Kalev Mutond
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Cet article est une ébauche concernant un homme politique congolais (RDC).
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Kalev Mutond, né le , est l'administrateur général de l'Agence nationale de renseignements (ANR) congolaise entre 2011 et 2019. Mutond est un homme de confiance du président Joseph Kabila. Ses méthodes brutales à l'ANR lui valent des sanctions de la part des États-Unis. En RDC, une enquête pour tortures, menaces de mort, arrestations arbitraires et tentative d'assassinat est lancée et rapidement close par la justice.
Mutond est né le [1] dans la partie méridionale du Katanga, Kalev Mutond aurait commencé tout en bas de l'échelle en interne en étant « agent pointeur » devant les chancelleries occidentales à Kinshasa[2] dans le service qui a précédé l'ANR. Grimpant un à un les échelons, il s’est ensuite rallié à l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila, le père de l'ancien chef de l'État, Joseph Kabila vers 1997, avant de poursuivre son ascension[2].
Il devient administrateur principal du département de la sécurité intérieure (DSI) de l’ANR en 2007[2] et enfin administrateur général (équivalent de directeur général) en [2].
En , Mutond est l'objet d'une plainte aux États-Unis pour torture de la part d'un conseiller américain de Moïse Katumbi[3].
En , Mutond fait partie des responsables congolais sanctionnés par le département du Trésor des États-Unis. Il lui est reproché des violences, arrestations et actes de tortures contre des membres de l'opposition qui manifestaient à la suite du report de l'élection présidentielle de 2016 par Joseph Kabila. Le département du Trésor le sanctionne aussi pour exportation illégale de minéraux[3].
En , Mutond est sanctionné par l'Union européenne pour son rôle dans les violations graves et répétées des droits humains dans la répression à la suite du report de l'élection présidentielle[4]. Ces sanctions sont reconduites en , en et en [5],[1].
En , il est remplacé à la direction de l'ANR par Justin Inzun Kakiak mais reste très proche de Kabila après le départ de ce dernier de la présidence[6],[7].
En , Mutond est interpellé à l'aéroport Ndjili de Kinshasa pour usage illégal d'un passeport diplomatique. Il est relâché peu après mais il lui est interdit de quitter le pays. Il est aussi accusé de « tentative de déstabilisation »[8],[9].
En , on apprend qu'une enquête est ouverte par le parquet général près la cour d'appel de Kinshasa-Gombe contre Mutond pour tortures, menaces de mort, arrestations arbitraires et tentative d’assassinat à l'époque où il était chef de l'ANR[10]. En , dans le cadre de la même enquête, son domicile est perquisitionné et un avis de recherche est émis à son encontre[11]. Kalev Mutond disparait, partant probablement en exil dans un pays voisin[12].
Parti en exil pour échapper aux poursuites judiciaires, Mutond revient en RDC en septembre ou . Son retour aurait été négocié avec les autorités congolaises. Il demande pardon pour ses crimes et, une de ses victimes Jean-Bertrand Ewanga demande que les plaintes soient classées[13].
Mutond conteste les sanctions de l'Union européenne à son encontre et en , la Cour de justice de l'Union européenne lui donne raison, considérant que les preuves de son implication ne sont pas suffisantes. Les sanctions sont par conséquent levées en [14].
Le , le procureur général de la cour d'appel de Kinshasa-Gombe, Robert Kumbu, annonce la suspension de l'avis de recherche qui avait été émis à l'encontre de Kalev Mutond[15]. Les procédures judiciaires contre Mutond en RDC sont donc arrêtées mais Jean-Claude Muyambo, une des victimes de torture de l'ANR, porte plainte contre le procureur général pour cet arrêt des procédures[16].
Notes et références
- 1 2 (en) « DÉCISION (PESC) 2020/2033 DU CONSEIL du 10 décembre 2020 modifiant la décision 2010/788/PESC concernant l’adoption de mesures restrictives à l’encontre de la République démocratique du Congo », Conseil de l'Europe,
- 1 2 3 4 François Soudan, « RDC : la « pieuvre » ANR, dirigée par Kalev Mutond », Jeune Afrique, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « Kalev Mutond pourrait quitter l’ANR pour devenir Conseiller Spécial! », Politico,
- ↑ « Répression en RDC: l'Union européenne épingle de nouveau des noms d'officiels », Radio France internationale,
- ↑ Romain Gras, « RDC : l’UE maintient ses sanctions contre des proches de Joseph Kabila à l’exception de deux cas », Jeune Afrique,
- ↑ Romain Gras, « RDC : mis en cause par Augustin Kabuya, Kalev Mutond met en garde l’UDPS », Jeune Afrique, (lire en ligne)
- ↑ Stanis Bujakera Tshiamala, « RDC : Kalev Mutond, droit dans ses bottes malgré les soupçons et les sanctions », Jeune Afrique, (lire en ligne)
- ↑ Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala, « RDC : Kalev Mutond, l’ancien patron de l’ANR, interpellé pour détention illégale d’un passeport diplomatique », Jeune Afrique, (lire en ligne)
- ↑ « RDC : Kalev Mutond riposte après son audition par l’ANR », Jeune Afrique, (lire en ligne)
- ↑ « RDC : Kalev Mutond, l’ex-patron de l’ANR, de nouveau dans le viseur de la justice », Jeune Afrique, (lire en ligne)
- ↑ Pascal Mulegwa, « RDC: perquisition chez l'ex-chef des renseignements Kalev Mutond, recherché par la justice », Radio France internationale,
- ↑ Pascal Ligondi, « RD Congo : en cavale, l’ex-patron du renseignement, Kalev Mutond, refait surface », RFI,
- ↑ « RDC: Kalev Mutond, ex-chef des renseignements, rentre au pays et demande pardon à ses victimes », Radio France internationale,
- ↑ Pierre Benazet, « RDC: l'UE lève les sanctions visant deux proches de l’ex-président Joseph Kabila », Radio France internationale,
- ↑ Romain Gras, « En RDC, Kalev Mutond n’est plus recherché par la justice », Jeune Afrique,
- ↑ « Affaire Kalev Mutond en RDC: l'opposant Jean-Claude Muyambo dépose plainte contre le procureur général de la Gombé », Radio France internationale,