Juan Cerezo de Salamanca
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Juan Cerezo de Salamanca, mort à Nalfotan, Malaueg (aujourd'hui Poblacion, Rizal, Cagayan en 1635, est un gouverneur espagnol des Philippines, par intérim.
Il est gouverneur du au [1].
Rapport du 14 août 1633
Serezo de Salamanca est nommé gouverneur par intérim des Philippines par le vice-roi de la Nouvelle-Espagne, Rodrigo Pacheco y Osorio, marquis de Cerralvo, en remplacement de Juan Niño de Tabora, mort en fonction le . Cerezo quitte Acapulco le et arrive aux Philippines le . Le calme ne permet pas à son vaisseau amiral d'atteindre Cavite, près de Manille. Au lieu de cela, le nouveau gouverneur débarque à Mindoro et est transporté vers la capitale par un navire à rames. Il arrive à Manille et prend possession du gouvernement le [1].
Bien que les Philippines fassent juridiquement partie de la Nouvelle-Espagne, cette colonie n'exerce alors pas de contrôle direct sur le territoire. Cerezo est nommé par la Nouvelle-Espagne, mais il relève directement du roi Philippe IV. Le gouverneur envoie son premier rapport le , moins de deux semaines après sa prise de fonctions. Ce rapport se compose de trois lettres portant sur différents sujets, et contient notamment les informations suivantes :
L'armée espagnole aux Philippines compte 19 compagnies. Six d'entre elles sont en garnison à Manille et une autre au fort de Cavite. Six sont stationnées à Ternate aux Moluques et trois à Formose (Taïwan). Les îles d'Oton, de Cebu et de Caraga disposent chacune d'une compagnie. Une compagnie de volontaires est également stationnée à Cebu. Les Philippines, qui font partie de la colonie de Nouvelle-Espagne, s'étendent du nord de Formose aux Moluques, dans l'actuelle Indonésie orientale.
Cerezo signale que le commerce autrefois établi entre les Philippines et la Chine a été largement supplanté par celui des Portugais à Macao. Ces derniers acheminent ensuite les marchandises chinoises à Manille pour les revendre. Cerezo recommande d'interdire cette pratique aux Portugais afin de rétablir, au moins partiellement, le commerce direct avec la Chine (malgré l'alliance entre le Portugal et l'Espagne, Philippe IV régnant alors sur les deux pays).
Cerezo mentionne également le visiteur royal Francisco de Rojas, qui est au milieu d'une tournée d'inspection de deux ans (1632-1633) aux Philippines. Entre autres choses, Rojas a suspendu deux des quatre oidores (juges) de l'Audiencia.
Le trésor public est encore endetté à hauteur de 88 800 pesos envers les habitants de Manille. Cerezo compte rembourser ces emprunts grâce à l'aide qu'il a apportée de Nouvelle-Espagne.
La persécution des chrétiens se poursuit au Japon. Cerezo rapporte que, bien que le roi a interdit aux prêtres d'entrer au Japon, cet édit est très difficile à appliquer en raison de leur zèle à convertir le pays[1].
Événements jusqu'au rapport du 10 août 1634
Un rapport de 1634, rédigé par un auteur anonyme, relate la situation des chrétiens au Japon. L'empereur, atteint de la lèpre, aurait été témoin de deux signes qui l'auraient conduit à faire transférer des prêtres chrétiens de prison à sa cour. Il s'entretiendrait avec eux et leur demanderait de prier leur dieu pour sa guérison. Les prêtres acceptèrent.
Cerezo envoie son deuxième rapport annuel au roi le . Dans ce document, il signale l'arrestation de trois hauts fonctionnaires du Trésor à Manille. Ces derniers ont refusé d'appliquer les nouvelles réglementations édictées par le récent inspecteur royal, Francisco de Rojas, et ont fait appel auprès de l'Espagne. Entre-temps, ils ont refusé de les faire respecter. Cerezo les fait arrêter pour les contraindre à s'y conformer. Le gouverneur signale néanmoins que certaines de ces nouvelles réglementations sont inapplicables.
Quatre compagnies de soldats supplémentaires ont été envoyées aux Philippines par le vice-roi de Nouvelle-Espagne. Craignant d'éventuels troubles de la part des Hollandais, Cerezo ordonne des réparations sur les remparts du côté terrestre de Manille. Ces travaux sont effectués sans fonds publics. La communauté chinoise (située hors des remparts) est incitée, par divers moyens, à verser 40 000 pesos prélevés sur sa caisse commune.
Les navires de ravitaillement pour Ternate en provenance de Manille (deux galions) ont engagé un galion hollandais qui tente d'empêcher leur arrivée, mais le navire hollandais est vaincu.
Une quasi-révolte éclate à Ternate, provoquée par un prêtre qui a interdit le « crime contre nature » et ordonné aux soldats espagnols qui s'y sont adonnés de demander l'absolution. Le gouverneur de Ternate, Pedro de Heredia, fait arrêter 150 personnes, dont onze sont brûlées vives et étranglées. D'autres meurent en prison. Les 40 survivants sont renvoyés à Manille au retour des navires de ravitaillement. Le gouverneur Cerezo déclare que, bien que les accusations portées contre eux sont insuffisamment étayées, le risque de contaminer le reste de l'armée justifie une punition très sévère[1].
Après le rapport de 1634
En 1635, les Jésuites demandent à Cerezo de déployer des troupes à Zamboanga afin de protéger les missionnaires et les chrétiens naviguant dans les mers environnantes. Le gouverneur accède à leur requête[2]. Cerezo entreprend la construction de la grande forteresse, la Fuerza de San José, le à Zamboanga, sur la péninsule du même nom. Ce fort est destiné à contrer les attaques incessantes des pirates moros[3] venus de Mindanao et de Sulu contre les Espagnols des Visayas et de Luçon. Il ambitionne également de conquérir Mindanao et Jolo[4].
Cerezo exerce les fonctions de gouverneur jusqu'au . Il meurt à Nalfotan, Malaueg (aujourd'hui Poblacion, Rizal, Cagayan) et est enterré sur la place de l'atrium du couvent de l'église de Malaueg.
Notes et références
- 1 2 3 4 E. H. Blair, J. A. Robertson, The Philippine Islands, 1493-1803, The Arthur H. Clark Company, Cleveland, 1903, vol. 24, p. 286.
- ↑ (en) Philippines Division of Ethnology, Division of Ethnology Publications, Bureau of Printing, (lire en ligne), p. 176
- ↑ (en) William P Winson, Official handbook of the Philippines, (lire en ligne), p. 174
- ↑ (en) David P. Barrows, A History of the Philippines, Laxmi Publisher, (lire en ligne), p. 140