Juana Agripina
Afro-Puertoricaine esclavagisée
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Juana Agripina, née dans les années 1830 sur la côte sud-ouest de Puerto Rico, est une travailleuse agricole esclavagisée. En 1865 et 1866, elle tente d'obtenir sa liberté auprès de la justice coloniale espagnole, en vain.
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Biographie
La date et le lieu de naissance de Juana Agripina, dont la mère était aussi réduite en esclavage, ne sont pas connus. Selon les documents des procès de 1865 et 1866, un homme du nom de Vicente Martini aurait donné Juana Agripina, alors âgée d'un an et demi, à une colon célibataire appelée Laura Morales, native de Galice. Selon le témoignage de Juana Agripina, elle aurait réussi à acheter à Morales une lettre d'affranchissement douze ans plus tard[1]. Morales lui aurait ensuite demandé de l'accompagner en voyage à Caracas et à Saint-Domingue pendant deux ans. À leur retour, Agripina, alors âgée de 14 ans, aurait été prise pour concubine par un certain Celedonio López à San Germán pendant six mois. López l'a ensuite revendue en esclavage malgré sa lettre d'affranchissement, à un dénommé José Ymaldi, de Yauco[2].
Plus tard, Agripina passe aux mains d'un Français alphabétisé, Pablo Niuri, âgé d'une soixantaine d'années dans les années 1860, planteur à Guayanilla. Le , Juana Agripina dépose un recours auprès du Síndico Procurador (en) de la municipalité de Ponce, Joaquín Dapena. Elle tente de faire témoigner Vicente Martini, mais celui-ci déclare ne pas se souvenir d'elle en détail. Celedonio López, en revanche, comparait pour attester que Laura Morales aurait bien accordé à Juana Agripina une lettre d'affranchissement. Le syndic dit défenseur des esclaves fait abandonner les poursuites pour des raisons inconnues. Agripina est rendue à Niuri, mais s'enfuit et passe quatre jours en prison en [2]. Les membres du conseil municipal la renvoient à Niuri avec une lettre lui rappelant le règlement sur les châtiments corporels[3].
En , Agripina rapporte que Niuri l'a envoyée à ses champs de canne à sucre et que son contremaître (mayoral) lui a imposé une chaine extraordinairement lourde pour la punir d'avoir agi en justice. Le corregidor inflige une amende de 50 pesos à Niuri et demande qu'Agripina aille temporairement travailler dans une autre hacienda. Niuri fait appel de la décision. La dernière trace écrite sur la vie d'Agripina date de et laisse entendre que ses demandes de liberté sont définitivement écartées[2].