Jules Sion
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Jules Sion est un géographe français né le à Masny (Nord) et mort le à Montpellier[1].
Originaire d'Arras, il entre à l'École normale supérieure en 1899 [2] et obtient l'agrégation d'histoire-géographie en 1902. En 1907, il soutient sa thèse, consacrée aux paysans de la Normandie orientale. Il enseigne aux lycées de Laval et d'Angoulême puis est nommé maître de conférence à la faculté des lettres de Clermont-Ferrand. Il est nommé en 1910 à l'université de Montpellier ; il y reste pendant toute la suite de sa carrière, jusqu'à son décès en 1940[3]. Il est inhumé au cimetière protestant de Montpellier.
Portée de l'œuvre
Jules Sion est un disciple de Paul Vidal de la Blache avec notamment Albert Demangeon, Raoul Blanchard et Camille Vallaux. C'est le fondateur de l'école de géographie de Montpellier. Il excelle notamment à montrer à la fois l'unité et la diversité des territoires français où les campagnes occupaient alors l'essentiel de l'espace. Condisciple et ami de Lucien Febvre, J. Sion "offre l'exemple d'un géographe soucieux de situer la géographie parmi les sciences voisines" [4] et qui considère que la notion de déterminisme naturel n'est pas pertinente. Il n'hésite pas à s'attarder sur le contexte historique pour mieux éclairer le présent (plus du tiers de sa thèse étudier l'histoire). Comme Lucien Febvre, il considère que le géographe est possibiliste [5]. Ont été soulignés son « sens historique » et sa « finesse d'analyse »[6].
Asie des Moussons
Jules Sion a écrit le tome 9 de la Géographie Universelle publiée sous la direction de Paul Vidal de la Blache et Lucien Gallois : L'Asie des Moussons[7] (2 volumes) qui traite de l'Inde, la Chine, l'Indochine, l'Insulinde et le Japon). La publication a été retardée par la guerre car ses notes préparées pour ce projet furent brûlées lors des bombardements d'Arras (1914-1915)[8]. Les deux volumes de ce travail ont paru finalement en 1929. Ils contribuèrent au succès de cette grande publication[9]. C'était un tour de force car "sans avoir pu les visiter, par la force de la réflexion et de l'intuition géographique, J. Sion a su tirer de lectures immenses les éléments d'un tableau dont des connaisseurs ont pu dire qu'il évoquait la nature et les hommes avec une précision et une intelligence que bien peu de visiteurs auraient été capables de monter"[10].
Une thèse vidalienne sur la Normandie
Dans cette thèse l'auteur est très proche des historiens par ses méthodes de travail et très soucieux aussi des faits de culture[11].
Méditerranée
En poste à Montpellier, Jules Sion s'est intéressé aux pays méditerranéens et plus particulièrement à la géographie du sud de la France[12]. Son ouvrage a donné lieu à l'appréciation suivante: sous les images et les couleurs qu'il évoque en artiste... (il) nous donne le substratum solide qui fait l'originalité du pays[13].
Dans cet ouvrage[14], J. Sion se situe dans le courant vidalien (descriptions physiques et humaines très précises d'une région, etc.). Il innove cependant en accordant une place particulièrement importante à l'histoire, esquissant même une approche géopolitique de la France méditerranéenne dans son contexte (colonies).
