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Kabazites

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Les Kabazitès ou Kabazitai (Καβαζῖται) forment une faction aristocratique de l'empire de Trébizonde, impliquée dans plusieurs luttes de pouvoirs aux XIVe et XVe siècles et souvent opposée aux Scholarioi.

Histoire

L’Empire byzantin (rouge) en 1265, avec l’empire de Trébizonde à l'est (rouge pâle).

Les Kabazitai semblent issus d’une lignée archontique locale, profondément enracinée dans les montagnes de Chaldie intérieure (Mesokhaldia), possédant plusieurs bastions ou forteresses dans cette région aux marges de l'Empire de Trébizonde. Ils sont souvent qualifiés de ducs de Chaldie[1]. Selon Anthony Bryer, leur ancrage dans l’intérieur montagneux distingue les Kabazitai de familles plus urbaines ou côtières comme les Scholarioi, souvent confondues avec eux dans l’historiographie ancienne. L’origine exacte du nom reste incertaine, mais la documentation trapézontine révèle une présence continue de membres de cette famille dans les listes administratives, les titres militaires et les propriétés rurales de la région[2].

Les Kabazitai apparaissent dans les sources comme une constellation de lignages plutôt qu’un clan homogène[3] ; plusieurs généalogies internes semblent coexister, occupées par des charges différentes au sein de l’empire. Ainsi, Jean Kabazitès est attesté comme mégaduc dans les années 1340 et grand logariastes, Georges Kabazites est protovestiaire dans les années 1450, Léon Kabazitès est grand domestique en 1343 et protovestiaire quelques années plus tard[2]. Un Léon II Kabazitès est mentionné comme rencontrant l'ambassadeur espagnol Ruy González de Clavijo en 1402, se plaignant alors de faire face seul aux Turcs pour défendre l'arrière-pays de Trébizonde[4]. En outre, de nombreux autres apparaissent dans des sources diverses, en particulier dans des actes monastiques jusqu'à des textes datant des premiers temps de l'occupation ottomane.

Les Kabazitai sont impliqués dans les luttes de factions qui déchirent l’empire après 1340. Ainsi, en 1340 et 1344, ils s’allient aux Scholarioi, puis entre 1345 et 1355, ils s’y opposent. Leur comportement opportuniste reflète, selon Bryer, le caractère fluide et non doctrinaire du factionnalisme trapézontin alors que la vision traditionnelle, incarnée par Jakob Fallmerayer, oppose les Kabazitai aux Scholarioi[5]. Les premier incarnent alors l'aristocratie locale de Trébizonde alors que les Scholarioi représentent plutôt une aristocratie venue du reste du monde byzantin.

Les Kabazitai jouent un rôle déterminant dans le conflit opposant Jean IV de Trébizonde à son père, Alexis IV. Il est d'ailleurs possible qu'ils aient participé au meurtre de ce dernier, bénéficiant ensuite des faveurs de Jean IV. Plus largement, Anthony Bryer fait des Kabatizès l'une des familles ou des partis incarnant la nécessité pour le pouvoir impérial de composer avec une aristocratie puissante, qui cherche à garder une prise sur les grandes fonctions de la cour impériale. La capacité de cette famille à subsister à la conquête ottomane en 1461 montre ainsi son enracinement. C'est seulement en 1479 qu'ils semblent subir un déclassement[1].

Notes et références

Sources

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