Karahan Tepe
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| Karahan Tepe | ||
Karahan Tepe en 2025 | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | Turquie | |
| Région | Anatolie du Sud-Est | |
| Province | Şanlıurfa | |
| District | Şanlıurfa | |
| Coordonnées | 37° 13′ 59″ nord, 39° 00′ 56″ est | |
| Altitude | 690 m | |
| Superficie | 10 hectares (site principal) + 5 hectares (carrières) | |
| Histoire | ||
| Époque | Néolithique précéramique A (PPNA) | |
| Néolithique précéramique B (PPNB) | ||
| Géolocalisation sur la carte : Turquie
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| Internet | ||
| Site web | https://tastepeler.org/en/yerlesmeler/karahantepe | |
| modifier |
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Karahan Tepe (parfois orthographié Karahantepe) est un site archéologique du néolithique précéramique situé dans la province de Şanlıurfa, au sud-est de la Turquie. Il appartient à l’ensemble régional des Taş Tepeler (« collines de pierre ») et il est souvent présenté comme le site « frère » de Göbekli Tepe[1].
Histoire de la découverte et programmes de fouilles
Le site a été signalé dès 1997 lors de prospections archéologiques menées dans la région[4],[5]. Les fouilles modernes, intégrées dans le projet “Göbekli Tepe Culture and Karahantepe Excavations / Taş Tepeler”[1], ont repris de façon plus intensive depuis 2018-2019 sous l’égide du ministère turc de la Culture et des Musées, en collaboration avec des universités turques[4],[6]. Karahan Tepe est l’un des sites inclus dans le projet Taş Tepeler, qui vise à étudier l’ensemble des collines néolithiques autour de Göbekli Tepe[4],[7],[1].
Phases de fouille et structure du site
Le site s’étend sur environ 10 hectares, auxquels s’ajoutent près de 5 hectares de carrière pour les piliers en pierre[2]. En 2023, seulement environ 5 % de la superficie avaient été fouillés en détail. Les structures mises au jour incluent des galeries ou enclos linéaires avec des piliers en forme de T (anthropomorphes), taillés à même le calcaire ou intégrés dans le relief naturel.
On observe des piliers inachevés, c’est-à-dire encore partiellement attachés à la roche-mère ; ce qui donne des indices sur les techniques de taille sur place[4]. Certaines structures révèlent qu’elles ont été intentionnellement remblayées après usage, ce qui a pu contribuer à leur conservation partielle[5],[8].
Datation et contexte culturel
Karahan Tepe est rattaché aux périodes néolithique précéramique A et néolithique précéramique B. Certains chercheurs suggèrent que certaines phases pourraient être contemporaines ou même antérieures à celles de Göbekli Tepe, mais cette hypothèse reste encore à confirmer par des datations rigoureuses publiées[4],[5].
Découvertes notables
Lors des fouilles en 2023, une statue humaine de 2,30 m est découverte, représentant une figure assise tenant un phallus dans les deux mains. Cette œuvre est décrite comme l’un des exemples les plus impressionnants d’art préhistorique[2],[9],[10].

Une statue de vautour a aussi été identifiée, avec un bec et des ailes finement sculptés[9],[10], exposé au Musée archéologique de Şanliurfa.

Le site a livré divers motifs animaliers : serpents, oiseaux, fragments de lièvres, pattes de gazelles, etc[9],[10].
Des carottages récents et des relevés archéohydrologiques ont révélé un système ancien de collecte et de stockage d’eau (citernes, canaux, bassins) à environ 500 m au nord du site, suggérant une gestion hydrologique réfléchie[6].
Dans la structure dite “AB”, on relève dix piliers rectilignes taillés dans le substrat, ainsi qu’une tête humain-serpent sculptée dans la paroi, ce qui ajoute une dimension symbolique à l’architecture du site[11].
Lors de la campagne de fouilles de 2025, le ministère turc de la Culture a annoncé la découverte, à Karahan Tepe, d’un pilier en forme de T comportant un visage humain sculpté sur sa face supérieure[12]. Selon cette annonce, le visage présente des yeux profondément incisés, un nez droit et des pommettes bien définies, ce qui serait inédit dans le corpus des piliers T des sites Taş Tepeler[13]. Cette découverte est présentée comme susceptible de « modifier l’interprétation symbolique » des monuments néolithiques de la région, en rapprochant les piliers d’une représentation anthropomorphique plus explicite[14]. Il constitue à ce jour la plus ancienne représentation réaliste d’un visage humain connue dans le monde néolithique[15].

Fonctions, interprétations et hypothèses
Les archéologues considèrent généralement Karahan Tepe comme un site à vocation rituelle ou cultuelle, analogue à Göbekli Tepe, bien que le débat subsiste quant à l’existence d’une composante résidentielle ou utilitaire[5].
Certains chercheurs ont proposé une interprétation astronomique des symboles présents sur les piliers et en reliefs, liant ces motifs à un calendrier luni-solaire ancien. Par exemple, on a fait le rapprochement entre des symboles en “V” sur des piliers de Göbekli Tepe et un agencement de 11 piliers dans une structure de Karahan Tepe, interprétés par certains comme signifiant des “jours épagomènes” dans un système calendaire[8].