Au début de sa vie, Julie Le Brun produit un certain nombre de pastels, dont un inspiré d'une œuvre du peintre Jakob Orth[5]. Sa mère fait référence à «ses heureuses dispositions pour la peinture» dans ses Souvenirs et y parle de sa fille comme étant «le bonheur de sa vie[6]».
Élisabeth Vigée Le Brun souhaite que sa fille appartienne au même milieu social qu'elle pour qu'elle aussi devienne une artiste[7]. Cependant Julie Le Brun préfère sa propre identité et finit par se rebeller[7]. La rupture entre la mère et la fille se fera en Russie. Ses parents souhaitaient la marier au peintre néo-classiquePierre-Narcisse Guérin[8],[9]. Cependant, Julie Le Brun rencontre Gaëtan-Bernard Nigris (vers 1766-vers 1831) à Saint-Pétersbourg. Il était le secrétaire du comte Ivan Grigory Chernyshev (1762–1831), directeur du théâtre impérial de Saint-Pétersbourg et dont sa mère a peint le portrait[10]. Ils se marient dans cette ville le [11] contre l'avis de sa mère. Elles ne se réconcilieront jamais complètement[4]. Ses parents divorceront en 1794[12].
En 1804, Julie Le Brun rentre à Paris[13]. Le couple se séparera au bout de huit ans de mariage[4].
Julie Le Brun tente de subvenir à ses besoins avec son art, apparaissant en 1811 sous le nom de «Mlle Nigris» dans une exposition de la rue Saint-Lazare[5].
Elle meurt le , dans la quasi-pauvreté ayant hérité des dettes de son père[4].
Ces portraits reflètent la forte affection de la mère pour sa fille et leur succès[4] dans les salons témoignent de l'importance de l’opinion de l'Europe à cette époque de la fin du XVIIIesiècle que l'enfance est un moment unique, distinct de l'âge adulte[2].
↑(en) Joseph Baillio et Louise-Elisabeth Vigée-Lebrun, Élisabeth Louise Vigée Le Brun: 1755-1842, Kimbell Art Museum, (ISBN978-0-912804-06-4, lire en ligne).
↑Joseph Baillio, Katharine Baetjer, Paul Lang, Vigée Le Brun, New York, The Metropolitan Museum of Art, p.167; titre du tableau: Count Grigory Ivanovich Chernyshev, 1793, lieu de conservation: The State Hermitage Museum, Saint Petersburg
↑(en) Julia Kathleen Dabbs, Life Stories of Women Artists, 1550-1800: an anthology, Ashgate, , p.441.
↑(en) Joseph Baillio et Louise-Elisabeth Vigée-Lebrun, Elisabeth Louise Vigée Le Brun: 1755-1842, Kimbell Art Museum, (ISBN978-0-912804-06-4, lire en ligne).