Kemmelberg (fortification celte)
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Le Kemmelberg (du nom néerlandais du mont Kemmel) est la plus ancienne fortification celte de l'Âge du fer en Belgique ; elle remonte au VIe siècle av. J.-C.
Le Mont Kemmel se situe à l'extrémité d'une série de collines de l'époque tertiaire sur lesquelles les recherches archéologiques ont déjà identifié plusieurs éléments. On y a trouvé des silex dès 1892, cependant les recherches archéologiques s'interrompent à la suite de la Première Guerre mondiale qui marque le sol d'une importante quantité d'obus. La reprise de la recherche débute en 1961 par prospection pédestre, identifiant les premières indications du site fortifié[1].
Initialement fouillé de 1971 à 1979 par André Van Doorselaer, le site révèle une succession de tranchées et un mur d'enceinte doublé d'un fossé. Cependant, l'aménagement est particulièrement abîmé par les bombardements conséquents de la Première Guerre mondiale[2]. Les recherches reprennent dès 2008 avec l'appui d'une imagerie Lidar, permettant d'étendre l'identification du site à cinq cultures archéologiques pré et protohistoriques[1]. La surface fortifiée ne dépasse toutefois pas les 8 hectares[2].
L'étude des céramiques permet de l'associer à la céramique marnienne du début de La Tène. Les vases caractéristiques du Kemmelberg sont identifiés dans au moins trois autres sites du bassin de l'Escaut, permettant d'indiquer l'importance et le statut du site. L'étude des objets métalliques confirme l'appartenance du site à un réseau élitaire maintenant des contacts avec l'Europe intérieure et la péninsule italienne. La datation suggère que l'occupation et l'activité du site pourrait remonter au Hallstatt final[1].
Société stratifiée
Les différents objets identifiés permettent de déterminer qu'il s'agit d'un site fortifié à caractère aristocratique dont l'occupation la plus intense se situe entre 500 et 350[1]. Les poteries identifiées sont datées du VIe siècle av. J.-C. en parallèle de l'émergence des interactions avec les Étrusques et les Grecs. L'attrait du Kemmelberg pourrait être son sel produit depuis les sauneries de Bray-Dunes et La Panne[2].
Les élites situées au Kemmelberg reposent leur autorité sur un réseau étendu et une société stratifiée qui pourrait couvrir plusieurs sites celtiques identifiés en Flandres. Un tesson de récipient à sel en terre, provenant de la région de Nimègue, tend à confirmer l'influence élargie du site dans le commerce du sel. Quelques pièces d'or, perles de verre et éléments en bronze étrusques confirment une activité commerciale importante dont le site tire bénéfice soit directement, soit indirectement[3].
Notes et références
- 1 2 3 4 Jean-Jacques Charpy, Jean-Luc Putman, Sarah Dalle et Guy de Mulder, « Nouveau regard sur les objets métalliques du Kemmelberg (Belgique) », Revue du Nord, vol. 433, no 5, , p. 21–39 (ISSN 0035-2624, DOI 10.3917/rdn.433.0021, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 Eugène Warmenbol, La Belgique gauloise: mythes et archéologies, Racine, (ISBN 978-2-87386-688-4), p. 63-64
- ↑ Archeo Kemmelberg, « The History Files: Kemmelberg (Première élite - élite celte (1) - Centres de l'élite celte) », sur The History Files (consulté le )