Kale borroka

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Un distributeur de billets incendié en 2013

Kale borroka (« lutte de rue » en basque) est une expression qui désigne des actes de violence urbaine pratiqués par des militants et sympathisants de la gauche abertzale depuis le début des années 1990 au Pays basque. Elle recouvre des dégradations de mobilier urbain, des destructions de symboles de l'État espagnol ou du capitalisme, ainsi que des affrontements avec la police[1].

Les forces de sécurité espagnoles qualifient cette forme de guérilla urbaine de « terrorisme de basse intensité »[2] et d'antichambre d'ETA. Dans cette optique, ses auteurs sont fréquemment jugés par l'Audience nationale, juridiction habilitée à juger les actes de terrorisme[3]. Carolijn Terwindt souligne ainsi que les auteurs d'actes regroupés sous cette expression ont fait l'objet d'une répression qui s'est accrue au fil des années, s'accentuant notamment après le vote d'une loi en 2000 qualifiant de terroristes les dégradations matérielles ayant pour objectif de subvertir la constitution ou l'ordre public[4], y compris si l'appartenance de l'accusé à une organisation terroriste n'est pas prouvée[5].

Les formations de la gauche abertzale ont fréquemment nié qu'existaient des groupes organisés chargés de développer cette stratégie de lutte, clamant que celle-ci est le fruit de protestations spontanées d'une partie de la jeunesse basque[4].

Autobus incendiés à Saint-Sébastien en 2005

Les actions regroupées sous le terme de kale borroka sont variées mais s'en prennent à des cibles bien identifiées : dégradation de façades de permanences de partis politiques (PP, PSOE et PNB) et de bâtiments publics (services postaux ou de transports publics), incendie de distributeurs de billets de banque, de véhicules et de poubelles. Le phénomène s'est accru à partir du début des années 1990, passant d'environ 300 à plus d'un millier en 1996[6], avant de se stabiliser jusqu'au milieu des années 2000 puis de décroître.

Les violences sporadiques et les affrontements avec les forces de l’ordre en marge de manifestations du mouvement abertzale sont cependant courantes dès les années 1970[7], exprimant notamment des réponses immédiates à l'annonce d'arrestations ou de la mort de militants[8],[9],[10]. Elles n'ont commencé à être systématiquement regroupées sous l'expression kale borroka qu'à partir du début des années 1990.

Analyses politiques et sociologiques

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Notes et références

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