Karl von Müller

militaire allemand From Wikipedia, the free encyclopedia

Karl von Müller, né à Hanovre (Empire allemand) le et mort à Brunswick en Allemagne le , est un capitaine (Kapitän zur See) de la marine impériale allemande. Il est connu pour avoir pratiqué la guerre de course pendant la Première Guerre mondiale à bord du croiseur léger SMS Emden.

Naissance
Décès
(à 49 ans)
BrunswickVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Karl Frierich Max von Müller
Nationalité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Karl von Müller
Biographie
Naissance
Décès
(à 49 ans)
BrunswickVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Karl Frierich Max von Müller
Nationalité
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Biographie

Karl Friedrich Max von Müller, né à Hanovre le , est le fils d'Hugo von Müller, colonel de l'armée prussienne, et de Charlotte von Bennigsen, fille d'un général-major. Il fait partie d'une famille de militaires de tradition monarchiste. En 1896, la famille von Müller déménage à Blankenburg. Le , Karl von Müller épouse à Halberstadt Jutta von Hanstein qui lui donne deux filles[1].

Il fait ses études secondaires au Gymnasium à Hanovre puis à Kiel. Il poursuit sa formation à l'école des cadets de Plön dans le Schleswig-Holstein avant de rejoindre la marine impériale allemande en 1891[2].

De 1898 à 1899, il est affecté à la canonnière Schwalbe qui a la charge de protéger l'Afrique orientale allemande. C'est à cette occasion qu'il contracte la malaria qui l'affectera jusqu'à la fin de ses jours. De 1904 à 1905, il complète sa formation à l'académie navale et, en 1905, il sert comme admiralstabofizier. Il rejoint ensuite les services de l'amiral Prince Henri de Prusse où il est particulièrement apprécié par ses supérieurs.

En 1909, il est affecté à l'office du Reich à la marine (Reichsmarineamt) à Berlin. En décembre 1908, il est promu capitaine de corvette (Korvettenkapitän)[3].

Croiseur léger Emden.

Le , il prend le commandement du croiseur léger SMS Emden de 3 600 tonnes stationné en Extrême-Orient. Quelques mois plus tard en août, il rejoint avec l'Emden une force multinationale composée d'Anglais et de Chinois qui réprime une révolte chinoise sur le fleuve Chang Jiang.

La tension s'aggravant en Europe, von Müller, soucieux de la proximité des forces bientôt ennemies, décide de quitter Tsingtao le , date du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Le , il fait sa première prise de guerre, le vapeur russe Riazan . Von Müller rejoint l'escadre de l'amiral Maximilian von Spee, le à l'île de Pagan dans les îles Mariannes[4]. Il convainc l'amiral de lui laisser tenter sa chance en solitaire, pour mener la guerre de course contre le commerce britannique dans l'océan Indien[5].

Le , il part en compagnie du ravitailleur charbonnier Markomannia en direction des Indes orientales néerlandaises, où il est intercepté par le cuirassé néerlandais Tromp qui le somme de quitter ces eaux neutres. Il s'exécute et pénètre dans l'océan Indien. Ce terrain de chasse lui permet de trouver de nombreuses proies, car rien qu'en septembre il fait dix-sept prises, quinze britanniques, qu'il expédie par le fond grâce à ses canons ou au moyen de charges de sabordage, et deux neutres (un italien et un norvégien) qu'il relâche. Les équipages britanniques capturés sont bien traités et on s'assure de leur sûreté. Néanmoins, les primes d'assurance des cargos s'envolent et le trafic marchand britannique en est fortement perturbé.

La Royal Navy est alertée et lance aux trousses de l’Emden de nombreux navires de guerre[6]. Pour leurrer la chasse alliée, von Müller fait installer une quatrième cheminée factice sur son bateau, pour rapprocher son allure de celle du britannique HMS Yarmouth. De nombreux capitaines de commerce alliés se laisseront prendre à ce camouflage.

Le , le croiseur allemand bombarde pendant une heure les réservoirs de pétrole de la British Oil à Madras, provoquant un incendie et une panique en ville. Il renonce ensuite à attaquer le port de Colombo, déjà en alerte. Du 25 au , l'Emden coule cinq navires et en saisit un au large de la pointe sud de l'Inde[7].

HMS Yarmouth.
Bombardement de Madras par l'Emden.

Le , il fait escale à Diego Garcia, possession britannique dont le gouverneur britannique n'a pas encore eu connaissance de la déclaration de guerre, pour des réparations à la chaudière et à la carène[7]. Von Müller repart vers les îles Laquedives et coule dix nouveaux navires alliés. Il échappe aux navires de guerre alliés RMS Empress of Asia et HMS Hampshire en se réfugiant dans un grain près des îles Maldives et le , il se ravitaille en charbon aux îles Nicobar. Les Alliés détournent de l'escorte des convois les croiseurs britannique HMS Yarmouth, russe Askold, japonais Tokiwa et Yakumo qui s'ajoutent au japonais Chikuma et au vieux croiseur russe Jemtchoug La Perle »).

Le , il pénètre à l'improviste dans le port de Penang (George Town) en Malaisie, fait exploser d'une torpille le croiseur russe Jemtchoug, vétéran de la bataille de Tsushima, et canonne les autres navires à quai. L’Emden fait alors demi-tour vers le large, suivi par les contre-torpilleurs français, Mousquet et Pistolet, armés seulement chacun d'un canon de 65 mm. L'Allemand coule à coup de 105 mm le premier et sème le Pistolet. Sur les 80 membres de l'équipage du Mousquet, 43 de ses marins disparaissent avec lui et 36, rescapés, sont recueillis et bien traités par l’Emden. Il arraisonne le cargo britannique Newburn, sans l'attaquer, pour y transférer les prisonniers. Les navires japonais Yahagi, britanniques HMS Gloucester, HMS Exmouth, RMS Empress of Russia, SS Empress of Australia se joignent à la chasse[7].

Le , tôt le matin, il aborde les îles Cocos pour y détruire la station de radio et le nœud de câbles sous-marins afin de perturber les communications alliées dans l'océan Indien. Von Müller envoie à terre une compagnie de débarquement de trente-huit marins et six officiers armés sous le commandement du premier lieutenant Hellmuth von Mücke. Les civils britanniques ont le temps de lancer un SOS avant que les Allemands ne détruisent les équipements. Le croiseur australien HMAS Sydney, supérieur en puissance de feu à l'Emden, a capté le SOS, rejoint l'archipel à toute vapeur et avarie gravement l'Emden au terme d'un combat inégal de 2 heures. Von Müller choisit de saborder son navire en le jetant à la côte de l'île de North Keeling pour sauver l'équipage[8]. Von Müller est fait prisonnier avec son équipage[3].

Au terme de la croisière de l'Emden, celui-ci a coulé 20 navires totalisant 100 000 tonneaux de jauge et des cargaisons d'une valeur globale de 300 millions de francs.

Von Müller est d'abord en détention à Malte puis, en 1916, au camp pour officiers près de Nottingham. Á partir de , il est interné en Hollande pour traiter sa malaria puis revient en Allemagne avant la fin de la guerre[4]. Il est célébré comme héros naval de la guerre, l'empereur Guillaume II lui décernant en mars 1918 l'ordre « Pour le Mérite » pour ses exploits militaires exceptionnels[1].

En , il est promu capitaine (Kapitän zur See)[1]. Après la fin de la Première Guerre mondiale, il devient chef de département à l'Office du Reich à la marine et jette les bases d'un régiment naval. Il quitte la marine pour raisons de santé le [3].

Le croiseur Emden sabordé à la côte de l'île des Cocos.

Á la fin de sa vie, il adhère à Brunswick au Parti populaire national allemand (DNVP) qui militait pour le rétablissement de la monarchie et la suppression de la démocratie[3]. Il est ainsi élu à l'assemblée du Landtag de Brunswick[1].

Médaille commémorative de l'Emden.

Il décède le à Brunswick d'une pneumonie aggravée d'une pleurésie. Il a été inhumé au cimetière de Blankenburg dans une tombe formée de plusieurs blocs de pierre monolithiques[1]. Son épouse et ses filles ont porté après son décès le nom de « von Hanstein von Müller-Emden ».

Hommages et distinctions

Pour son humanité avec les prisonniers, Karl von Müller a été surnommé par les Anglais « Gentleman of war »[1].

Plusieurs médailles en argent ont été frappées en Allemagne en 1914 en l'honneur du capitaine de frégate Karl von Müller et du S.M.S Emden.

Á Emden, la Karl von Müller Kaserne (à présent désaffectée) a été baptisée en son honneur. Il a été fait citoyen d'honneur des villes d'Emden et Blankenburg. Des rues ont été baptisées en son honneur, parfois débaptisées sous l'époque communiste[1].

Kapitän-v.-Müller-Straße à Hanovre.

Les décorations suivantes lui ont été décernées[9] :

Références

Voir aussi

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