Karl Heinzen
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Charles Pierre Heinzen |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Karl Peter Heinzen (né le à Grevenbroich et mort le à Boston) est un publiciste et révolutionnaire démocrate radical allemand, affilié comme « Quarante-huitard » en raison de son soutien aux révolutions de 1848. Il est notamment connu pour avoir développé, dès 1848, dans son essai « Der Mord » (« Le Meurtre »), où son attitude envers la violence révolutionnaire demeure controversée : il justifia le recours à des moyens violents contre les régimes en place, incluant notamment des formes de violence indiscriminée visant des civils — Ses positions ont été interprétées, par la suite, chez certains historiens, comme une contribution aux origines intellectuelles du terrorisme moderne[1],[2],[3].
Concernant l'enfance de Heinzen, on sait que sa mère mourut lorsqu'il avait quatre ans. Sa belle-mère, qui le pressait de devenir prêtre catholique, suscita chez lui une forte résistance, qui se manifesta plus tard par son attitude anticléricale. De son père, opposé à l'annexion de la Rhénanie, il hérita de sa haine de la Prusse[4].
Après avoir fréquenté l'école dans sa ville natale de Grevenbroich et à Kempen, Heinzen commença des études de médecine à l' université de Bonn en 1827, où il devint membre du Corps des Guestphalia de Bonn en 1828. En 1829, il fut expulsé de l'université pour un discours dans lequel il accusait ses professeurs d'étroitesse d'esprit et dénonçait le manque de liberté académique. Il fut enrôlé dans l'Armée royale des Indes néerlandaises et stationné à Batavia, puis envoyé comme sous-lieutenant à Jakarta. Plus tard (1841), il publia un récit de son voyage et de ses découvertes : Reise nach Batavia (Voyage à Jakarta). Jugeant la colonie insatisfaisante, il rentra aux Pays-Bas en 1831. De la, son aversion pour toute forme de coercition s'intensifia. Son année de service militaire obligatoire dans l'armée prussienne qui suivit le conduisit à rejeter le militarisme. Après avoir accompli son service militaire, il travailla brièvement comme vendeur, puis comme percepteur. Huit ans plus tard, il devint cadre supérieur aux Chemins de fer rhénans à Cologne, puis intégra, en tant que fonctionnaire, l'administration fiscale d'une compagnie d'assurance incendie à Aix-la-Chapelle.
À cette période, la vie de Heinzen, en dehors de ces activités professionnelles, semblait être consacrait l’essentiel de son temps libre à l’écriture. Outre un récit de voyage, il publia un recueil de poèmes (1841 ; réédité à Boston en 1867), puis s'engagea dans l'écriture politique. Deux pamphlets, Die Ehre (L'Honneur) et Die geheimen Konduitenlisten (Listes secrètes des dirigeants), proposaient une critique objective des mesures du gouvernement prussien. Son ton était plus incisif dans ses articles pour deux journaux, la Leipziger Allgemeine Zeitung et la Rheinische Zeitung.
Comme étant fonctionnaire au sein de l’administration prussienne, suite à ses pamphlets critiques, il sera contraint de fuir en Belgique en 1844, puis en Suisse, où il fit la connaissance de Ludwig Feuerbach et d'Arnold Ruge, et enfin aux États-Unis en 1847. De là, il participa à un débat journalistique avec Karl Marx et Friedrich Engels dans la Deutsche-Brüsseler-Zeitung. Après le déclenchement de la Révolution de mars en 1848, il retourna en Allemagne et soutint la révolution de Bade. Suite à son échec, il se rendit à Londres, où il côtoya Giuseppe Mazzini, Ruge et d'autres révolutionnaires exilés.
Iil retourna aux États-Unis à la fin des années 1850 et travailla comme rédacteur et éditeur de plusieurs journaux, notamment Der Pionier, publié pour la dernière fois à Boston de 1859 à 1879. Dans ses écrits, Heinzen défendait sans compromis les idéaux démocratiques, dont il tirait également une conception morale de l'égalité des femmes.
La diffusion du journal resta limitée, Heinzen ignorait les critiques des communautés germano-américaines de Boston, concernant le manque d'informations locales. Environ les cinq sixièmes du tirage étaient diffusés hors de la ville. Entre ça on y trouvait des reportages sur de nombreux domaines d'activité humaine et également des publications de poèmes et de pièces de théâtre. William Lloyd Garrison le loua vivement[5].
Cependant, la maladie l'obligea à abandonner le journal en 1879. Il est enterré au cimetière de Forest Hills.
Citation
« Si vous devez faire sauter la moitié d’un continent et répandre un bain de sang pour détruire le parti des barbares, n’ayez aucun scrupule de conscience. Celui qui ne sacrifierait pas joyeusement sa vie pour avoir la satisfaction d’exterminer un million de barbares n’est pas un véritable républicain[1]. »