Julien Godfrin
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École de pharmacie de Nancy |
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Julien Godfrin, né le à Châtel-Saint-Germain (Moselle) et mort le à Nancy, est un pharmacien, botaniste, mycologue et professeur français, reconnu pour ses contributions scientifiques et son rôle de directeur de l'École supérieure de pharmacie de Nancy.
Julien Godfrin naît le à Châtel-Saint-Germain (Moselle) de Nicolas Godfrin (1801-?), propriétaire terrien, et Marie Blanchebarbe (1824-?), femme au foyer. Après des études à l'École normale d'instituteurs de Metz, il devient instituteur-adjoint à Ars-sur-Moselle en 1869. À la suite de la guerre franco-allemande de 1870 il opte pour la nationalité française et quitte la Moselle. Après un passage dans l'Orne où il enseigne l'agriculture à l'École normale d'Alençon, il revient à Nancy et obtient un baccalauréat ès sciences en 1872 puis enseigne au Lycée de Nancy. Passionné par les sciences, il s'inscrit à l'École supérieure de pharmacie de Nancy en 1875, où il obtient son diplôme de pharmacien de première classe en 1878, suivi d'une licence ès sciences naturelles en 1879. En 1880 il obtient un diplôme supérieur de pharmacien grâce à une thèse sur l'histologie des téguments séminaux des Angiospermes. Cette thèse, remarquée pour sa rigueur et sa précision, lui vaut le titre de lauréat de l'École de pharmacie.
En 1880, Godfrin est choisi par le ministère de l'Instruction publique pour devenir maître de conférences de botanique à l'École supérieure des sciences d'Alger, où il installe les premiers laboratoires de botanique. En 1882, il est rappelé à Nancy pour y enseigner la matière médicale à l'École supérieure de pharmacie, en remplacement du professeur Ignace-Léon Oberlin. Malgré ses responsabilités, il poursuit ses recherches personnelles et prépare une thèse de doctorat ès sciences naturelles, qu'il soutient en 1884 à la Sorbonne. Il est titularisé en 1884 et devient professeur de matière médicale, puis professeur d'histoire naturelle après le décès du directeur Gustave-Marie Bleicher en 1901.
En 1901, Julien Godfrin est élu directeur de l'École supérieure de pharmacie de Nancy[1], un poste qu'il occupera jusqu'à sa mort en 1913. Pendant son mandat, il se consacre à l'amélioration des conditions d'enseignement et de recherche. Il obtient des financements pour l'agrandissement des locaux, la création de nouveaux laboratoires, et la réforme des études pharmaceutiques. Il est également à l'origine de la création d'un laboratoire de pharmacie industrielle, le premier en France, et de postes d'internes en pharmacie à l'hôpital civil de Nancy.
Godfrin est un membre actif de plusieurs sociétés savantes, notamment la Société des sciences de Nancy[2], dont il est vice-président puis président, et la Société mycologique de France. Il fonde en 1911 la Société lorraine de mycologie, dont il devient le premier président.
Julien Godfrin est décoré officier de l'Instruction publique en 1892 et chevalier du Mérite agricole en 1900. Ses contributions à l'enseignement et à la recherche lui valent une médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris en 1889 et un diplôme d'honneur à l'Exposition universelle de Milan en 1906. Une salle de la Faculté de pharmacie de Nancy porte aujourd'hui son nom, en hommage à son engagement pour l'institution et la science.
Julien Godfrin épouse Marguerite Benzenger (1865-1944) en 1885. Ils ont deux fils, Louis (1886-1961) et Pierre (1891-1963), qui deviennent également pharmaciens : diplômé en 1911, Louis s’installe au 13 rue Gambetta à Nancy dans la « pharmacie anglaise Godfrin ». Il la cède à son frère Pierre, diplômé en 1920, et reprend la « pharmacie du point central » au 35 rue Saint-Dizier.
Julien Godfrin décède subitement le à Nancy ; il est enterré à Nancy au cimetière de Préville. Ses funérailles, marquées par une forte affluence, témoignent de l'estime qu'il inspirait. Son œuvre scientifique et administrative reste une référence dans les domaines de la pharmacie, de la botanique et de la mycologie.
Œuvre
Julien Godfrin a marqué l’histoire des sciences par des travaux rigoureux et variés, principalement en botanique, mycologie et matière médicale.
Ses recherches en botanique se distinguent par des études approfondies sur l’histologie végétale, notamment sa thèse de 1880 sur les téguments séminaux des Angiospermes. Il publie également des travaux sur la structure des graines, la chlorophylle chez les embryons, et les canaux sécréteurs du sapin argenté, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de l’anatomie végétale.
En mycologie, il est reconnu pour ses contributions à la flore mycologique des environs de Nancy, où il recense et décrit de nombreuses espèces de champignons, et pour ses études sur les Agaricinés et les Ustilaginées.
En matière médicale, Godfrin publie des atlas et manuels, comme l’Atlas manuel de l’histologie des drogues simples (1887), qui devient une référence pour les étudiants en pharmacie et lui vaut une médaille d’argent à l’Exposition universelle de Paris en 1889.
Il est également l’auteur, avec Marcel Petitmengin, de la Flore analytique de poche de la Lorraine et des contrées limitrophes (1909), un ouvrage pratique et innovant pour les herborisations, suivi d’un atlas illustré en 1913.
Son œuvre, marquée par une grande précision et un souci constant de vulgarisation, reste une référence dans les domaines de la botanique, de la mycologie et de la pharmacie.
Publications principales
- Thèses présentées à la Faculté des sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur ès sciences naturelles : 1re thèse — Recherches sur l'anatomie comparée des cotylédons et de l'albumen. 2e thèse — Propositions données par la faculté, Paris, , 183 p. (lire en ligne)
- Atlas manuel de l'histologie des drogues simples (1887)
- Contributions à la flore mycologique des environs de Nancy (1891-1898)
- Avec Marcel Petitmengin : Flore analytique de poche de la Lorraine et des contrées limitrophes, 1909, Paris, 239 p.
Honneurs et distinctions
- Diplôme d'honneur à l'Exposition universelle de Milan (1906)[3]
Chevalier de l'ordre du Mérite agricole (décret du 14 juillet 1900)[4],[5]
Officier de l'Instruction publique (décret du 5 juin 1892)[4],[5]- Médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris (1889)[3],[6]
Hommages
Une salle de la Faculté de pharmacie de Nancy porte son nom depuis 2003. La Société lorraine de mycologie, qu'il a fondée, perpétue son héritage.