Julia Álvarez Resano

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Naissance

Villafranca, Navarre
Décès
(à 44 ans)
Mexico
Nom de naissance
Julia Álvarez ResanoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Espagnole
Julia Álvarez Resano
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Fonctions
Députée aux Cortes républicaines - Madrid (1936-1939)
Gouverneure civile de Ciudad Real (1937-1938)
Biographie
Naissance

Villafranca, Navarre
Décès
(à 44 ans)
Mexico
Nom de naissance
Julia Álvarez ResanoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Espagnole
Formation
Activité
Institutrice, avocate
Conjoint
Amancio Muñoz de Zafra (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
PRRS, PSOE

Lorenza Julia Álvarez Resano (Villafranca, Navarre, - Mexique, ) est une institutrice, avocate et femme politique socialiste espagnole. Elle fut la première femme à occuper le poste de gouverneure civile en Espagne.

Jeunesse et formation

Julia Álvarez Resano est l'une des quatre enfants de Francisco Álvarez Bretos et Nemesia Resano Navarro. Son père est responsable du barrage de la rivière Aragon entre Marcilla et Villafranca.

A 26 ans, elle est diplômée en droit et titulaire du brevet d'enseignement primaire, ayant obtenu la première place au concours pour l'enseignement de 1923. Elle exerce dans plusieurs écoles avant de s'installer dans celle de sa ville natale[1].

Elle épouse le député Amancio Muñoz de Zafra fin 1935. Plus tard, lorsqu'elle se trouvait aux Cortes avec son mari, député de Murcie, ils sont surnommés les « Rois catholiques » car il s'asseyaient côte à côte et discutaient en se tenant par la main dans les couloirs, comme l'a rapporté Manuel Azaña dans ses mémoires.

Carrière politique

Julia Álvarez Resano commence son activité militante au Parti radical-socialiste et ensuite au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE)[2]. En , elle commence à animer des meetings dans la région de Ribera. Entre 1931 et 1932, elle est secrétaire générale du PSOE à Villafranca, ville dans laquelle le parti lui rend hommage le avec plus de 3 000 participants. Depuis ce poste, elle lutte pour que les femmes s'investissent dans la vie politique et à des postes publics de responsabilité. En 1932, elle est nommée représentante de l'Association de travailleurs de l'enseignement de Navarre, en œuvrant pour un modèle pédagogique laïque et progressiste. Elle se présente comme candidate au Congrès des députés pour la Navarre et Guipúzcoa, obtenant 21 119 et 20 049 votes respectivement, ce qui n'est pas suffisant pour remporter le mandat de députée. Après la révolution d'octobre 1934, au cours de laquelle beaucoup de ses camarades sont arrêtés, son activité est déterminante pour obtenir la libération de Ricardo Zabalza.

En 1934, elle s'installe à Madrid comme directrice du groupe scolaire « Rosario de Acuña » à Aluche, et devient conseillère juridique de la Fédération nationale des travailleurs de la terre de l'Union générale des travailleurs ((UGT)). En 1936, elle est nommée inspectrice intérimaire de l'enseignement primaire dans la province de Madrid. En tant que membre de la FETE (Fédération des travailleurs de l'enseignement, de l'UGT), elle est élue présidente pendant une partie de l'année 1936.

En , Julia Álvarez Resano est élue députée de Madrid avec 98 099 votes. Elle est la première femme navarraise à occuper un siège de députée. Elle participe, avec Dolores Ibárruri entre autres, à la célébration de la victoire du Front populaire lors d'un meeting le sur la place de las Ventas de Madrid. Elle s'investit aussi activement dans des comités de solidarité internationale, tels que celui d'Amis du Portugal, en lutte contre la dictature de Salazar, ou celui des Amis de l'Amérique latine[3].

Lorsque la guerre civile éclate, son mari est parti au front. Son oncle Juan Resano, propriétaire d'un magasin d'alimentation à Villafranca, est humilié, obligé d'insulter sa nièce, et finalement fusillé cette même année, étant l'une des victimes de la guerre civile en Navarre. Toute sa famille est spoliée de ses biens, et son frère est assassiné[1].

Sur l'initiative du ministre de la Gobernación (l'Intérieur) Julián Zugazagoitia, en , Julia Álvarez Resano est nommée gouverneure civile de la province de Ciudad Real, qui est un important bastion de l'arrière-garde républicaine[4]. Elle est la première femme espagnole à occuper ce poste. Elle y reste jusqu'en , quand elle présente sa démission, en partie à cause des accusations répétées de certains secteurs socialistes de Ciudad Real qui lui reprochent de collaborer avec les communistes et de nuire à l'organisation provinciale du PSOE.

Plus tard, elle est nommée juge intérimaire de première instance et d'instruction à Alberique (Valence) et magistrate intérimaire du Tribunal central d'espionnage et haute trahison — poste qu'elle occupe du au . En , elle interrompt ces fonctions à cause de la grave maladie de son époux, qui meurt début octobre à Gérone, et qu'elle remplace comme députée permanente aux Cortes.

Exil

Après la défaite de la République espagnole, le , elle embarque dans le port d'Alicante, pour s'exiler d'abord en France puis au Mexique.

En France, elle participe au Service d'évacuation des réfugiés espagnols et à l'Union nationale espagnole. Álvarez Resano est alignée avec la faction minoritaire du PSOE dirigée par Ramón Lamoneda et Juan Negrín, qui défend le maintien de l'unité entre les communistes et les socialistes, en opposition à la faction dominée par Indalecio Prieto au Mexique, qui rassemblait la grande majorité du parti, y compris les partisans de Largo Caballero et ceux de Julián Besteiro. Julia Álvarez Resano dirige une version de El Socialista, éditée à Toulouse, entre et . Elle abandonne l'Union nationale espagnole à l'été 1945. Après plusieurs congrès et des affrontements, la faction de Negrín — avec Álvarez Resano à sa tête — est expulsée du PSOE en 1946 (des années plus tard, en 2008, elle est symboliquement ré-admise).

Au Mexique, elle ouvre un cabinet d'avocat et dirige la revue Rimas. Résidant au Mexique, elle meurt dans son bureau, d'une hémorragie cérébrale, à 44 ans.

Dans l'Espagne franquiste, la seule référence à sa mort dans la presse est celle du journal Lanza de Ciudad Real, qui dit : « Notre province, outre le malheur d'avoir été soumise au joug rouge, a eu la disgrâce d'avoir une gouverneure marxiste. Eh bien, Julia Álvarez Resano est morte au Mexique, selon des nouvelles dignes de foi »[5].

Hommages

En 2005, Julia Álvarez Resano reçoit un hommage à Villafranca, sa localité natale.

En 2008, lors du XXXVIIe congrès du PSOE, elle est ré-admise dans le parti à titre honorifique.

En 2016, le nom de Julia Álvarez Resano est donné à la Maison de la Culture de Villafranca.

Le , le Parlement de Navarre approuve une déclaration institutionnelle de reconnaissance du travail de Julia Álvarez pour la défense de la démocratie. Cette même année, le Parlement de Navarre donne le nom de Julia Álvarez Resano à la salle de réunions de la Présidence[6].

Références

Article connexe

Bibliographie

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