À l'occasion du congrès du Kesk, il se présente le à la présidence du parti qu'occupe alors l'ex-Premier ministre Mari Kiviniemi, démissionnaire après les défaites successives de la formation centriste. Il l'emporte au second tour, par 1 251 voix contre 872, face au député Tuomo Puumala.
Premier ministre
Lors des élections législatives du , le Parti du centre se place en tête avec 21,1% des voix et obtient 49 députés sur 200. Sipilä est alors pressenti pour former le prochain gouvernement. Le , il est élu président de la Diète nationale par ses pairs députés.
Le gouvernement de Juha Sipilä doit lutter contre les mauvaises performances économiques de la Finlande[5], causées selon Paul Krugman et d'autres analystes par les contraintes de son appartenance à la zone euro et les répercussions de la crise de la dette européenne[6],[7], mais aussi par le déclin de l'industrie du papier, la chute de Nokia et une diminution des exportations en direction de la Russie[8],[9].
La coalition gouvernementale présente une feuille de route nettement pro-austérité, promettant une réduction des coûts de main-d'œuvre et de diminution de 10% des dépenses publiques. Cette politique a été controversée, en particulier les réductions des dépenses d'éducation considérées comme une menace pour le système d'éducation publique réussi de la Finlande[8],[4]. Ces mesures d'austérité ont été en partie mises en œuvre sous la pression de la Commission européenne, qui a exhorté la Finlande à améliorer son adhésion au Pacte de stabilité et de croissance et à réformer son marché du travail pour améliorer sa compétitivité[10]. Le , Sipilä annonce l'engagement de son gouvernement de réduire les coûts salariaux finlandais de 5% d'ici 2019, une décision causée par la perte de la Finlande de sa capacité à dévaluer sa monnaie pour stimuler sa compétitivité[11]. Pour ce faire, il prévoit une réduction des congés payés dans le secteur public, des baisses dans les compensations pour le paiement des heures supplémentaires et des arrêts maladie et une réduction de la durée des indemnisations chômage[12].
Le secteur de l'éducation est particulièrement touché. Les frais de scolarité pour les jardins d'enfants publics et les activités périscolaires augmentent, de même que le nombre d'élèves par classe, tandis que des dizaines d'écoles sont fermées. Le secteur universitaire est également touché par les fermetures et les fusions. Dans le même temps, les allocations de chômage et le soutien aux services de recherche d'emploi sont réduis. Des économies sont également réalisées sur le logement, les retraites et les prestations familiales. Le gouvernement Sipilä favorise également la décentralisation des négociations salariales en réduisant le pouvoir des syndicats, ce qui contribue à faire pression sur les salaires[4].
En , il modifie le code du travail dans l'objectif d'accroître la compétitivité des entreprises. Les salaires des fonctionnaires sont réduits pendant les jours de congés, les heures supplémentaires et le travail dominical seront moins payés et les cotisations sociales des salariés sont augmentées. En revanche, les cotisations patronales sont réduites[13].
Les réformes ont été impopulaires et conduisent en 2015 à la plus grande grève depuis 1986. En , des tracteurs d'agriculteurs venus de tout le pays ont envahi les rues d'Helsinki. En , une grève contre la réforme de l'assurance chômage a de nouveau paralysé le pays[4].
Il se marie en 1981 avec Minna-Maaria; cinq enfants naissent de cette union. Son plus jeune fils, Tuomo, décède le des suites d'une intervention chirurgicale, au cours de la campagne législative. Il a également quatre petits enfants et vit à Kempele, en Ostrobotnie du Nord. Il propose en d'héberger des migrants dans sa maison de campagne, afin de désaturer les centres d'asile. En , il renonce à cette proposition en invoquant des raisons de sécurité[15].