Kellis

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Kellis est un site archéologique situé à près de 2,5 kilomètres à l'est-sud-est de l'actuel Ismant, dans l'oasis d'Ad-Dakhla, et à environ onze kilomètres au nord-est du village de Mut el-Kharab, qui est le chef-lieu de l'oasis[1],[2]. Il s'agit des ruines d'un village de la Haute-Égypte datant des périodes hellénistique, romaine et byzantine. Connu aujourd'hui sous le nom d'Ismant el-Kharab (ruines d'Ismanta), Kellis appartenait, dans l'Égypte antique, au nome mothite[3].

Faits en bref Noms, Nom arabe ...
Kellis
Ville d'Égypte antique
Kellis
Pièces voûtées de la tombe nord 7 à Kellis
Noms
Nom arabe Ismant el-Kharab
Administration
Pays Drapeau de l'Égypte Égypte
Région Haute-Égypte
Géographie
Coordonnées 25° 30′ 57″ nord, 29° 05′ 44″ est
Localisation
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Kellis
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Kellis
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    Structures

    Le village s'étendait sur un peu plus d'un kilomètre de long sur 650 mètres de large. Les bâtiments étaient construits presque entièrement en brique crue sur une terrasse basse, bordée d'oueds au sud-est et au nord-ouest et entourée de champs[4].

    L'activité économique se concentrait sur le tissage, la poterie artisanale et la forge. Plusieurs sites d'intérêt de Kellis attiraient la population, notamment le temple de Toutou et trois églises ; la « Petite Église de l'Est » (la plus ancienne église connue en Égypte). Le site a été occupé dès la fin de la période ptolémaïque, a été abandonné quelque temps après l'an 392 et est resté inoccupé depuis lors, à l'exception d'une période dans les années 1940, où des Bédouins y ont campé[5],[6].

    Le temple dédié à Toutou permet de donner une indication chronologique puisque la première mention faite à ce dieu remonte à la XXVIe dynastie, à Saïs, soit 700 ans avant notre ère. La popularité de Toutou s'est répandue au cours de l'ère ptolémaïque, souvent associé aux déesses Neith ou Bastet. On notera qu'il est l'unique exemple de temple dédié à ce dieu qui nous soit parvenu à ce jour et c'est de lui dont proviennent la plupart des images et informations dont on dispose aujourd'hui concernant cette divinité[7]. Le temple a été développé au cours du Ier siècle de notre ère, comme en témoigne une inscription dédicace à l'empereur Néron, ainsi que la découverte de papyri en démotique d'une période similaire.

    Plusieurs autres bâtiments ont été découverts, dont un particulièrement large, comportant plus de 200 salles.

    Abandonnée depuis longtemps, la ville n'a été encore que partiellement fouillée et beaucoup de lieux y sont mal délimités, de nombreux bâtiments sont encore ensevelis sous le sable. Les sommets de certains sont visibles depuis la surface ; d'autres sont totalement recouverts. Parfois fragilisés, certains bâtiments présentent des risques d'effondrement lorsqu'un touriste imprudent traverse la cité en ruine.

    Fouilles

    Vue est-nord-est depuis le temple ouest vers le temple principal de Toutou à Kellis

    L'exploration archéologique de Kellis débute en 1986[8]. Depuis 1991, les fouilles de Kellis sont financées par le conseil australien de la recherche, administré par l'université Monash[9]. Des milliers de fragments d'écriture sur des ostraca ont été découverts, dont beaucoup font référence au manichéisme, une ancienne religion dont les adeptes à Kellis vivaient autrefois apparemment aux côtés des chrétiens[10],[11].

    Les archéologues ont également trouvé des livres en bois, des récipients en verre, des outils, d'autres objets domestiques, ainsi que des cimetières[12] avec des momies recouvertes de masques[13],[5] et d'autres éléments de cartonnage[14],[15],[16].

    Bibliographie

    • (en) G. Wagner, Kellis: a Pleiades place resource, (lire en ligne).
    • (en) Colin A. Hope et Gillian E. Bowen, Kellis : a Roman-period village in Egypt's Dakhleh Oasis, Cambridge, Cambridge University Press, , 480 p. (ISBN 978-0-521-19032-9, DOI 10.1017/9780511844362, lire en ligne).
    • (en) J. E Knudstad et R.A. Frey, Kellis, the Archaeological Survey of the Romano-Byzantine Town at Ismant el-Kharab : Reports from the Survey of the Dakhleh Oasis 1977-1987, Oxford, C.S. Churcher and A.J. Mills eds, Oxbow Books, .
    • A. Schweitzer, Les parures des cartonnage des momies d’une nécrople d’Ismant el-Kharab : Dakhleh Oasis Project: Preliminary Reports on the 1994-1995 to 1998-1998 Field Seasons', Oxford, C.A. Hope & G.E. Bowen eds., Oxbow Books, .
    • (en) C.A. Hope, Excavations in the Settlement of Ismant el-Kharab in 1995-1999 : Dakhleh Oasis Project: Preliminary Reports on the 1994-1995 to 1998-1998 Field Seasons, Oxford, C.A. Hope & G.E. Bowen eds., Oxbow Books, .
    • (en) O. E. Kaper, The Egyptian God Tutu: A Study of the Sphinx-God and Master of Demons with a Corpus of Monuments, Louvain, Peeters, .
    • (en) C.A. Hope, « Three Seasons of Excavation at Ismant el-Gharab in Dakhleh Oasis, Egypt », Mediterranean Archaeology, vol. 1, .
    • (en) C.A. Hope, J. McKenzie et C. Rindi Nuzzolo, « The Traditional Cemeteries of Kellis », dans Kellis: A Roman-Period Village in Egypt's Dakhleh Oasis, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-19032-9, DOI 10.1017/9780511844362.016, lire en ligne), p. 307–342
    • (en) Carlo Rindi Nuzzolo, « The Cartonnage from Kellis (Ismant al-Kharab, Dakhleh Oasis): a study in Regionalism and Craftsmanship », DOI.org (Datacite), (DOI 10.26180/5CA6C9FD1DC0F, lire en ligne, consulté le )
    • (en) Carlo Rindi Nuzzolo, Graeco-Roman cartonnage from the Kellis 1 cemetery (Ismant el-Kharab - Dakhleh Oasis): the case of Tombs 10 and 25 : Burial and mortuary practices in late period and Graeco-Roman Egypt: proceedings of the International Conference held at Museum of Fine Arts, Budapest, 17-19 July 2014, Budapest : Museum of Fine Arts, Ed. Katalin Anna Kóthay, (DOI 10.26180/7835480.v1).
    • (en) Carlo Rindi Nuzzolo, Broken faces: investigating evidence of regionalism in mummy mask fragments from the Kellis 1 cemetery : Dust, Demons and Pots Studies in Honour of Colin A. Hope, Leuven, Peeters, (DOI 10.2307/j.ctv1q26ngg.53).
    • (en) Carlo Rindi Nuzzolo, « From fragments to faces: using metrological analysis for artefact re-identification and provenience attribution », npj Heritage Science, vol. 13, no 1, , p. 673 (ISSN 3059-3220, DOI 10.1038/s40494-025-02218-4, lire en ligne, consulté le )
    • (en) Carlo Rindi Nuzzolo, « 3D scanning and shape analysis help archaeologists connect objects across space and time to recover their lost histories », The Conversation, (DOI 10.64628/AAI.9qpf3hsrt, lire en ligne, consulté le )
    • (en) Håkon Teigen, The Manichaean church in Kellis, Brill, (ISBN 978-90-04-45977-9, OCLC 1240264765).
    • (en-US) Mariam Sami, Illuminating an Ancient Emissary of Light, (lire en ligne).

    Voir aussi

    Notes et références

    Liens externes

    Related Articles

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