Karl Loewenstein
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| Naissance | |
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| Décès | |
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| Formation |
Inconnue |
| Activités |
Marineoffizier, homme d'affaires, banquier |
| Partis politiques | |
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| Conflit | |
| Lieu de détention |
Karl Loewenstein, également connu sous le nom de Karl Loesten, né le à Siegen et mort en 1975 à Bad Neuenahr-Ahrweiler, est un banquier allemand, connu pour avoir été responsable de la sécurité dans le camp de concentration de Theresienstadt.
Loewenstein est présenté comme demi-juif par certaines sources[1],[2]. Selon Tom Lampert, il s'agit d'une invention de Loewenstein lui-même[3], ses deux parents étant juifs[4]. Certaines autres affirmations de Loewenstein sur sa jeunesse, tels le fait qu'il ait participé à la Première Guerre mondiale comme officier dans la marine ou qu'il soit titulaire d'un doctorat en économie sont invérifiables, les archives ayant été détruites[5]. Après la guerre, il s'engage dans les corps francs pour lutter contre les insurrections de Silésie[2]. En 1922, il s'installe à Berlin[4]. De 1924 à 1941, il dirige la banque berlinoise Busse[5]. En , il est arrêté par la Gestapo, contraint de vendre ses actions de la banque à des aryens et déporté au ghetto de Minsk[6]. Le commissaire général du ghetto, Wilhelm Kube, se croit (à tort) apparenté à Loewenstein et intervient auprès d'Hitler pour obtenir sa libération[3]. En , Loewenstein est libéré[7], envoyé à Vienne, puis quelques jours plus tard au camp de concentration de Theresienstadt[8]. Il y jouit d'un traitement de faveur[9] et se voit confier le par Siegfried Seidl, le commandant du camp, la direction de la sécurité au sein de celui-ci[10]. Loewenstein s'attèle à cette tâche avec un « zèle inattendu pour tout le monde »[11]. Il prend sous sa responsabilité la police du ghetto, le service d'orientation, la police criminelle et y ajoute les pompiers, la défense aérienne, la surveillance des travaux et le bureau de contrôle économique[11]. Il a libre accès à la Kommandantur où il fait un rapport quotidien et croit pouvoir influencer Seidl, sensible au respect de la discipline militaire[12]. Il proclame « couvrir de son corps » le chef du conseil des anciens et n'avoir « absolument pas peur du commandant du ghetto »[13]. Il prend des mesures énergiques et brutales pour lutter contre le vol et la corruption, s'attachant en particulier à l'équité de la distribution de nourriture et à la protection des plus âgés[14], au prix de tension avec le conseil des anciens et d'inimitiés au sein du camp[15]. En , Seidl est destitué et Anton Burger prend la direction du camp. Il déporte ou congédie une partie de la police du ghetto et suspend Loewenstein de ses fonctions[16]. Quelques jours plus tard, Loewenstein est arrêté, déféré devant le tribunal juif et condamné par ce dernier à cinq mois de cachot, ramenés en appel à trois, et à la démission de ses fonctions pour abus de pouvoir et détournement d'objets confiés[17],[18]. Il échappe ensuite miraculeusement à la déportation vers Auschwitz, alors que presque tous les membres de l'auto-administration du ghetto sont liquidés[19]. À la libération du camp, il est arrêté par les soldats soviétiques et jugé à Prague pour collaboration[20]. Estimé « strict mais juste », il est libéré en 1947[21]. Il émigre en Australie, y travaille dans une filature, puis revient en Allemagne en 1952 pour faire valoir ses droits à indemnisation[22]. Ces demandes, ainsi que les procédures qu'il intente pour récupérer ses biens, restent pour l'essentiel infructueuses. Il meurt avant la fin de ces procédures[23].
Ouvrages
- (de) Aus der Hölle Minsk in das 'Paradies' Theresienstadt, tapuscrit, Leo back Center for Jewish History.
- (de) « Minsk. Im Lager der deutschen Juden », Schriftenreihe der Bundeszentrale für Heimatsdient, numéro 51, Bonn, 1961 (première partie de Aus der Hölle Minsk in das 'Paradies' Theresienstadt).