Née à Pedreiras, Keila a fait son coming out à l'âge de 14 ans. Après avoir travaillé plusieurs années en tant que domestique à Teresina, elle devient travailleuse du sexe dans les années 1980. Au cours de la même période, elle vit également à Recife, et à Salvador, où elle se socialise au sein de la communauté transgenre[1].
En 1991, elle rencontre Luiz Mott, fondateur du Grupo Gay da Bahia. Elle s'engage véritablement dans l'activisme en 1995, en créant l'Associação de Travestis de Salvador, au plus fort de la pandémie de VIH/SIDA. Trois ans plus tard, elle fonde l'Associação Nacional de Travestis e Transexuais, en 2002. Cette organisation est aujourd'hui l'une des plus importantes du mouvement trans au Brésil[1]. Le , elle participe au lancement du mouvement «Travesti e Respeito» ( litt. «Travesti et respect»), un groupe de militants et de leaders transsexuels et travestis. La campagne au Congrès national de Brasília, fruit d'un partenariat inédit avec le gouvernement fédéral via le ministère de la Santé, marque un tournant dans l'histoire du mouvement. La date est choisie comme Journée nationale de la visibilité trans(pt) pour visibiliser ces personnes dans l'espace public[2].
Keila a également été vice-présidente de la première organisation représentant la population LGBT au Brésil, l'Associação Brasileira de Lésbicas, Gays, Bissexuais, Travestis, Transexuais e Intersexos (ABGLT); Elle a aussi coordonné le Centre pour la promotion et la défense des droits des personnes LGBT (CPDD LGBT), qui reçoit les plaintes pour violation des droits des personnes LGBT à Bahia. En 2013, elle a présidé le Conseil national de lutte contre la discrimination et reçoit la même année le Prix national des droits de l'homme, remis par la présidente Dilma Rousseff, pour son engagement en faveur de la communauté LGBT au Brésil[1].
En , Keila rejoint le Conseil exécutif de l'Association brésilienne des organisations non gouvernementales (Abong) pour représenter les États de Bahia et de Sergipe[1]. En mai, elle est arrêtée à son arrivée à l'aéroport de Mexico, ses papiers d'identité n'étant pas à jour (corrigés après sa transition de genre). Elle devait participer au Forum social mondial d'Abong, où elle représenterait le Brésil. Elle affirme alors: «On m'a expulsée parce que j'étais trans, pas à cause de mon nom»[2]. En décembre de la même année, elle devient la première personne transgenre à recevoir un doctorat honoris causa au Brésil, décerné par l'Université d'État de Rio de Janeiro (UERJ)[3],[4].
Le , le conseil municipal de Salvador lui a décerné le titre de Citoyenne Sotéropolitaine (portugais brésilien: Cidadã Soteropolitana) pour sa contribution à la ville, faisant d'elle la première femme transgenre à recevoir cet honneur[5],[6],[7].