Juan Sánchez Cotán
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Juan Sánchez Cotán, né à Orgaz (Tolède) le et mort à Grenade le , est un peintre espagnol du Siècle d'or, le premier de son pays dont on conserve des natures mortes[1].
Sánchez Cotán se forme à Tolède auprès de Blas de Prado[2]. Il mène une existence confortable dans la cité castillane, où il fréquente Le Greco[1] et s'assure une importante clientèle. Il réalise des portraits[3], des commandes pour les églises de Tolède et ses environs (Carmena, San Pablo de los Montes, Alcázar de San Juan, etc.[4]), et à partir de 1600 les natures mortes qui l'ont rendu célèbre.
Sans raison connue, alors qu'il est déjà quadragénaire, il décide en 1604 de se retirer comme frère convers à la Chartreuse de Grenade, l'un des ordres religieux les plus stricts. Il peint un cycle de fresques pour le monastère, où il meurt en . Ses premiers biographes l'ont entouré d'un halo de sainteté, évoquant même une apparition mariale[1].
Œuvre
Peintures religieuses
Les sujets religieux forment l'essentiel de son travail, qu'il s'agisse de tableaux de chevalet ou des fresques de la chartreuse de Grenade. Son style, doux et frais, mais archaïque et naïf[2], est influencé par le maniérisme tardif des artistes de l'Escurial, notamment Juan Fernández Navarette et Luca Cambiaso[4]. On en trouve d'assez nombreux exemples dans les musées de Castille et Grenade, par exemple L'Imposition de la chasuble à saint Ildefonse de Tolède (1600) au Musée du Prado[5].
C'est vers 1615 qu'il semble atteindre son apogée, lorsque Cotán peint pour le cloître de la chartreuse de Grenade un cycle de huit grandes " histoires " (fondation de l'ordre par saint Bruno, persécution des religieux d'Angleterre par les protestants). Il décore également la salle capitulaire, le réfectoire, plusieurs chapelles (Cène, épisodes de la Passion, Immaculées) et peint pour les cellules des religieux des images de la Vierge avec des guirlandes de fleurs, des paysages verdoyants peuplés de solitaires. Partagées aujourd'hui entre la chartreuse et le musée des Beaux-Arts de Grenade, ces compositions, d'un archaïsme évident, témoignent aussi d'un vif intérêt pour les problèmes d'éclairage et de traitement des volumes[6].
- Diverses
- Le Christ portant la croix, vers 1603, Chartreuse de Grenade.
- Crucifixion de Jésus, vers 1603, Chartreuse de Grenade.
- Immaculée Conception, vers 1603, Chartreuse de Grenade.
- Fuite en Égypte, vers 1603, Chartreuse de Grenade.
- Les Chartreux construisent le premier monastère de Santa Maria de las Cuevas, vers 1603, Chartreuse de Grenade.
- La vision de Saint François d'Assise, 1620, Sacristie principale, Cathédrale Notre-Dame-du-Siège de Séville.
Natures mortes
Il est essentiellement célèbre pour ses neuf bodegones d'une qualité exceptionnelle[2], tous datés d'entre 1600 et 1604, c'est-à-dire peu avant son entrée au couvent[7]. Il s'est peut-être inspiré de ceux de son maître Blas de Prado, considéré comme le premier peintre du genre en Espagne mais dont on n'en conserve aucun[4]. Ces œuvres se caractérisent par leur réalisme proche du trompe-l'œil, leur dépouillement (le fond est systématiquement noir) mais aussi leur rythme presque musical[2], du fait de la distribution géométrique et des ombres des différents éléments.
Les critiques – Emilio Orozco Díaz (es) – ont donné à l’austérité de ses compositions et leur sobriété, comme par la suite de Zurbarán, un sens mystique, tout en insistant sur leur distance avec les « natures mortes opulentes » de la peinture flamande, soulignant leur caractère « unique dans le contexte européen, établissant un parallèle avec la littérature espagnole ascétique du siècle d’or »[8].
En revanche – Julián Gállego – tout en récupérant le langage allégorique des fleurs et des fruits[9], oppose la simplicité présumée de ces natures mortes à la valeur que ces viandes et fruits avaient en son temps et qui pourraient être considérés comme d’authentiques friandises, rappelant que Guzman de Alfarache avait « eu l'eau à la bouche » devant le tableau de « Monseigneur l’Illustre cardinal », son maître romain :
« Il y avait la poire bergamote d’Aranjuez, la prune de ginovisca, le melon de Grenade, le citron de Séville, l’orange et le pamplemousse de Plasencia, le citron de Murcie, le concombre de Valence, les cannes îles, les aubergines de Tolède, les abricots d’Aragon, la pomme de terre de Málaga. Il y avait de la pomme, carotte, citrouille, confitures de mille façons et encore un nombre infini de différences qui me rendirent l'esprit agité et l’âme inquiète[10],[11]. »
- Diverses
- Nature morte au gibier, Légumes et Fruits, 1601, Art Institute of Chicago.
- Coing, Chou, Melon et Concombre, vers 1602, Musée d'Art de San Diego.
- Fleurs, légumes et panier de cerises, œuvre attribuée, collection particulière.
- Fenêtre, Fruits et Légumes, collection Abellỏ, Madrid, vers 1602.
- Cardon et Carottes, vers 1603, Musée des Beaux-Arts de Grenade[12].