Katarisme

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Le katarisme est une idéologie politique indianiste propre à la Bolivie née dans les années 1960.

Centré sur l'identité sociale et culturelle des Boliviens indigènes, anticapitaliste, le katarisme se définit comme une réponse au néocolonialisme des États occidentaux capitalistes ainsi qu'à l'absence de prise en compte des particularités culturelles dans le marxisme[1].

Le katarisme tire son nom d'un chef des Aymaras du XVIIIe siècle : Túpac Katari, notamment connu pour avoir dirigé la prise de la Paz en 1780. Durant sa rébellion, seuls les indigènes non métissés se soulèvent contre le pouvoir. Incarnant la résistance indienne à l’envahisseur, certains Boliviens indigènes s'identifient à cette figure historique comme symbole de leur lutte contre l'oppression sociale[2].

Définition

D'après Alvaro Garcia Linera, le katarisme est une idéologie politique qui vise à déconstruire les discours sur les cultures indigènes de Bolivie, afin qu'eux-mêmes puis les remodeler selon leurs propres conceptions. C'est ainsi une révision positive de l'histoire. L'indianité devient dans ce cadre non plus un objet mais un être, une revendication à part entière. Idéologie fondée sur les cultures indigènes, le katarisme est alors la négation de ce que le marxisme avait apporté dans l'indianisme, à savoir la construction d'une nation sur la culture ouvrière. Ainsi l'indianisme devient un objectif politique.

Les kataris se reconnaissent entre eux comme vivant et dépositaire d'une histoire commune, celle d'un régime néocolonial. Il y a une bivalence propre au katarisme, d'un côté multiple par l'attachement à l'espace qui détermine des « petites nations », et de l'autre commun, symbolisé par le rapport colonial et capitaliste. C'est cette commune culture de dominés qui les rassemble, mais leur identité culturelle est multiple, et cette identité est intrinsèquement lié au territoire occupé[1].

Comme pour l'indianisme la critique économique du capitalisme se double d'un discours ethnique.

Le katarisme peut être perçu comme étant les revendications de l'Indien Aymara. Il développe une identité collective et postule à l’auto-gouvernement ainsi qu'à l’autodétermination. La question est alors centré sur des territoires précis.

Le Manifeste de Tiwanaku : base de l'idéologie katariste

L'idéologie katarie est définie dans le manifeste de Tiwanake, un document composé en 1973 lors de la Dictature militaire et rédigée en espagnol, aymara et quechua. Dénoncant avec vigueur la soumission imposé aux Aymaras et Quechuas, ce manifeste annonce également un programme économique, social et politique respectueux des traditions historiques de ces peuples[3]. Il est signé par de nombreux intellectuels, étudiants et groupes de la mouvance katarie : « l’Unión Puma de Defensa Aymara, le Centre de promotion et de coordination paysanne Mink’a, le Centre paysan Túpac Katari, l’Association des étudiants paysans de Bolivie (Asociación de Estudiantes Campesinos de Bolivia) et l’Association nationale des professeurs paysans (Asociación Nacional de Profesores Campesinos) »[4],[5],[6].

Femme quechua au Pérou.

Une composante raciale ?

Selon Casen et Sommerer, il y aurait dans le katarisme une réponse par la négative à la colonisation. Les kataris se constitueraient en opposition jusqu'à inverser les tendances et à racialiser les rapports tout en concevant l'Indien (le pronom le peut être utilisable puisqu'il détermine un Indien-type) comme un homme supérieur. Pour appuyer son propos, l'auteur de l'article cite Fausto Reinaga, une figure importante de cette mouvance qui affirme que la révolution indienne est « une révolution raciale »[7]. De même Evo Morales déclare : « Dans notre culture, les quechuas-aymaras, assumer l’autorité signifie servir le peuple, c’est avoir une vocation à servir, alors que dans la culture occidentale, être l’autorité c’est vivre du peuple, être un parasite[7]. » On retrouve également inversion chez les Pachakutik, qui souhaitent un ministère pour les « blancs » ou « pelé »[7].

Historique

Notes et références

Annexes

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