Julien Levesque
artiste internet français
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Julien Levesque, né en 1982 à Paris, est un artiste plasticien français dont la pratique s'inscrit dans le champ de l'art contemporain, de l'art numérique et du Net.art. Ses travaux se caractérisent par une approche des données numériques comme matériau artistique qu'il transforme et détourne avec une dimension poétique et critique à l'heure des GAFAM.
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Datadada (d) |
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Cofondateur du collectif DataDada avec l'artiste Albertine Meunier en 2014, Julien Levesque s'inscrit dans la lignée du Dadaïsme historique qu'il transpose à l'ère digitale.
Biographie
Julien Levesque est diplômé de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et de l'Université Paris 8. Il a également été étudiant-chercheur à l'EnsadLab à l'École nationale supérieure des arts décoratifs.
La pratique de Julien Levesque se caractérise par l'appropriation et le détournement de services en ligne, de données numériques et d'algorithmes. Il s'empare des enjeux technologiques contemporains pour créer des œuvres qui abordent les pratiques et les sujets du numérique et rendent sensibles les processus invisibles des technologies habituellement opaques. Ses œuvres interrogent les notions de surveillance numérique, d'identité en ligne et de production automatisée de contenus.
Son travail s'incarne à travers différents médias : sites internet, objets connectés, photographies, installations, performances et interventions sur les plateformes numériques. Il utilise Google Street View, les réseaux sociaux, l'intelligence artificielle et les technologies émergentes comme matériaux de création. À travers une approche ludique et parfois absurde, ses créations révèlent les mécaniques inhérents de contrôle de nos environnements numériques.
En juin 2014, Julien Levesque fonde avec Albertine Meunier le collectif artistique DataDada. Le Manifeste DataDada, écrit le vendredi 13 juin 2014[1], exprime l'opposition de ses auteurs « à la transformation de la Data comme un simple fait numérique ».
Le collectif s'inscrit dans la filiation du mouvement Dada historique en proposant un traitement à la fois critique et décalé des données numériques. Par le biais de ce manifeste[2], il créait ainsi un nouveau mouvement artistique: Le DataDada. Est déclaré DataDada tout nouvelle œuvre qui possède en elle de la data (donnée numérique) avec un grain de dadaïsme.
Le collectif DataDada a notamment été invité à fêter[3],[4] lors d'un hackathon DadaData[5] les 100 ans du mouvement Dada au Cabaret Voltaire à Zurich en mars 2016.
Œuvres artistiques
Depuis 2009, l'œuvre photographique en ligne Street Views Patchwork se transforme petit à petit depuis sa création, aux rythmes des données, telle une œuvre vivante et incontrôlable. Ce projet exploite les images produites par le service Street View de Google Maps à travers des compositions visuelles de paysages à la manière de cadavre exquis des surréalistes. L'œuvre a été présentée notamment au centre d'art IMAL à Bruxelles lors de la Biennale Update_4 en 2012, puis à Tokyo en 2015 dans le cadre du 18th Japan Media Arts Festival[6] au National Art Center ou lors de L'exposition La Belle Vie Numérique à la Fondation EDF[7] en 2017. Le projet a fait l'objet d'articles dans plusieurs publications spécialisées, dont Hyperallergic[8] et Creative Applications[9].
En 2007, My Buzz[10] (Facebook Story) explore l'archivage et la mise en scène des données personnelles sur le réseau social Facebook. L'œuvre est une courte vidéo qui montre Jack Lang en compagnie du P.D.G. de Facebook, Mark Zuckerberg. L’homme politique évoque, intrigué, un de ses amis sur Facebook. La vidéo, extraite de l’émission télé Le Grand Journal, diffusée sur la chaîne CANAL+ le 9 novembre 2008, nous interroge sur l’identité à l'heure des réseaux sociaux. My Buzz a été exposée à l'Espace virtuel du Jeu de Paume.
Little Umbrella (2013) est un objet connecté qui prend la forme d'un petit parapluie matérialisant les flux d'information météorologique. Il est une illustration artistique et ludique[11] de l'internet des objets. Il est notamment documenté dans l'ouvrage Projets créatifs avec Arduino de Jean-Michel Géridan et Jean-Noël Lafargue (édition Broché 2014).
Présenté au Jeu de Paume du 18 novembre 2010 au 9 mars 2011, le projet Les Trucs réalisé avec le collectif Microtruc[12] propose une expérience artistique qui interroge la théorie des six degrés de séparation. Ce projet retrace les péripéties de mystérieux objets géolocalisés, vecteurs d'histoires qui passent de main en main à traverrs un protocole de confiance entre pairs.
Depuis 2016, avec la Rikiki Valise[13], Julien Levesque met littéralement la data en boîte et organise des ateliers[14] nomades et pédagogiques autour de la dimension artistique des données numérique et des objets objets connectés à destinations de divers publics.
Avec l'installation Dads & Mums[15],[16] en 2023, il utilise l'intelligence artificielle (Dall-e v1) et met en relation une photographie argentique provenant d'une archive personnelle avec des images générées. Dans cette installation, il utilise l'I.A afin de produire la partie manquante d'une photographie dite raté et fait ainsi dialoguer deux temporalités et deux modalités de production d'image.
En 2023, dans le projet U_T_1[17], il rédige en collaboration avec Gael Goutard un smart contract unique qui permet à un NFT de se déplacer sur la Blockchain Tezos de manière autonome et de voyager de wallet en wallet. Cet objet explorateur et insaisissable se déplace indéfiniment dans l'espace-temps de la blockchain. La même année, sept exemplaires du projet NFT Papers de vrais faux NFT sont acquis par le Centre Pompidou et rejoignent un ensemble d'œuvres traitant des relations entre blockchain et création artistique.
Bibliographie
- Rodolphe Olcèse, « Ouvrir le flux », Focales, 2017
- Guillaume Ertaud, « Google Street View comme domaine d'actions : éléments pour une conduite », HAL Open Science, 2016
- Jean-Marie Schaeffer, « Portrait de l'artiste en héros culturel », Critique, 2006