Julia Romera Yáñez est la fille de Matilde Yáñez Pérez et du mineur Francisco Romera Rodríguez. En 1918, à la suite de l'épidémie de grippe qui frappe la région de Murcie, ses parents meurent à trois jours d'intervalle. Orpheline, elle demeure, avec sa sœur María, chez ses grands-parents maternels à Carthagène, puis chez ses grands-parents paternels à Mazarrón[1].
En 1921, la province de Murcie est en pleine crise économique; la paralysie des mines, la sécheresse des champs et le manque de travail provoquent une émigration massive vers les zones industrialisées[2]. La famille Romera décidé d'émigrer à Santa Coloma de Gramanet, en Catalogne[3]. En 1930, à l'âge de 14 ans, Julia est ouvrière de textile aux Pañolerias Baró (Can Baró), où beaucoup d'ouvriers sont adhérents de la CNT[4],[5].
En 1931, la République espagnole est proclamée. La jeune Julia milite dans les années 1934-1935. Lors du déclenchement de la guerre d'Espagne, en , Julia est nommée secrétaire générale et trésorière du Secours rouge et responsable d'édition de la revue Aurora Libre[1].
Le , les troupes nationalistes envahissent Santa Coloma de Gramanet. De nombreux Républicains sont contraints à l'exil en France lors de l'épisode de la Retirada, mais Julia, devant notamment s'occuper de sa grand-mère malade, restent sur place et rejoint la résistance[1].
Julia rejoint l'UJA[6] (Union des jeunesses antifascistes), un groupe de jeunes résistants âgés de 15 à 23 ans, certains avec une expérience militaire comme Epifanio García Murcia et Joaquim Miquel. Ils n'acceptent pas la défaite et mettent en place la guérilla anti-franquiste[7].
La répression nationaliste
Le , les nationalistes commencent les arrestations. Julia est emmenée au commandement local de la Garde civile. Pendant trois jours, elle est interrogée et torturée, mais ne parle pas.
Le , sans pouvoir marcher, défigurée et le ventre gonflé par les lésions internes, elle est déplacée au théâtre Cervantes de Badalone, réaménagé comme prison[8]. Elle est incarcérée ensuite à la prison pour femmes de Les Corts de Barcelone[9].
Le , lors d'un conseil de guerre dans lequel vingt-cinq personnes (dont trois mineurs) sont jugés, Julia est condamnée à la peine de mort, commuée en perpétuité[6].
Dans la prison de Les Corts, dans des conditions déplorables, Julia partage sa cellule avec Conxita Vives et l'actrice Maruja Tomás(es)[6].
À la fin de l'été 1941, après avoir souffert de fièvres récurrentes, le médecin de la prison lui diagnostique une tuberculose avancée, aggravée par les graves lésions internes entrainées à la suite des tortures. Elle entre à l'infirmerie de la prison dans laquelle est meurt le , en rejetant l'extrême-onction proposée par l'aumônier de la prison.
Ses camarades se côtisent pour offrir à Julia un enterrement digne[10].
123Ángel Sody de Rivas, Julia Romera Yáñez (1916-1941) Vida y muerte de una luchadora por la libertad, Ajuntament de Sta. Coloma de Gramenet,
↑Pedro María Egea Bruno, El distrito minero de Cartagena en torno a la primera Guerra Mundial (1909-1923), [Murcia], Universidad de Murcia, Secretariado de Publicaciones, (ISBN8476840195, lire en ligne)
↑y el Grupo de Historia José Berruezo José Luis Oyon, El Cinturón Rojinegro, Radicalismo Cenetista y Obrerismo en la Periféria de Barcelona (1918-1939), Ediciones Carena, (ISBN84-96357-04-X)
↑(es) Juan José Gallardo Romero, Los origenes del movimiento obrero en Santa Coloma de Gramanet, El anarcosindicalismo (1923-1936), Santa Coloma de Gramenet, Grupo de Historia José Berruezo, (ISBN9788493051242), p.237
123Ángel Sody de Rivas, Revista Àgora, nº 5 ,Història de Santa Coloma de Gramanet, Julia Romera Yáñez, Santa Coloma de Gramenet, Grup de Història José Berruezo, (ISBN84-930512-3-3)
↑Joaquim Miquel, El Pati de les oques- Capítol: La Unió de Joventuts Antifeixistes, pàgina 60-61-62-63, Barcelona, Mercedes Cabestrero Arrontes - Grup d'Estudis històrico-socials de Santa Coloma de Gramanet,
↑Joaquim Miquel, El pati de les oques, capítol "La Morgue i el teatre Cervantes., Barcelona, Grup d'Estudis Històrico-Socials de Santa Coloma de Gramanet,
↑(es) Arxiu Nacional de Catalunya, Libro de Registro de ingreso de la Prisión provincial de mujeres de Barcelona. Signatura 5.3.01.2 Caja 314
↑Arxiu del Cementiri del Sud-Oest Barcelona, LLibre de registre- (1941) Julia Romera Yáñez- Via Santa Eulàlia.