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Journée du souvenir trans

journée dédiée à la mémoire des morts de transphobie et de transmisogynie From Wikipedia, the free encyclopedia

La Journée du souvenir trans, déclinaison française du Transgender Day of Remembrance (TDoR), a lieu le dans le monde entier, pour commémorer les personnes trans mortes de la transphobie et de la transmisogynie[1],[2],[3], et pour attirer l'attention sur les violences subies par les personnes trans[4]. Sont commémorées les personnes assassinées, celles suicidées, celles mortes d'overdose, celles mortes du VIH/sida et celles mortes de précarité financière ou par manque d'accès aux soins.

Nom officielTransgender Day of Remembrance
Observé parCommunautés trans, Organisations du mouvement social
TypeMobilisation politique, commémoration
SignificationCommémoration des victimes de transphobie et de la transmisogynie
Faits en bref Nom officiel, Observé par ...
Journée du souvenir trans
Visuel de l'Organisation de solidarité trans (OST) pour le TDoR 2025 à Saint-Denis.
Visuel de l'Organisation de solidarité trans (OST) pour le TDoR 2025 à Saint-Denis.

Nom officiel Transgender Day of Remembrance
Observé par Communautés trans, Organisations du mouvement social
Type Mobilisation politique, commémoration
Signification Commémoration des victimes de transphobie et de la transmisogynie
Date 20 novembre
Observances Manifestation, rassemblement,
lecture des noms des victimes décédées au cours de l'année écoulée, minute de silence
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Historique

La journée du souvenir trans a lieu le de chaque année[5],[6], en mémoire de Rita Hester, tuée le à Allston dans le Massachusetts, lors d'un crime de haine transphobe[7],[8],. C’était initialement un projet Web, "Remembering Our Dead"[9],[10] créé en 1999 par Gwendolyn Ann Smith[11],[12],[13], une graphiste, éditorialiste et militante trans. Puis le projet a évolué progressivement en une journée d’action internationale, le Transgender Day of Remembrance, devenant une commémoration plus globale des mortes de la transphobie, de la transmisogynie et de leurs conséquences[14],[15],[16],[17].

Objectifs

Généraux

La journée du souvenir trans a plusieurs objectifs :

Politique

Si cette journée marque la solidarité de la communauté trans envers ses mortes, elle permet aussi au mouvement trans de porter ses revendications[19].

Elle permet aussi au mouvement social et aux syndicats de montrer leur solidarité avec les personnes trans et leurs luttes[19],[20].

Actions

Aux États-Unis, le TDoR est devenue le point culminant de toute une semaine d'action, la « Transgender Awareness Week » (« Semaine de sensibilisation trans »)[21].

Lieux publics

Généralement, un rassemblement ou une manifestation pour le TDoR comprend une lecture des noms de ceux qui ont perdu leur vie au cours de l'année précédente[22], et peut inclure d'autres actions, telles que des veillées aux chandelles, des collectes ou des distributions alimentaires. Certaines associations privilégient au rassemblement politique un événement culturel, comme une projection de film[23].

Diffusion

Fausse plaque de rue affichée dans une rue de Lyon à l'occasion du Jour du souvenir trans (Bianka Gonçalves).
Mémorial du TDoR à Radcliffe Square (Oxford, Royaume-Uni), novembre 2021.

En 2010, le TDoR a été suivi dans 185 villes dans plus de 20 pays[24],[25],[26],[27],[28].

Allemagne

En Allemagne, ce sont les associations lesbiennes et gay qui organisent chaque année les actions du jour de commémoration.

Canada

Le , la province canadienne de l'Ontario a adopté à l'unanimité la loi Trans Day of Remembrance Act du reconnaissant TDoR et exigeant que l'Assemblée législative tienne un moment de silence chaque année le [29],[30]. Après la province du Saskatchewan en 2015, suivie de l'Ontario en 2016 et de l'Alberta en 2018, le bâtiment de l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique arbore en 2019 les couleurs du drapeau de la fierté transgenre. Une longue minute de silence est observée par une centaine de personnes[31].

France

Cette journée a commencé à être célébrée en France à Paris en 2002 à l'initiative de l'association CARITIG[32],[33]. En 2003, une action contre la CNAM est organisée par Act Up-Paris[34]. Deux actions ont lieu en 2004, à Paris avec un die-in (action au cours de laquelle les manifestants s'allongent sur le sol en simulant d'être morts) du Groupe activiste trans (GAT)[35] et à Strasbourg par Support transgenre Strasbourg (STS)[36],[37].

Les commémorations prennent souvent la forme d'un rassemblement avec bougies autour de la lecture ou de l'exposition des noms des personnes trans assassinées dans l’année écoulée, mais ne s’y limitent pas : lecture de textes, actions militantes théâtralisées contre des institutions perçues comme transphobes, projections de films ou de documentaires, conférences.

En 2021, une manifestation organisée à Paris, suivie d'une commémoration, réunit plusieurs milliers de personnes, un nombre plus important que les années précédentes. La manifestation est cependant en partie invisibilisée par celle simultanée de #NousToutes, qui appelle néanmoins à rejoindre la commémoration à l'issue de sa propre marche[38],[39].

Présence massive d'organisations syndicales et de partis politique au TDoR de Tours, novembre 2022

À partir de 2021, sous l'impulsion de l' Organisation de Solidarité Trans (OST) , les TDoR deviennent des manifestations plus revendicativess et sont coorganisés par des acteurs du mouvement social dont des syndicats, des associations féministes et antiracistes et des partis politique de gauche parlementaire et révolutionnaires[40],[41],[42].

En 2023, les associations trans ont recensé la mort d'au moins dix-huit personnes trans dans l'année[43].

En 2024, l'Organisation de Solidarité Trans recensait une cinquantaine de rassemblements en France[44].

En 2025, l'Organisation de Solidarité Trans recensait plus de 60 évènements à l'occasion du TDoR dans toute la France.

Italie

Une commémoration est organisée chaque année dans plusieurs villes italiennes. En particulier à Rome le en mémoire du meurtre d'Andrea Oliviero[45].

La Journée du souvenir trans de Rome est célébrée par une veillée aux chandelles à la Gare de Rome-Termini, ainsi que dans la rue Gay. En 2017, une série d'événements supplémentaires ont été organisés par le Circolo Mario Mieli Homosexuel culturel et COLT (Lazio Trans Coordination) sur le lieu de la découverte du corps d'un jeune fille trans, près du Métro Eur Magliana. Le meurtre, qui avait bouleversé la communauté rom des LGBT, conduit au rassemblement le à 20 h dans le parc du tourisme, où le corps a été retrouvé. L'appel commence à partir de National Arcigay[46].

À Turin, elle est célébrée dans une Trans Freedom March.

Le , la Journée du souvenir trans a été célébrée également à Sanremo, ce fut le premier événement consacré à la cause transgenre à Imperia. L'événement était organisé par le Rainbow Imperiese Movement (le comité territorial d'Arcigay Imperia) et par l'AGEDO.

Pays-Bas

Il y a aussi de la violence contre les personnes transgenres aux Pays-Bas. Une étude de Transgender Network Nederland publiée le sur la sécurité des personnes transgenres dans l'espace public aux Pays-Bas a révélé que pas moins de 43 % des personnes interrogées avaient dû faire face à de la violence envers eux pendant l'année écoulée.

La Transgender Day of Remembrance a lieu chaque année dans une ville différente des Pays-Bas. En 2015, c'était à La Haye[28], en 2014 Maastricht[47] et en 2013 Nimègue[48].

Ukraine

Une marche du souvenir est organisée à Kiev pour la première fois en 2015, notamment avec l'organisation Insight (en), cofondée et animée par Olena Chevtchenko. Celle de 2018 a été et aspergée de fumigènes par des opposants. Deux personnes sont blessées après avoir été gazées. En réponse, la police, incapable de contenir les opposants, arrête la manifestation, divisant les militants et les forçant à monter dans les rames de métro[49].

CeCe McDonald parle en 2015, Journée du Souvenir Trans à San Francisco.

Critiques

Représentation des diversités

Les théoriciens C. Riley Snorton et Jin Haritaworn critiquent la manière dont les images et les récits sur les décès des personnes trans de couleur, le plus souvent des femmes trans, sont diffusés au sein de mouvements sociaux et espaces dirigés par des militants blancs, gay et trans, comme lors de la Journée du souvenir trans[50].

Dans le cas de la femme transgenre afro-américaine Tyra Hunter, Snorton et Haritaworn observent que les dangers qui guettent les femmes transgenres, et transféminines, et les cadavres trans non blancs n'obtiennent de considération qu'après leur mort, et que cette violence ne se remarque pas comme une combinaison de transferts systématiques et de racisme[50]. C'est entre autres pour cette raison que les militants transgenres CeCe McDonald, Queen Gossett, Sylvia Rivera, Dean Spade, et les travaux de Snorton et Haritaworn affirment l'importance de la diversité dans des événements tels que la Journée du souvenir trans, et dans le militantisme trans en général.

Déresponsabilisation

Selon le professeur Sarah Lamble (2008), l'accent mis par Journée du souvenir trans sur le chagrin collectif est susceptible de donner l'impression au téléspectateur blanc d'être innocent de la violence contre les femmes trans non blanches pour lesquelles il est désolé. Elle affirme :

« Notre tâche est de promouvoir ceux qui soutiennent non seulement la Journée du souvenir trans, mais aussi de nombreuses actions, car nous comptons sur eux pour faire face à la violence. Aucun d'entre nous n'est innocent. Nous devons inventer des pratiques de commémoration qui se situent à notre propre point de vue, parmi les structures du pouvoir qui permettent la violence. Notre tâche est de passer de la compassion à la responsabilité, de la conscience à la réaction, de l'observation à l'action. Il ne suffit pas d'honorer les souvenirs des morts — nous devons changer les pratiques des vivants[51]. »

Récupération de décès de travailleuses du sexe

La militante transgenre Mirha-Soleil Ross critique la Journée du souvenir trans pour créer la confusion sur la motivation derrière les meurtres de travailleuses du sexe transgenres.

Dans un entretien avec la chercheuse Viviane Namaste, elle présente des exemples de travailleuses du sexe transgenres qui ont été assassinés à Toronto pour être des travailleuses du sexe et accuse les organisateurs de TDoR d'utiliser ces femmes qui sont mortes comme des martyres de la communauté transgenre[52].

Notes et références

Voir aussi

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