de Aristizábal Manchón (d) | |
| Membre de l'Assemblée nationale consultative | |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
José María de Hoyos y Vinent |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Père |
Isidoro de Hoyos y de la Torre (d) |
| Fratrie |
Antonio de Hoyos y Vinent (d) |
| Distinctions |
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José María de Hoyos y Vinent de la Torre O'Neill (Madrid, 1874 - ibidem, 1959) est un militaire, diplomate, homme politique et mémorialiste espagnol.
Issu d’une famille de la haute noblesse, il suivit une formation militaire et fut ensuite versé dans des unités combattantes au Maroc, où il participa en 1909 aux opérations autour de Melilla. Sur le plan diplomatique, il accompagna dans les années précédent la Seconde Guerre mondiale l’infant Charles de Bourbon-Siciles dans ses tournées officielles à travers l’Europe.
Sous la dictature de Primo de Rivera, il siégea à l’Assemblée nationale consultative, puis exerça pendant un an comme maire de Madrid à partir de .
De convictions monarchistes, il fut titulaire du portefeuille de l’Intérieur dans l’éphémère gouvernement Aznar (le dernier de la monarchie alphonsine), auquel titre il eut à superviser les élections municipales d’, qui virent la victoire de la coalition dite républicano-socialiste, opposée au régime monarchique. Sa proposition de décréter l’état de guerre suite à la proclamation de la république le n’eut pas d’écho chez ses confrères du gouvernement.
La guerre civile terminée, il se voua à diverses activités économiques et consigna minutieusement les événements de 1931 dans un livre de mémoires publié en 1959.
Origines familiales et formation
Né à Madrid en 1874[1],[2],[note 1], José María de Hoyos y Vinent était le fils d’Isidoro de Hoyos y de la Torre, ambassadeur d’Espagne à Vienne, et d’Isabel de Vinent y O'Neill, noble dame membre de l’ordre de la Reine Marie-Louise[3].
À l’âge de 17 ans, Hoyos y Vinent fut inscrit à l’Académie générale militaire, et à partir de 1893 poursuivit ses études à l’Académie d’artillerie de Ségovie, dont il sortit diplômé en 1896, avec le rang de premier-lieutenant. Dans la suite, au gré d’avancements par effet d’ancienneté, il atteignit finalement le grade de colonel en , avant de quitter volontairement le service actif en avril de la même année, après l’instauration de la république[4],[3].
Carrière militaire et diplomatique
À partir de 1901, Hoyos y Vinent remplit l’office d’aide de camp de l’infant Charles de Bourbon-Siciles, époux de María de las Mercedes, princesse des Asturies et sœur aînée du futur roi d’Espagne Alphonse XIII[3]. C’est à ce titre et sous les ordres de Charles de Bourbon-Siciles qu’il participa à l’automne 1909 aux combats de Nador et d’Ouled Settout et à la prise de Hidum, actions militaires menées dans le cadre des opérations faisant suite aux revers subis l’été précédent par les troupes espagnoles autour du Ravin-aux-Loups (Barranco del Lobo en espagnol), dans le massif du Gourougou près de Melilla. Avant et après ces événements, Hoyos y Vinent accompagna le susnommé infant lors de nombreuses missions officielles dans les différentes cours royales européennes à la veille de la Première Guerre mondiale[4].
Hoyos y Vinent occupa de 1923 à 1931 le poste de commissaire royal et de président de l’assemblée de la Croix-Rouge espagnole[5], et siégea en 1921 comme sénateur désigné d’office, puis à partir de 1930 au Conseil d’État[5],[6],[4]. En 1924, il lui fut donné d’accomplir pour une dernière fois une mission diplomatique, ayant été chargé de faire escorte au roi d’Italie Victor-Emmanuel III pendant sa visite en Espagne[4].
Parcours politique
Sous la dictature de Primo de Rivera, Hoyos y Vinent fut membre de l’Assemblée nationale consultative entre 1927 et 1930[2]. Nommé maire de Madrid le , il exerça cette fonction pendant environ un an[7],[4].
Dans l’éphémère cabinet ministériel de l’amiral Juan Bautista Aznar, dernier gouvernement de la monarchie alphonsine, Hoyos y Vinent se vit attribuer le portefeuille de l’Intérieur (Ministerio de Gobernación), dont il allait rester titulaire du au [5],[8]. En effet, un gouvernement militaire dont la direction serait confiée à un amiral, et serait appuyé par Romanones et Juan de la Cierva (c’est-à-dire par des libéraux et des conservateurs partisans du régime monarchique), mais se présentant comme apolitique, apparaissait alors au roi comme la seule solution encore envisageable. Hoyos y Vinent, à l’Intérieur, aurait à assurer notamment la transparence et l’intégrité des proches élections municipales de début [9]. Toutefois, il ne partageait pas les opinions ni la stratégie d’Aznar et de son mentor Romanones, et se soucia en premier lieu de faire prévaloir la plus stricte légalité et de préserver l’ordre public dans le déroulement du processus électoral[4].
Au lendemain du scrutin fatidique du , Hoyos y Vinent tenta d’abord d’instiller dans l’opinion publique l’impression que les candidats monarchistes l’avaient emporté dans l’ensemble de l’Espagne et que le succès des républicains n’était par conséquent que relatif. Il entra en collision avec José Sanjurjo, alors directeur-général de la garde civile, chez qui il déplorait une faible disposition à défendre le régime, et conseilla à Aznar de ne pas donner suite le soir du à la demande de Sanjurjo de suspendre les garanties constitutionnelles, au motif que des manifestations avaient commencé à se produire ; à l’inverse, il approuva Dámaso Berenguer, dont le télégramme à l’adresse des garnisons, leur ordonnant de respecter la neutralité politique, lui paraissait correct et apte à apaiser la situation[10]. Il se dit encore « hautement satisfait » (satisfechísimo) par les informations qui lui parvenaient des provinces, et soutenait qu’à Madrid le camp monarchiste l’emportait, avec une avance de deux ou trois élus, ou bien qu’on y aboutirait à un ex aequo, qu’à Barcelone la Lliga occupait la première place, et que les choses allaient pour le mieux également à Séville, Valence, Cadix, etc.[11] Les résultats électoraux connus, il ne lui resta plus qu’à manifester son dépit devant les résultats du scrutin dans plusieurs villes[12] :
« Il est assurément lamentable qu’à Saint-Sébastien et à Santander, résidences d’été de la Famille royale, ceux de la coalition républicano-socialiste aient été victorieux[13]. »
Hoyos y Vinent reproduit méticuleusement dans ses mémoires les résultats des élections municipales à Madrid, ventilés selon les catégories « antimonarchistes » (91 898 voix) et « monarchistes » (33 884 voix)[14],[15], et livre aussi les chiffres absolus du scrutin à Barcelone (89 285 voix pour la coalition républicano-socialiste et 28 137 voix en faveur des monarchistes)[16],[15].
Devant l’apparition de troubles, Hoyos y Vinent demanda lors d’un conseil des ministres la suspension des garanties constitutionnelles et, si besoin était, la proclamation de l’état de guerre, afin non seulement de maintenir l’ordre public, mais aussi d’empêcher la diffusion d’informations discréditant la monarchie ou la présentant comme vaincue, demande à laquelle il ne fut pas donné suite, même si Aznar fut habilité, sur proposition de Romanones, à décider de telles mesures, au moment et selon des modalités qu’il jugerait opportuns[17],[18].
À la suite de la proclamation de la république à Eibar le , Emilio Mola, directeur général de la sécurité, pressa Hoyos y Vinent et le gouvernement de décréter l’état de guerre afin de prévenir un éventuel « débordement des masses »[19]. Cependant, c’est en vain que Hoyos, qui souscrivait aux arguments de Mola, allait attendre des heures durant la suspension des garanties constitutionnelles[20] :
« L’amertume et l’impatience s’accroissaient en moi quand je m’avisai que ce qui le encore n’était pas imminent, à présent s’approchait, et que si nous n’avions pas recours à des moyens légaux, mais extraordinaires, pour maintenir l’ordre et pour que Sa majesté puisse prendre librement une décision, ils finiront par nous culbuter par la force, vu que la nôtre se désagrégeait[21]. »
Plus tard, comme la Puerta del Sol, où se situait son ministère, était rendue infranchissable par les militants républicains, et que son bureau était occupé par le gouvernement provisoire, Hoyos appela le ministère de la Marine pour prier l’amiral Rivera de hâter autant que possible les préparatifs de départ d’Alphonse XIII. Cette affaire réglée, Hoyos y Vinent ressentit l’« angoissante préoccupation » concernant le voyage de la reine, dont il était « très désireux d’assurer qu’il se fasse dans des conditions idoines »[22],[23].
Après la guerre civile, qu’il avait passée à l’étranger, il se voua dorénavant d’une part à promouvoir tout un éventail d’initiatives économiques dont il avait la direction ou dont il était partie prenante, en particulier dans les maremmes du Guadalquivir, et d’autre part à consigner méticuleusement dans des mémoires ses expériences comme ministre de l’Intérieur dans les derniers mois de la monarchie alphonsine et les événements antérieurs à la chute de la monarchie et à l’avènement de la République[24],[4], mémoires qui furent publiées sous le titre de Mi testimonio (« Mon Témoignage ») après son décès à Madrid en 1959[1].
Vie personnelle et titres nobiliaires
Hoyos y Vinent épousa en 1902 Isabel Sánchez de Hoces, marquise de la Puebla de los Infantes, grande d’Espagne, dame de compagnie des reines María Cristina et Victoire-Eugénie[3],[4].
Il était porteur des titres nobiliaires suivants : 3e marquis de Hoyos, 4e marquis de Vinent et 3e marquis de Zornoza, 3e vicomte de Manzanera et gentilhomme grand d’Espagne avec exercice du roi Alphonse XIII[3].
Œuvres
- (es) Mi testimonio, Madrid, Afrodisio Aguado, coll. « Colección Vida e Historia », , 253 p..
- (es) Reflexiones. De la Restauración a la Dictadura. Antecedentes de “Mi Testimonio”, Madrid, Afrodisio Aguado, .