courant du judaïsme
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Le judaïsme orthodoxe est la mouvance juive qui recouvre les croyances et pratiques des juifs préférant des changements minimaux aux interprétations halakhiques – établies au cours des siècles – de la loi écrite et de la loi orale (Torah SheBe'al Pe), transmises à Moïse au mont Sinaï.
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Il considère ses conceptions religieuses et le mode de vie qu'il promeut comme authenticité, et rejette certaines traditions interprétatives des autres courants, perçus comme éloignés d'un «judaïsme originel» auquel lui se rapporterait[1].
Le judaïsme orthodoxe se base sur la fidélité à une chaîne de transmission de la Halakha centrée sur la croyance en une ligne traçable directe remontant à Moïse suivie par les rédacteurs du Talmud et les commentateurs ultérieurs. Les tenants de cette conception ne considèrent comme juif orthodoxe que la personne qui adopte une conduite visible suivant le corpus des règles établies par la tradition orale, le Talmud et la Halakha.
La Halakha a été codifiée dans des codes de lois faisant autorité pour les générations futures. Le corpus orthodoxe comprend non exhaustivement le Rambam (Maïmonide) qui écrivit un code de Lois appelé Michné Torah, qui fut, avec les œuvres du Roch (Rabbénou Acher) et du Rif (Rabbi Itzhak Elfassi), un des piliers du Choulkhan Aroukh. Le Choulkhan Aroukh, écrit par Rabbi Yosef Caro au XVIesiècle, marque pour le judaisme orthodoxe un jalon définis comme difficilement dépassable dans l'élaboration de la halakha. En effet, après le Choulkhan Aroukh, le judaisme orthodoxe considère difficile de continuer la prise de décisions et l'enrichissement d'interprétation du corpus car il est vu comme une des synthèses ultimes en matière de halakha. Difficile ne veut pas dire impossible: il existe de nombreux cas dans lesquels des maîtres de la Tradition juive (Gaon de Vilna, Hafets Haim) ont tranché différemment du Choulkhan Aroukh et restent suivis par l'orthodoxie.
Le judaïsme orthodoxe met l'accent sur l'adhésion à la Torah à la Halakha (la Loi) et au respect des traditions établies avant la Haskala (lumières juives). Un juif orthodoxe s'attache à cette chaîne de transmission de la halakha culminant au Choulkhan Aroukh, à la différence du mouvement libéral (qui ne retiens pas la plupart des pratiques halakhiques rituelles comme obligatoire ou normatives dans la construction de son mouvement) et des Massorti (qui reconnaît l’autorité de la Halakha tout en autorisant la continuation de son interprétation, y compris post-choulkhan aroukh, à partir des sources talmudiques et de la tradition rabbinique, afin d’adapter la pratique à ce qu'il perçoit comme les besoins des juifs.). Le mouvement orthodoxe considère souvent comme infondées les décisions prises par d'autres courants, les conversions au judaïsme que ceux-ci réalisent et l'ordinations de certains rabbins, en particulier si ces derniers ne sont pas des hommes hétérosexuels.
Si le respect dû à la Halakha est primordial pour les orthodoxes, le monde juif orthodoxe est varié, et porte des points de vus divers en fonction de l'importance donnée à la vie communautaire, aux études profanes et religieuses ou à l'importance de la terre d'Israël. Les Hassidim, les sionistes-religieux, les Juifs orthodoxes modernes aux États-Unis ou les Haredim en Israël sont autant de mouvances au sein de l'orthodoxie. Le qualificatif d'«orthodoxe», qui lui a été attribué au XIXesiècle par des Juifs réformés, est accepté, voire revendiqué, par une partie d'entre eux, alors que d'autres le rejettent totalement[réf.nécessaire]. Ceux-là préfèrent être nommés Haredi.
Origines de l'orthodoxie juive
Au XIXesiècle vivait en Allemagne une importante population juive tenue à l'écart de la société chrétienne par les restrictions légales dues à l'intolérance religieuse. L'apparition, particulièrement avec le gouvernement de Bismarck, de réformes tendant à diminuer le pouvoir des Églises et à émanciper les Juifs, entraîna en leur sein la création d'un nouveau mouvement voulant concilier identité juive et émancipation totale du Juif au sein de la société: il s'agit du judaïsme réformé. Le judaïsme traditionnel, tel qu'il continuait d'être vécu en Pologne, en Russie ou même en Afrique du Nord a été appelé à partir de cette date «judaïsme orthodoxe».
Certains accueillirent avec joie la possibilité de faire partie en tant que Juifs de la société et préconisèrent des modes de vie proches de ceux des non-juifs, tout en pratiquant leur religion en privé, idéal exprimé par Yehuda Leib Gordon(en): «être Juif chez soi et mentsch (être humain) dans le monde». Certains adoptèrent également des attitudes théologiques divergentes de celles des communautés traditionnelles: conception de la halakha comme intrinsèquement dynamique, susceptible de nouvelles interprétations répondant aux nouveaux contextes socioculturels dans le mouvement Massorti, ou même opinion que la loi juive n'était pas automatiquement contraignante et que seuls les Mitzvot (commandements) moraux étaient obligatoires, et non les rituels comme dans le mouvement libéraux réformé).
D'autres, au contraire, considérant que l'émancipation devait être gérée avec la plus grande prudence afin de ne pas perdre la substantifique moëlle de leur religion, réagirent en appelant leurs coreligionnaires à conserver leurs conceptions religieuses et à ne pas céder aux sirènes de la modernité. Le leader de cette position fut le rabbin Samson Raphael Hirsch qui préconisait le respect des Mitzvot (commandements), l'étude de la Torah et du Talmud, associés à l'étude de l'histoire et de la philosophie moderne et un degré limité de relations avec le monde extérieur. Ce courant, dit néo-orthodoxe ou de l'École de Francfort engendra ce qu'on appelle souvent aujourd'hui «l'orthodoxie moderne». Ce courant participa à la création du parti Agoudat Israel, avant de s'en éloigner entre les deux guerres mondiales. Il s'est depuis assez largement rallié au sionisme.
En dehors même de l'Allemagne, ce débat entre tradition religieuse juive et modernité eut lieu également avec quelques différences. Ainsi, l'intégration dans les sociétés de la zone de résidence, aux confins de la Pologne et de la Russie, était-elle difficile: l'aversion anti-juive y était puissante. Les intégrationnistes décidèrent donc de participer à changer ces sociétés en s'engageant dans les oppositions politiques locales (en particulier de gauche). Ceux qui souhaitaient la modernisation de la société juive et qui ne croyaient pas à l'assimilation choisirent le nationalisme juif à travers le Bund[réf.nécessaire] ou le sionisme. Ces deux attitudes, intégrationniste et nationaliste, allaient en général de pair avec un rejet de tout ou partie des coutumes et des pratiques religieuses traditionnelles. Les traditionalistes (orthodoxes) considéraient que ce rejet était une révolte contre Dieu.
Le judaïsme traditionnel, appelé «orthodoxe» dans le monde ashkénaze, déjà morcelé au XIXesiècle, a continué d'évoluer avec certaines différences régionales. Il s'est fragmenté en deux grands ensembles (eux-mêmes composites).
Ceux qui refusent toute intégration aux sociétés laïques (même juive en Israël) sont appelés les Haredim, ou Ultra-Orthodoxes.
Ceux qui l'acceptent, tout en restant partisans d'une stricte application des lois juives, sont simplement appelés les Orthodoxes.
aux États-Unis s'est développé un courant orthodoxe moderne dont l'approche conciliant tradition et ouverture au monde est une idéologie;
d’une façon moins structurée, beaucoup de Juifs tiennent à rester strictement pratiquants sans se couper du monde moderne; on peut situer ici le judaïsme français.
Cette institution avait pour objectif d’organiser le culte juif, de représenter les communautés auprès de l’État et de favoriser l’intégration des Juifs dans la société française, dans le cadre du processus d’émancipation initié par la Révolution française.
Le système consistorial s’inscrivait dans une logique concordataire visant à encadrer les cultes reconnus. Inspiré, dans son organisation administrative, du modèle institutionnel chrétien, il reposait sur:
une centralisation du culte;
l’autorité du rabbinat, incarnée notamment par le Grand Rabbin de France;
l’adhésion à la Halakha comme norme religieuse de référence.
Ce modèle donna naissance au fil de son existence (il était au début perçu comme trop moderne, libéral ou réformateur) à une forme spécifique d’orthodoxie, souvent qualifiée d’orthodoxie consistoriale, caractérisée par son attachement à la tradition rabbinique de ses premiers représentants et son intégration dans le cadre républicain et laïque français.
Contrairement à l’Allemagne et aux États-Unis, où les mouvements réformé et conservateur se développèrent de manière autonome au XIXᵉ siècle, la France conserve encore aujourd'hui un modèle centralisé et relativement unitaire.
Transformations sociologiques contemporaines
L’impact des migrations nord-africaines
L’arrivée massive des Juifs d’Afrique du Nord entre les années 1950 et 1970 a profondément remodelé le judaïsme français qui avait perdu lors de la Shoah une grande partie de sa population ashkénaze. Ce phénomène migratoire a renforcé l’attachement à certaines pratiques traditionnelles et consolidé la centralité de l’orthodoxie du consistoire, de plus en plus sépharade.
Diversification interne
Le paysage orthodoxe français comprend aujourd’hui plusieurs sensibilités:
l’orthodoxie consistoriale;
le courant haredi, influencé par le modèle israélien;
les mouvements hassidiques, en particulier Habad-Loubavitch;
une orthodoxie moderne influencée par les modèles anglo-saxons et israéliens.
Enjeux de reconnaissances et de définitions
Dans le contexte français, l’affiliation à l’orthodoxie consistoriale revêt souvent une dimension à la fois identitaire et institutionnelle. Certains fidèles se reconnaissent dans ce cadre sans en observer l’ensemble des prescriptions halakhiques, en raison du rôle du Consistoire dans l’organisation du culte et la reconnaissance du statut personnel. Cette affiliation répond notamment au souhait de pouvoir contracter un mariage religieux perçu comme le seul officiel permettant d’identifier les enfants issus de l'union comme juif par les autorités rabbiniques consistoriales. Cette reconnaissance exclusive par le consistoire n'est en réalité perçue que dans le cadre historiquement institutionnel français, y compris du point de vue des instances de l’orthodoxie mondiale non française. Héritier de l’organisation concordataire instaurée sous Napoléon Ier, le Consistoire conserve auprès des français une aura de légitimité historique qui lui confère une forme d’autorité normative au sein du judaïsme français.
Ce modèle suscite des appréciations contrastées: pour les uns, il incarne un particularisme français riche et structurant; pour les autres, il présente des limites quant à son adéquation avec les cadres épistémologiques traditionnels du judaïsme et à son ouverture au pluralisme du judaïsme français. À titre de comparaison, le Royaume-Uni se caractérise par un dialogue plus institutionnalisé entre les différentes mouvances du judaïsme, illustrant un pluralisme intrareligieux plus structuré et permettant notamment la mise en commun de ressources dans le cadre d’initiatives sociales et de cohésion communautaire à l’échelle nationale.
Parmi l'orthodoxie religieuse juive se sont progressivement distinguées deux branches: les orthodoxes et les ultra-orthodoxes.
Les sociologues israéliens font souvent une distinction entre les Juifs laïques (peu intéressés par la religion et pas forcément anti-religieux), les traditionalistes (pratique religieuse partielle), les orthodoxes (pratique religieuse stricte, avec immersion dans le monde moderne) et les ultra-orthodoxes, ou Haredim, ou craignant-dieu (pratique religieuse stricte, large refus de la modernité, volonté de séparatisme social fort: vêtements spécifiques, quartiers spécifiques, institutions religieuses spécifiques).
Les Haredim ne se définissent pas eux-mêmes comme des ultra-orthodoxes, mais comme des juifs Haredim («les trembleurs», au sens de «ceux qui tremblent devant Dieu», ou «les Craignants-Dieu»). Les orthodoxes et les Haredim ne diffèrent pas d'un point de vue théologique, mais dans leur mode de vie et leurs orientations politiques. Vers le début du XXesiècle, la distinction entre juifs orthodoxes «modernes» (vivant dans le monde moderne) et juifs ultra-orthodoxes «Haredim» (refusant de s'y mêler) s'est progressivement affirmée. L'idéal des Haredim, proches des premiers orthodoxes, reste une vie juive centrée sur les rabbins, refusant beaucoup d'aspects du monde moderne (la télévision est particulièrement rejetée), regroupée dans des quartiers séparés, tant des non-juifs que des autres Juifs. Physiquement, leurs vêtements (les «hommes en noir» ou les «chapeaux noirs») les font remarquer facilement.
Ce n'est pas véritablement le modernisme qui est rejeté par les haredim, mais plutôt et principalement les modes passagères. La population haredi est très consommatrice d'outils pratiques et aidant leur pratique religieuse (téléphones portables, lecteurs MP3).
La télévision est rejetée, pour la même raison qu'elle l'est par certaines familles non orthodoxes ou même non juives: davantage à cause de ses programmes que par le fait qu'elle soit un outil nouveau et moderne. Comparés aux autres orthodoxes, les Haredim ont donc pour spécificités:
le séparatisme social (écoles spécifiques, magasins spécifiques), géographique (quartiers séparés, parfois physiquement fermés pendant le Shabbat) et vestimentaire, même vis-à-vis des autres juifs;
une religiosité extrêmement poussée. En Israël, les financements d'État des yeshivot et, principalement, l'aide financière provenant de donateurs privés permettent à une forte proportion de Haredim (chez les hommes) d'étudier le Talmud toute leur vie, sans travail salarié. Ces allocations arrivent très rarement à dépasser les 500 dollars par mois. Dans ces cas là, la femme apporte souvent son aide en travaillant elle-même. De plus, les dépenses de ces foyers sont plus que limitées par leur mode de vie malgré leur grand nombre d'enfants;
un rapport allant d'une hostilité viscérale (très minoritaire) à une vision positive (également minoritaire), en passant par une neutralité intéressée et critique (majoritaire) vis-à-vis du sionisme. Ce qui en fait une exception dans le paysage politique juif.
La non-homogénéité de l'ensemble orthodoxe admet des variations entre groupes ou individus. Ce qui suit est un aperçu des principales divergences théologiques avec les non-orthodoxes et des modes de vie souvent, mais pas toujours, associés à ce choix religieux.
Théologie
À Méa Shéarim à Jérusalem, des enfants ultra-orthodoxes se cachent le visage pour ne pas être photographiés (1983)La Torah et la loi orale du Talmud sont indissociables et divines, directement dictées par Dieu, au mont Sinaï, à Moïse qui les a transcrites; elles ne peuvent être changées pour convenir aux circonstances.
Dieu a fait avec les enfants d'Israël une alliance exclusive qui leur impose l'observance de la Torah et de la loi orale qui l'accompagne; il est donc nécessaire d'observer la halakha telle qu'elle est exprimée dans le Choulhan Aroukh car elle est l'expression de la volonté divine. Les Séfarades se basent directement sur le Choulhan Aroukh; les Ashkénazes utilisent son commentaire, le Ramah, écrit par Rabbi Moses Isserles et le plus récent Mishnah Berurah (commentaire du Orah Hayim) composé avant la Seconde Guerre mondiale par Rabbi Meir Hacohen (Kagan) le Hafetz Haïm, l'un des mouvements hassidiques (HaBaD Loubavith) dispose également de son propre Choulhan-aroukh écrit par le Admour hazaken bien connue sous le nom de Baal Ha-tanya (auteur du Tanya).
L'interprétation des phénomènes du monde présent et l'attitude à adopter vis-à-vis de ce monde doivent être définies par les rabbins chefs de la communauté et les posqim, spécialistes en législation talmudique et littérature rabbinique. Tout croyant doit se plier à leur interprétation.
L'étude du Talmud est une mitsva (commandement) pour les hommes. Les yeshivot (écoles talmudiques) sont donc une structure indissociable de la vie orthodoxe. L'étude critique du Talmud est parfois admise (orthodoxes modernes). La conception conservatrice de la loi juive n'encourage pas l'élaboration de nouvelles législations.
Modes de vie
Il y règne une certaine diversité. Certaines communautés vivent dans un isolement extrême où télévision, Internet, journaux et livres extérieurs sont interdits. Les enfants et les jeunes sont maintenus dans le circuit de l'enseignement religieux, alors que d'autres vivent dans le monde profane. Les relations aux nouvelles technologies vont de la méfiance à l'acceptation aisée encadrée si besoin par des règles halachiques adaptées.
Les orthodoxes estiment tous que leur conception de la religion juive est la seule correcte et déclarent que les mouvements réformé et massorti ne respectent pas le judaïsme. Les attitudes varient de l'évitement total à la fréquentation. Chabad et d'autres institutions de rapprochement kirouv (par exemple, Aish Hatorah) organisent des évènements ou structures accueillant les non-religieux dans un but de les rapprocher du judaïsme (célébrations communes de Shabbat, jardins d'enfants, etc.), tout en respectant à 100% les règles de la halakha.
Juifs du quartier orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem avec un homme portant le streimel (1978)
Les codes vestimentaires imposent pour les deux sexes que bras et jambes soient recouverts ainsi que le port d'un couvre-chef (appelé yarmulke ou kippa chez les hommes). Cependant, la forme exacte de ces vêtements et accessoires varie selon les communautés ou les traditions. Les hommes hassidim portent ainsi parfois une redingote à l'ancienne (bekeshes) et un chapeau typique bordé de fourrure (shtreimel) pour le Shabbat et jours de fête. Les femmes orthodoxes mariées peuvent porter un chapeau, un foulard ou une perruque (sheitel), à l'origine choix des dames ashkénazes qui considéraient le foulard trop paysan. Les hommes portent une barbe et adoptent parfois une coiffure spéciale qui encadre le visage de deux grandes mèches spiralées dites «papillottes» (payos ou péot), le reste des cheveux étant entièrement rasé ou bien coupé très court (selon les communautés), afin de respecter scrupuleusement la loi de la Torah qui interdit de raser les coins de la chevelure et de la barbe, conformément au Lévitique[2].
Pendant les services, hommes et femmes sont séparés par une cloison (mekhitsa). Sur le plan de la vie religieuse, les orthodoxes ne suivent pas le mouvement d'égalitarisme car ils le considèrent contraire à la loi juive, alors que d'autres courants ont changé suivant l'époque permettant aux femmes d'accéder aux cérémonies et activités traditionnellement réservées aux hommes: Bat Mitsvah publique à la synagogue, lectures de la Torah pendant le culte, participation aux groupes de prière (minian), femme rabbin. Les femmes dans les communautés orthodoxes ont encore beaucoup d'interdits à surmonter afin d'étudier certains textes sacrés, y compris le Talmud[3]. Néanmoins, on constate chez une partie des femmes orthodoxes une tendance croissante à s'investir dans des études religieuses. De plus en plus d'organismes proposent des cours destinés aux femmes. Le précurseur en la matière fut le Bais Yaakov fondé en 1917, par Sarah Schenirer. En Israël, des femmes haredis se lancent dans la Halakha (apprentissage de la loi). Des bat mitsvot sont organisées entre femmes, en dehors de la synagogue. En ayant accès à la connaissance des textes judaïques, plusieurs femmes orthodoxes ont commencé à interroger l'interprétation de ces textes concernant leur statut[4], ce qui fait changer les choses de l'intérieur. Ainsi, de plus en plus de juives orthodoxes participent-elles à la pratique des rituels religieux, même si elles ont encore beaucoup de difficultés à accéder à la direction des instances. Par exemple, il est exclu chez les orthodoxes que des femmes puissent devenir rabbins. En 2010, le rabbin orthodoxe new-yorkais Avi Weiss[5] a ordonné rabbin Sarah Hurwitz[6]. C'est la première femme à avoir été nommée rabbin officiellement à la tête d'une instance orthodoxe en Amérique du Nord. Le rabbin Weiss a essuyé les foudres de l'ensemble du judaïsme orthodoxe[7].
Les mariages se font souvent sur présentation (shiddou'h) et dans certains milieux la généalogie des époux est prise en compte. Néanmoins, certains s'organisent eux-mêmes pour trouver l'âme sœur et les célibataires orthodoxes modernes du quartier Upper West Side à New York seraient à l'origine du concept de speed dating.
Dans les communautés traditionnelles, les familles très nombreuses sont courantes. Parfois les hommes se consacrent essentiellement à l'étude du Talmud et de la Torah (par exemple dans les Kollel qui reçoivent spécifiquement les hommes mariés), tandis que leurs femmes doivent sortir travailler.
De nombreuses femmes orthodoxes[8] mènent des revendications en vue de faire changer la pratique concernant le divorce. Selon les orthodoxes, la demande de dissolution du mariage revient au conjoint masculin. Les femmes divorcées civilement ne peuvent pas se remarier religieusement tant que leur ancien époux ne leur a pas donné le guett, un acte écrit dans lequel l'homme divorce de sa femme. En l'absence de guett, les époux divorcés civilement sont toujours considérés comme mariés selon la tradition juive, même si les deux conjoints ne vivent plus ensemble. Dans ce cas, la femme ne pourra pas se remarier religieusement. Qui plus est, si elle demeure avec un autre homme (juif ou non), elle pourra être accusée d'adultère et les enfants nés de cette union seront considérés comme des illégitimes (mamzerim)[9]. En raison de l'importance que revêt le guett pour la femme, des hommes l'utilisent pour faire du chantage[10]. Afin de remédier à cette situation, ces femmes souhaitent que la pratique de signer une entente prénuptiale établissant que l'épouse pourra obtenir le guett si les circonstances l'exigent, déjà adoptée par bon nombre de couples, soit généralisée.
plusieurs témoignages troublants de femmes dans le quotidien Le Devoir du 24 avril 2010 Femmes et judaïsme - Des femmes veulent changer la loi juive concernant le divorce.
ces problèmes ont amené la fondation de la Canadian Coalition of Jewish for the Get afin de protéger les femmes juives orthodoxes, des nombreux abus dont elles sont victimes au Canada. En mars 1990, la Cour suprême du Canada a condamné un juif orthodoxe à payer des dommages et intérêts à son ex-épouse pour avoir refusé de respecter son engagement civil d'accorder un divorce religieux juif