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Kenneth Erskine

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Kenneth Erskine
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Kenneth Erskine, né le à Londres, est un criminel britannique de notoriété publique pour une série d'homicides consécutifs perpétrés sur des personnes âgées dans la capitale anglaise. Son mode opératoire lui valut la désignation médiatique d'Étrangleur de Stockwell[1]. Son forfait s'est déroulé sur une période circonscrite d'avril à , au cours de laquelle il fut responsable du décès de sept à onze octogénaires et nonagénaires.

Crimes

Erskine nait le 1ᵉʳ à Hammersmith, d’une mère britannique et d’un père antiguais. Il était le cadet d’une fratrie de quatre garçons[2]. Durant sa prime jeunesse, il fut délaissé par ses deux parents et placé successivement dans divers établissements spécialisés[3]. Le divorce de ses parents intervint alors qu’il était âgé de douze ans. Lors d’une excursion scolaire, il tenta de submerger plusieurs de ses condisciples, manifestant par la suite une propension croissante à la violence au fil de son adolescence. Son existence se conclut finalement par une période de vie errante[2].

Les activités délictueuses d'Erskine commencèrent par une succession de forfaits, plus précisément une série de cambriolages. Le produit de ses méfaits lui permit l'ouverture de dix comptes bancaires distincts[3]. Il purgea une peine d'incarcération dans l'établissement pénitentiaire de Feltham. À compter de 1986, Erskine fut l'auteur de l'homicide d'au moins sept personnes âgées. Son mode opératoire consistait à s'introduire par effraction dans leur domicile pour les étrangler. La majorité de ces crimes furent accompagnés d'agressions sexuelles. Cette série criminelle se déroula sur le territoire londonien[2].

La première victime identifiée fut Nancy Emms, septuagénaire de 78 ans, domiciliée à Wandsworth, qui décéda le . Initialement, son décès fut considéré comme naturel, conclusion consignée par son médecin sur le certificat de décès. Toutefois, la constatation par son aide à domicile de la disparition de son poste de télévision éveilla les soupçons et conduisit à requalifier le cas en homicide. Une autopsie ultérieure révéla que la victime avait été violée et succombé à une strangulation[2].

La deuxième victime fut Janet Cockett, sexagénaire âgée de 67 ans. Elle fut découverte sans vie en son domicile, au sein d'une cité HLM de Wandsworth, le . Présidente de l'association des locataires, elle avait succombé à une strangulation. La scène, ne présentant aucun signe d'agression sexuelle, orienta initialement les constats vers une mort naturelle. Toutefois, une autopsie ultérieure infirma cette hypothèse et établit le caractère criminel du décès. L'enquête technique permit de relever, sur une fenêtre du logis, une empreinte palmaire qui fut ultérieurement attribuée à Arthur John Erskine. Peu avant ce meurtre, l'individu s'était introduit dans la demeure d'un autre senior, mais il avait interrompu son méfait et pris la fuite, alarmé par un bruit[2].

Le , Erskine commit ses troisième et quatrième homicides au sein d'une maison de retraite à Stockwell[2]. Ses victimes, toutes deux soumises à des agressions sexuelles avant d'être étranglées, étaient Valentine Gleim, un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale âgé de 84 ans[4], et Zbigniew Strabawa, 94 ans. Il perpétra son cinquième meurtre le suivant, prenant pour cible William Carman, octogénaire de 84 ans résidant à Islington. Après avoir dérobé une somme d'argent dans son logis, il le violenta sexuellement puis l'étrangla. Sa sixième victime fut William Downes, 74 ans, qu'il assassina selon un modus operandi identique le dans un studio de Stockwell[2].

Dernière victime du suspect, Florence Tisdall, octogénaire de 83 ans, vivait isolément au Ranelagh Gardens Mansions, à Fulham[2],[5]. Elle fut décédée des suites d'un étranglement et d'un viol. Sa dépouille fut découverte par le concierge de l'immeuble le matin du . Erskine fut appréhendé le dans un guichet de la sécurité sociale. La police put alors confronter son empreinte palmaire à un exemplaire prélevé sur l'une des scènes des forfaits. Son identification fut ensuite corroborée lors d'une parade, par le témoignage de Fred Prentice, septuagénaire de 74 ans. Ce dernier affirma qu'Erskine avait tenté de l'étrangler dans son lit un mois avant son interpellation[4].

Enquête et procès

Erskine, un itinérant toxicomane âgé d’une vingtaine d’années au moment des faits, fut l’auteur de plusieurs crimes. Ses condamnations antérieures et contemporaines pour des délits de cambriolage permirent aux forces de l’ordre de l’identifier dans leurs fichiers[2]. Il fut ainsi formellement reconnu comme responsable d’une série d’homicides. Jugé coupable de sept meurtres, il fut observé, durant le déroulement de son procès, en train de se livrer à un acte de masturbation[4].

Les services policiers estimaient qu’Erskine était vraisemblablement lié à quatre autres homicides, en particulier ceux de Wilfred Parkes (81 ans, survenu à Stockwell le ) et de Trevor Thomas (75 ans, perpétré à Lambeth le ). Toutefois, ils ne parvinrent pas à réunir des éléments probants suffisants pour le mettre en accusation.

Les enquêteurs établirent de manière concordante que la série d’agressions était imputable à un unique individu. Aucune trace d’effraction ne fut relevée sur les lieux ; les investigations conclurent à une intrusion par une fenêtre préalablement déverrouillée. Le modus operandi, remarquablement constant, indiquait que l’agresseur se mettait à genoux sur le thorax de ses victimes, leur obstruait la bouche de la main gauche et procédait à leur strangulation mortelle à l’aide de la main droite. Par ailleurs, dans quatre cas, des actes de sodomie furent constatés lors des examens médico-légaux, sans qu’il fût possible de déterminer avec certitude si ces violences étaient antérieures ou postérieures au décès.

En , Erskine fut reconnu coupable de sept homicides et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période minimale de sûreté recommandée de quarante ans. Par la suite, il fit l’objet d’un diagnostic de troubles psychiques au sens de la loi sur la santé mentale de 1983 (Mental Health Act 1983). Dès cette même année, en vertu des articles 47 et 49 de ladite loi, il fut transféré du régime pénitentiaire ordinaire vers l’hôpital Broadmoor, où il demeure désormais interné[2],[4]. La recommandation d’emprisonnement minimal émise par le magistrat instructeur compte parmi les plus sévères jamais prononcées dans les annales judiciaires britanniques.

Un document émanant de Horne, daté du , fait état d’une expertise médico-légale concernant Erskine, préalablement conduite en . Horne y infère qu’à l’époque de ladite expertise, Erskine était atteint de schizophrénie chronique et d’un trouble de la personnalité antisociale, et que cette condition pathologique était vraisemblablement avérée depuis [4]. Ultérieurement, en , à la suite d’une procédure d’appel, les condamnations pour meurtre prononcées à son encontre furent commuées en homicides involontaires, au motif d’une responsabilité pénale atténuée[1].

Incarcération

Le , Erskine préserva l’existence de Peter Sutcliffe, autre sérial killer. Dans la chambre qu’il occupait au service Henley de l’hôpital de Broadmoor, Sutcliffe fut assailli par Paul Wilson, détenu condamné pour vol. Ce dernier, après avoir exigé le prêt d’une bande vidéo, tenta de l’étrangler au moyen du cordon d’un casque acoustique. À la faveur de clameurs perçues, Erskine et Jamie Devitt, également homicide condamné, intervinrent[6].

Documentaires

Les crimes d'Erskine ont fait l'objet de nombreux documentaires :

  • Le , un numéro de la série documentaire First Kill/Last Kill, conçue par le criminologue réputé David Wilson, a été consacré aux méfaits d'Erskine. Cet opus, intitulé The OAP Killer, fut diffusé sur la chaîne de télévision Channel 5[2].
  • Le fut diffusé un numéro de la série New Scotland Yard Files intégralement dédié au cas d’Erskine. Ce documentaire, présenté par l’ancien inspecteur de New Scotland Yard, Peter Bleksley, prit place sur la chaîne CBS Reality[4].

Voir aussi

Références

Liens externes

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