Jules Mousseron
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Jules Mousseron, né le à Denain (Nord) où il est mort le [1], est un poète français de langue picarde et mineur de fond à la Compagnie des mines d'Anzin. Il est particulièrement connu pour avoir créé le personnage de Cafougnette.

Jules Mousseron est né à Denain, au « coron Plat », dans une famille de mineurs ; il travaille lui-même à la mine dès l'âge de douze ans et un jour (le étant férié) comme galibot. Orphelin de père à 14 ans, il devient en surface marchand de bonbons pour subvenir aux besoins de la famille, tout en suivant des cours du soir pour s'instruire[2]. Lorsqu'il rencontre en 1886 Adélaïde Blottiaux, celle qui deviendra son épouse, il commence à écrire des vers pour elle, d'abord en français. Le couple aura trois filles[2]. Mais c'est en écrivant des textes en rouchi, sur les conseils de Julien Renard, connu en littérature sous le nom d'André Jurénil, qu'il présente dans les spectacles locaux qu'il commence à connaître un certain succès.
Il publie son premier recueil, Fleurs d'en bas, en 1897. Onze suivront, soit plus de 300 poèmes qui luivalent la reconniassance des milieux littéraires[2].
Il « crée »[note 1],[note 2] en 1899 le personnage de Cafougnette, qui prendra progressivement de l'importance dans son œuvre jusqu'à devenir le thème comique central. La notoriété de Jules Mousseron s'étend alors bien au-delà de la région, il va recevoir chez lui Jean Casimir-Perier, (président de la République de 1894 à 1895)[2]. Il reçoit les Palmes académiques en 1908, est fait Rosati d'honneur en 1924[2]. Il multiplie les spectacles, mais travaille toujours à la mine en tant que mineur de fond, et y restera jusqu'à sa retraite en 1926. Il met sa notoriété au service des plus déshérités, ses spectacles servant également à recueillir des fonds pour les plus déshérités[2].
Il cesse pratiquement d'écrire en 1933. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1936. Son dernier recueil paraît à titre posthume en 1946.
La ville de Denain, la ville « feumière » (association de feu et de fumée des usines travaillant l'acier) comme l'a surnommée Jules Mousseron, par opposition à Paris la Ville lumière[3], a matérialisé le personnage de Cafougnette en créant en 1950 un géant à son image.
Œuvres
- Fleurs d'en bas (1897)
- Croquis au charbon (1899)
- Feuillets noircis (1901)
- Coups de pic et Coups de plume (1904)
- Au pays des corons (1907)
- Les Boches au Pays Noir (ill. Lucien Jonas, 1919)[4]
- Éclats de gaillettes (1913)
- Jules Mousseron (ill. Lucien Jonas), La terre des Galibots : Poésies patoises, Lille, Valenciennes et Denain ou chez l'auteur 2 rue de Villars à Denain, , 147 p., Scènes du pays minier. - Les nouvelles prouesses de Cafougnette - Le voyage au long d'eune fosse -Glossaire du patois "rouchi".""
- Les Fougères noires (1926)
- Autour des Terris (1929)
- Mes Dernières Berlines (1933)
- Dans nos mines de charbon (1946)
- Monologues
- Cafougnette à Paris (1899)
- Souvenirs d'une excursion en Suisse (1907)
- Cafougnette à Ostende (1927)
- Cafougnette à Bonsecours (1930)
- Cafougnette garde-champêtre (1930)
- Cafougnette in aéroplane (1943)
- Pièces
- Brodequin sans talon
- Vieux mineur
Les filles de Jules Mousseron ont donné ses manuscrits, sa correspondance ainsi que des imprimés et coupures de presse le concernant à l'université de Valenciennes. Conservé entre 1984 et 2005 à la bibliothèque universitaire de Valenciennes, le fonds a depuis été confié à la bibliothèque municipale où il est en cours de numérisation[5]. Il reste la propriété de l'université de Valenciennes[6].
Hommages
- Jules Mousseron - Ma vie à l'fosse, bande dessinée d'Olivier Gilleron et Jerry Hulard, Le Téméraire, 1994 (ISBN 2-908703-27-0)
Décorations
- Légion d'honneur: Chevalier (1936)
- Ordre des Palmes Académiques: Chevalier (1908)