Les Scholarioi (grec: Σχολάριοι) sont l’une des principales familles aristocratiques de l’Empire de Trébizonde, influente entre le XIVᵉ et le XVe siècle. Leur nom, évoquant un lien avec la scholè (la garde impériale), reflète probablement une origine cérémonielle ou palatine, en contraste avec d’autres lignages solidement enracinés dans les campagnes du Pont.
Les Scholarioi occupent une place de premier plan dans les luttes politiques, les guerres civiles et les intrigues de cour, jusqu’à jouer un rôle dans les événements menant à la mort de l’empereur Alexis IV Grand Comnène en 1429.
L’Empire byzantin (rouge) en 1265, avec l’empire de Trébizonde à l'est (rouge pâle).
Selon les analyses d’Anthony Bryer, les Scholarioi semblent être issus d’un groupe aristocratique urbain, lié à la capitale Trébizonde. Leur implantation se distingue par une présence prédominante dans les quartiers de la ville basse et de la ville moyenne, une association fréquente à des charges de cour (protovestiaire, mégaduc, dignitaires administratifs), un rapport plus étroit avec les réseaux urbains, portuaires et commerciaux. En cela, ils se distinguent d'autres clans aristocratiques plus ruraux, installés aux marges de l'Empire, comme les Kabazitai, avec qui ils entretiennent des liens ambivalents et parfois conflictuels. Ainsi, ils sont dans le même camp en 1340 et 1344 mais s'opposent en 1345 et 1355. Au-delà de leurs origines différentes, ces clans cherchent surtout à s'accaparer les hautes dignités de la cour impériale. A. Bryer a ainsi relativisé le principe d'une opposition systématique entre les Kabazitai et les Scholarioi, défendu par une historiographie traditionnelle qui remonte à Jakob Fallmerayer.
Leur nom pourrait indiquer soit une origine byzantine «importée» de Constantinople, soit une fonction palatine ancienne — l’historiographie reste prudente sur ce point. L'un de ses membres les plus connus est Nicétas Scholarès, mégaduc dans les années 1340.
Lors de la crise de 1426-1429, les Kabazitai et les Scholarioi sont dans le même camp et s'opposent à Alexis IV. Ils jouent alors probablement un rôle dans l'assassinat de celui-ci, permettant à Jean IV de Trébizonde d'accéder au trône. Dans l'ensemble, les Scholarioi ont une présence plus grande à la cour que d'autres familles, en raison de leur implantation au sein même de la capitale. En outre, malgré la conquête ottomane de Trébizonde en 1461, les Scholarioi conservent une partie de leur influence régionale pendant quelques décennies.
Notes et références
Sources
(en) Anthony Bryer, «Greeks and Turkmens, the Pontic Exception», Dumbarton Oaks Papers, vol.29, , p.113-148.
(en) Anthony Bryer, «The Faithless Kabazitai and Sholarioi», dans Maistor: Classical, Byzantine and Renaissance Studies for Robert Browning, Brill, (ISBN978-0-9593626-1-9), p.309-327
(de) Jakob Philipp Fallmerayer, Geschichte des Kaiserthums von Trapezunt, Munich, 1827 [lire sur Google Livres].
(en) George Finlay, The History of Greece, from Its Conquest by the Crusaders to Its Conquest by the Turks, and of the Empire of Trebizond: 1204–1461, Blackwood, .
Émile Janssens, «Trébizonde en Colchide», Travaux de la Faculté de Philosophie et Lettres, Presses universitaires de Bruxelles, vol.XL,.