Dans sa critique de Les déterrées, L. Maalouf note que l'autrice raconte l'histoire de l'immigration de sa famille Algérienne en alternant rire et sérieux. Le roman apparait comme cathartique, permettant de rédiger et transmettre la douleur associée. Si le personnage principal est de fiction, il est noté que : « Sans surprise, il y a beaucoup de l’autrice dans son personnage de Rym, qui grandit avec sa mère sur la Rive-Sud de Montréal, entourée de sa tante, de son oncle, de ses cousines, d’un grand-père particulièrement attachant et de bien des fantômes. » Le livre est apprécié et juste et L. Maalouf note aussi : « Malgré les nombreux chemins sur lesquels le roman nous entraîne, Les déterrées est avant tout une histoire de transmission. De résistance. De fierté. Car en dépit de toutes les épreuves que les femmes des générations précédentes ont dû traverser, elles vivent encore à travers celles qui leur ont succédé et les rendent plus fortes encore »[6].
I. Beaulieu dans sa critique de Les déterrées reprend la conclusion du jury qui a décerné le prix littéraire avec : « une fresque foisonnante, un récit titanesque plein de vie, de lumière et d’humour qui exhume les histoires, petites et grandes, des tentatives d’effacement »[7]. Plus précisément sur le roman, elle note aussi : « Il faut la lire, cette œuvre relatant les horreurs des conflits meurtriers et les actes immondes perpétrés, car c’est un roman dur, mais dont la douce ironie pas si douce nous montre les chemins empruntés de la résistance se trouvant au cœur des liens qui unissent les personnages les uns aux autres »[7].
Comme le relève Leila Arab dans Artichaut Magazine, la famille qui doit quitter son pays d'origine, l'Algérie, pour fuir le colonialisme, le racisme, la violence, doit aussi affronter dans son nouveau pays la méfiance sur son accent francais, sa religion, les démarches administratives difficiles. Comme elle le note « Dans une écriture alliant avec brio ironie, humour et drame, Katia Belkhodja rend justice aux déterrées, ces noms qu’on a voulu enterrer de force, ces histoires que la colonisation a voulu effacer, ces femmes surtout à qui on a imposé le silence. Sans rien oublier, l’autrice prend d’assaut les mauvaises langues et les responsabilise de leurs méfaits. »[8].
Avec ce livre, il est question de garder au mieux la mémoire, celle de ses racines, de ses ancêtres et comme l'écrit F. Bordeleau-Gagné dans sa critique: « Rym, la narratrice des Déterrées, sans doute l’alter ego de l’autrice Katia Belkhodja, reprend, réorganise, sédimente, explique, transmet à son tour »[9].