Fêtes et jours fériés en France

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La France compte onze jours fériés (fêtes religieuses et civiles) légalement définis par le code du travail[1], à l'exception de l'Alsace-Moselle, bénéficiant du droit local, et de plusieurs collectivités de la France d'outre-mer, qui en comptent davantage.

Claude Monet, La Rue Montorgueil (1878).

Le , jour de la fête du Travail, est en France le seul jour férié obligatoirement chômé et payé, sauf impossibilité due à la nature de l'activité (mais donnant droit à une indemnité)[2]. Les autres jours fériés ne sont pas obligatoirement chômés, sauf dispositions contraires des conventions collectives applicables dans les entreprises.

Alors que les dictionnaires de termes juridiques font l'équivalence entre jour férié et fête légale (un terme renvoyant à l'autre), le jour férié correspond au support chronologique alors que la fête légale désigne l'événement lui-même, plusieurs fêtes légales pouvant se produire un même jour férié (exemple : le sous les Premier Empire et Second Empire abrite à la fois l'Assomption et la Saint-Napoléon).

Histoire

Durant la société d'Ancien Régime, il existe dans l'année des dizaines de fêtes religieuses qui sont obligatoirement chômées. Elles servent alors souvent d'éléments chronologiques pour dater du jour. Cependant, dès le XVIIe siècle, la hiérarchie catholique en supprime pour appuyer l'activité économique. Par exemple, en Auvergne, elles passent de 53 par an à la fin du XVe siècle à 26 quand arrive la Révolution. Les jeux, la danse y sont rigoureusement encadrés. Quand ce n'est pas l'Église qui les contrôle, les fêtes sont menées par des sociétés de jeunesse ou des confréries professionnelles. La fête pouvait avoir des formes diverses, telles des processions religieuses, parades militaires, événements corporatistes, commémorations rituelles. Ces fêtes étaient l'occasion d'exercer une grande créativité. Au XVIIe siècle, pendant l'âge baroque, se manifeste un clivage de plus en plus net entre manifestations festives populaires et fêtes organisées par les autorités[3].

À la Révolution française, on assiste à une plus grande pression de la mise en scène du pouvoir politique. Les révolutionnaires cherchent à encadrer le désordre : la bourgeoisie jacobine redresse vite, par des mouvements de maîtrise, les mouvements de transgression. Cependant, on assiste à un renouvellement des cérémonials. La fête sert à entretenir la flamme révolutionnaire ; mais si elle devient trop contrôlée, dès qu'elle devient spectacle, la population urbaine s'en détourne, et invente de nouvelles formes spontanées. On retrouve ce schéma sur l'ensemble de la période : la Révolution commence par la Fête de la Fédération, manifestation inaugurale, et se termine par le Culte de l'Être suprême ; on passe de la célébration à un nouvel ordre. On retrouve ce schéma dans la plupart des séquences révolutionnaires françaises[3].

Les XIXe et XXe siècles voient la disparition progressive des manifestations festives sauvages, sauf peut-être lors d'évènements comme Mai 68. Les Géants du Nord se font remplacer par des cortèges ou des visites présidentielles organisées par l'État. Les carnavals à l'ancienne sont pris en charge par la jeunesse de l'élite ou les municipalités. Même dans les banlieues ouvrières, les fêtes populaires sont récupérées par le Parti communiste français pour des commémorations comme le (journée internationale des travailleurs). De façon plus profonde, au cours de cette période, les notions d'art et de culture deviennent des activités autonomes dans le vécu des différentes couches de la société, et il devient normal, même désirable, que l'État les prenne en charge. La fête perd son impulsion ou évidence immédiate, et dépend de procédures administratives pour assurer sa programmation[3].

La notion de fête légale se développe en France au cours du XIXe siècle (la loi du 18 germinal an X - - statue qu' « aucune fête, à l'exception du dimanche, ne peut être fixée sans la permission du gouvernement »[4]) pour déterminer si elle inclut les fêtes civiles avec les fêtes religieuses et pour savoir si elle doit être instaurée par un texte réglementaire ou par une loi. Dans le sillage du Concordat, le nombre de fêtes religieuses est ramené à quatre (Noël, Toussaint, Assomption, Ascension[5]) suivant l'indult du cardinal Battista Caprara du . Parallèlement, les jours de fêtes légales augmentent par l'adjonction de fêtes civiles, le pouvoir cherchant à en limiter le nombre et à les fixer sur un jour férié déjà existant ou le dimanche pour des raisons économiques.

La fête légale devient dès lors un jour non obligatoirement chômé (sauf en Alsace-Moselle et sauf le 1er mai dans toute la France). Elle donne lieu, lorsque le jour férié est travaillé, à compensation financière si les conventions de branche ou d'entreprise le prévoient. Certaines obligations indiquées dans le code du commerce (exemple : dépôt de protêt impossible si la date d'échéance tombe sur un jour férié), le code de procédure pénale ou le code électoral (exemple : délai de contestation prenant en compte le jour férié) s'y attachent[6].

Le devient férié à la suite de l'approbation par l'empereur Napoléon Ier, le , d'un avis du Conseil d'État du du mois[7]. Les jours fériés suivants sont ensuite ajoutés par des lois : le devient férié à la suite d'une loi du  ; les lundis de Pâques et de Pentecôte deviennent fériés à la suite d'une loi du [8],[9] ; le 11 novembre devient férié à la suite d'une loi du [10] ; et le devient férié à la suite d'une loi du [11].

La suppression de jours fériés est régulièrement évoquée, au motif de favoriser l'activité économique, notamment par le premier ministre François Bayrou qui avance le l'idée de supprimer le caractère férié du lundi de Pâques et de la Fête de la Victoire du [12].

Fêtes fériées

Fêtes civiles

Fêtes religieuses chrétiennes catholiques

Le jeudi de l'Ascension, la fête de l'Assomption, la Toussaint et Noël sont fériés à la suite de l'arrêté du 29 germinal, an X () découlant du Concordat, signé entre Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul, et le pape Pie VII[9]. L'arrêté est ensuite reconduit par la loi de séparation des Églises et de l'État du , article 42.

La loi du ajoute le lundi de Pâques et le lundi de Pentecôte (ces lundis ne sont pas des fêtes liturgiques en eux-mêmes, mais des jours de repos consécutifs, qui datent du gouvernement républicain de Charles de Freycinet ; la fête religieuse a, quant à elle, lieu le dimanche correspondant). Le lundi de Pentecôte a perdu son caractère de jour de repos en 2004 au titre de la Journée de solidarité envers les personnes âgées et handicapées ; mais est redevenu chômé en 2008. Il est souvent imposé aux salariés pour des raisons d'organisations, qui voient ainsi ce jour déduit de leur stock de jours de RTT en contrepartie, à moins de le récupérer par une autre journée de travail supplémentaire[13].

Fêtes fériées au niveau local

Alsace et Moselle

En vertu d'une ordonnance prise le , le droit local en Alsace-Moselle octroie deux jours fériés supplémentaires par rapport au droit national et s'applique aux activités exercées dans ces trois départements[14] :

Guadeloupe

Guyane

La Réunion

Martinique

Mayotte

Nouvelle-Calédonie

Polynésie française

Saint-Barthélemy

Saint-Martin

Wallis-et-Futuna

Danseuses et danseurs pour la fête du territoire, le .

Fêtes non fériées

Fêtes civiles

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Septembre

Octobre

  • Premier dimanche d'octobre : fête des familles, créée par l'ancien député UDF Yves-Claude Heno[réf. nécessaire]
  •  : Halloween, fête d'origine irlandaise, fêtée depuis peu en France. Cette fête était le réveillon du jour de l'an qui était le  ; ce soir-là les gens se déguisaient en monstres ou fantômes. Halloween était devenue la 3e fête commerciale en France à partir de 2000, mais ce fut passager. Malgré tout, Halloween reste assez fêtée, notamment par les enfants. Cette fête n'est pas fériée en France.

Novembre

Décembre

Fêtes catholiques

Certaines fêtes sont indiquées ici comme non fériées du fait qu'elles tombent toujours un dimanche, et sont donc en pratique comme fériées.

Fêtes protestantes

Fêtes juives

Fêtes musulmanes

Les célébrations suivent le calendrier lunaire :

Fêtes bouddhistes

Depuis 1997[23], un agent de la fonction publique peut obtenir une autorisation d'absence à l'occasion de Vesak, jour de la pleine lune de mai, si les nécessités de service le permettent[24],[25].

Répartition des jours fériés

Les huit jours fériés à date fixe peuvent être un samedi ou un dimanche ; dans ce cas les conventions collectives peuvent prévoir un jour chômé récupérable, mais ce n'est généralement pas le cas.

Ces mêmes huit jours fériés fixes (, , , etc.) se retrouvent distribués de la même façon sur les jours de la semaine tous les 28 ans (sept jours dans la semaine × année bissextile pratiquement[26] tous les quatre ans). Au cours de ce cycle de 28 ans, chaque fête fixe tombe exactement quatre fois sur chacun des sept jours de la semaine (au cours d'un cycle de 28 ans, le tombe quatre fois un lundi, quatre fois un mardi, etc.). En revanche, pour une année donnée, un nombre plus ou moins grand de fêtes fixes tombent la semaine ou le week-end.

Répartition des jours entre la semaine et le week-end

En moyenne, 2,29 jours fériés par an tombent les week-end. Il y a donc non pas 11 mais 8,7 jours chômés en France chaque année du fait des jours fériés (sauf disposition contraire des conventions collectives permettant la récupération).

Plus précisément, le nombre de jours fériés qui tombent le week-end est de :

  • 1, si le tombe un mardi ou mercredi (lundi ou mardi les années bissextiles) ;
  • 2, si le tombe un lundi, jeudi ou dimanche (mercredi ou samedi les années bissextiles) ;
  • 3, si le tombe un vendredi ou un dimanche une année bissextile ;
  • 4, si le tombe un vendredi ou samedi (jeudi les années bissextiles).

Ainsi, en 2008, une seule fête est tombée un week-end (le , un samedi).

Tableau récapitulatif

Davantage d’informations Date, Nom ...
Fêtes et jours fériés
DateNomRemarquesHistorique
1er janvier Jour de l'an Premier jour de l'année ; pour les catholiques, fête de Sainte Marie (en) (avant le concile Vatican II, circoncision de Jésus-Christ).
Avant-veille de Pâques
(vendredi 3 avril en 2026, vendredi 26 mars en 2027)
Vendredi saint Jour férié chrétien supplémentaire spécifique aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Polynésie française.
Lendemain du dimanche de Pâques
(lundi 6 avril en 2026, lundi 29 mars en 2027)
Lundi de Pâques Lundi dans l'octave de Pâques.

La fête chrétienne de Pâques est calculée pour tomber le premier dimanche qui suit la première pleine lune du printemps. Il s'agit ici de la date grégorienne de Pâques, commune aux chrétiens catholiques et protestants.

27 avril Abolition de l'esclavage Dans le département de Mayotte uniquement.
28 avrilSaint-Pierre Chanel Fête catholique spécifique à la collectivité de Wallis-et-Futuna, commémore le martyre de Pierre Chanel à Futuna en 1841.
1er maiFête du Travail Commémore la ratification de la journée de travail de huit heures ; traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques en France (la dénomination « fête du Travail » est officialisée le 29 avril 1948).

Il s'agit également de la fête catholique de Saint Joseph artisan.

depuis 1941
8 mai Fête de la Victoire Commémoration de la « capitulation sans condition » de l'Allemagne nazie, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale en Europe (1945). 1953-1959 et depuis 1982
22 mai Abolition de l'esclavage Dans le département de la Martinique uniquement.
27 mai Abolition de l'esclavage Dans le département de la Guadeloupe uniquement.
28 mai Abolition de l'esclavage À Saint-Martin uniquement.
39 jours après Pâques
(jeudi 14 mai en 2026, jeudi 6 mai en 2027)
Jeudi de l'Ascension Fête chrétienne célébrant la montée de Jésus-Christ aux cieux.
Lendemain du septième dimanche après Pâques
(lundi 25 mai en 2026, lundi 17 mai en 2027)
Lundi de Pentecôte Perd son caractère de jour de repos en 2004.

Avant la réforme liturgique de l'Église catholique, il s'agissait d'un jour dans l'octave de la Pentecôte. Depuis 2018, les catholiques célèbrent la fête de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l'Église.

10 juin Abolition de l'esclavage Dans le département de la Guyane uniquement.
29 juinFête de l'autonomie Fête spécifique à la Polynésie française, commémorant l'autonomie mais aussi le don de la souveraineté sur les îles de la couronne de Tahiti à la France en 1880 par le roi Pōmare V.
14 juilletFête nationale Commémoration de la Fête de la Fédération du (elle-même anniversaire de la prise de la Bastille en 1789).
21 juilletFête de Victor Schœlcher Commémoration de la naissance (en fait le ) du député Victor Schœlcher, qui fut à l'origine de l'abolition de l'esclavage, spécifique à la Guadeloupe et à la Martinique.
29 juilletFête du territoire Fête civile spécifique à Wallis-et-Futuna commémorant le passage de cette collectivité au statut de territoire d'outre-mer par la loi du .
15 aoûtAssomption Fête catholique célébrant la montée de la Vierge Marie aux cieux.
24 septembreFête de la citoyenneté Fête civile spécifique à la Nouvelle-Calédonie commémorant la prise de possession par la France de ce territoire en 1853.
9 octobre Abolition de l'esclavage À Saint-Barthélemy uniquement.
1er novembre ToussaintFête de tous les saints de l'Église catholique.
11 novembre Armistice de 1918 Commémoration de l'armistice mettant fin à la Première Guerre mondiale.
20 décembreAbolition de l'esclavageJour férié supplémentaire spécifique au département de La Réunion. depuis 1981
25 décembreNoëlFête chrétienne célébrant la naissance de Jésus de Nazareth.
26 décembreSaint-Étienne
(premier martyr)
Jour férié supplémentaire spécifique aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.
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Tableau récapitulatif simplifié

Fêtes légales (France) Dates de 2023 Dates de 2024 Dates de 2025 Dates de 2026
Jour de l'an Dimanche 1er janvier Lundi 1er janvier Mercredi 1er janvier Jeudi 1er janvier
Lundi de Pâques Lundi 10 avril Lundi 1er avril Lundi 21 avril Lundi 6 avril
Fête du Travail Lundi 1er mai Mercredi 1er mai Jeudi 1er mai Vendredi 1er mai
Fête de la Victoire Lundi 8 mai Mercredi 8 mai Jeudi 8 mai Vendredi 8 mai
Jeudi de l'Ascension Jeudi 18 mai Jeudi 9 mai Jeudi 29 mai Jeudi 14 mai
Lundi de Pentecôte Lundi 29 mai Lundi 20 mai Lundi 9 juin Lundi 25 mai
Fête nationale Vendredi 14 juillet Dimanche 14 juillet Lundi 14 juillet Mardi 14 juillet
Assomption Mardi 15 août Jeudi 15 août Vendredi 15 août Samedi 15 août
Toussaint Mercredi 1er novembre Vendredi 1er novembre Samedi 1er novembre Dimanche 1er novembre
Armistice Samedi 11 novembre Lundi 11 novembre Mardi 11 novembre Mercredi 11 novembre
Noël Lundi 25 décembre Mercredi 25 décembre Jeudi 25 décembre Vendredi 25 décembre
Fêtes légales (Alsace-Moselle) Dates de 2023 Dates de 2024 Dates de 2025 Dates de 2026
Vendredi saint Vendredi 7 avril Vendredi 29 mars Vendredi 18 avril Vendredi 3 avril
Saint-Étienne Mardi 26 décembre Jeudi 26 décembre Vendredi 26 décembre Samedi 26 décembre

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

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