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Kensō Soai

chimiste japonais From Wikipedia, the free encyclopedia

Kensō Soai (硤合 憲三, Soai Kensō?), né le à Fuchū dans la préfecture de Hiroshima, est un chimiste japonais spécialiste de chimie organique, professeur émérite à l'université des sciences de Tokyo.

Naissance
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FuchūVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
硤合 憲三Voir et modifier les données sur Wikidata
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Formation
Université de Tokyo (doctorat) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Kensō Soai
Biographie
Naissance
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FuchūVoir et modifier les données sur Wikidata
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硤合 憲三Voir et modifier les données sur Wikidata
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Formation
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Prix Nobel de chimie ()
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Il est connu pour la découverte, en 1995, de la première réaction d'autocatalyse asymétrique accompagnée d'une forte amplification de l'excès énantiomérique, depuis appelée « réaction de Soai ». Ces travaux ont apporté un modèle chimique de l'apparition spontanée de l'homochiralité, question ouverte depuis les travaux de Louis Pasteur sur la chiralité moléculaire.

Il est lauréat du prix Nobel de chimie 2026 avec le Français Henri Kagan « pour la découverte des effets non linéaires et de l'autocatalyse en synthèse organique asymétrique »[1],[2].

Biographie

Formation

Kensō Soai naît en 1950 dans la préfecture de Hiroshima[3]. Il étudie à la faculté des sciences de l'université de Tokyo, où il obtient en 1979 un doctorat en sciences sous la direction de Teruaki Mukaiyama, dont il reste ensuite le chercheur associé en tant que boursier de la Société japonaise pour la promotion de la science (JSPS)[4].

De 1979 à 1981, il effectue un stage postdoctoral aux États-Unis, à l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill, dans le groupe d'Ernest L. Eliel, spécialiste de la stéréochimie[4].

Carrière

En 1981, il est nommé maître de conférences (lecturer) à l'université des sciences de Tokyo, où il fonde son propre groupe de recherche. Il y devient professeur associé en 1986, puis professeur titulaire en 1991[4]. Il effectue l'essentiel de sa carrière dans cet établissement, au département de chimie appliquée de la faculté des sciences, et en devient professeur émérite[3].

Il est professeur invité dans plusieurs établissements, en France comme en Asie : l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (2001), l'université de Kyūshū (2005), l'université Waseda (2007-2010), l'université Louis-Pasteur de Strasbourg (2008) et l'université de Jilin (2010-2015)[4].

Travaux

Contexte : chiralité et effets non linéaires

De nombreuses molécules biologiques, comme les acides aminés ou les sucres, existent sous deux formes images l'une de l'autre dans un miroir, appelées énantiomères. Le vivant n'utilise pratiquement qu'une seule de ces deux formes, alors qu'une synthèse chimique ordinaire produit en général un mélange égal des deux (un racémique). L'origine de cette asymétrie est longtemps restée une énigme[5].

En 1986, l'équipe d'Henri Kagan montre qu'en catalyse asymétrique, la pureté énantiomérique du produit n'est pas toujours proportionnelle à celle du catalyseur : un catalyseur imparfaitement pur peut donner un produit plus pur que lui. C'est ce qu'on appelle un effet non linéaire positif, ou amplification asymétrique[6].

La réaction de Soai

Soai s'intéresse à l'addition énantiosélective de dialkylzincs sur les aldéhydes. En explorant de nombreuses molécules par essais successifs, il identifie un alcool chiral, un 5-pyrimidylalcanol, capable de catalyser sa propre formation à partir d'un pyrimidine-5-carbaldéhyde et de diisopropylzinc[5].

En 1995, il publie dans Nature la démonstration que cette réaction est à la fois autocatalytique et amplificatrice : le produit, présent au départ avec un faible excès énantiomérique, sert de catalyseur à sa propre synthèse et s'enrichit à chaque cycle en sa forme majoritaire[7]. Pour le comité Nobel, il s'agit de la première réaction chimique conçue dans laquelle une seule des deux images miroir possibles est obtenue[5]. Cet article a été retenu par la rédaction de Nature parmi les articles de chimie les plus marquants publiés par la revue entre 1950 et 2000[4].

Avec ses collaborateurs, notamment Takanori Shibata et Tsuneomi Kawasaki, Soai montre par la suite que la réaction peut être déclenchée par d'infimes sources d'asymétrie : lumière polarisée circulairement, cristaux chiraux minéraux comme le quartz, ou molécules dont la chiralité ne tient qu'à une différence isotopique[8]. Ces résultats en font un modèle expérimental pour l'étude de l'origine de l'homochiralité biologique[9].

Le mécanisme réactionnel de la réaction de Soai a fait l'objet d'un long débat dans la communauté scientifique. En 2020, les équipes de Scott E. Denmark et d'Oliver Trapp ont proposé deux modèles différents de l'espèce catalytique active, impliquant respectivement des agrégats tétramériques de l'alcoolate de zinc ou un intermédiaire transitoire de type hémiacétalate[10].

Prix Nobel de chimie 2026

Le , l'Académie royale des sciences de Suède annonce l'attribution du prix Nobel de chimie à Henri Kagan, de l'université Paris-Saclay, et à Kensō Soai, de l'université des sciences de Tokyo[11]. Le président du comité Nobel de chimie, Heiner Linke, présente leurs travaux comme la résolution d'une énigme chimique vieille de plus d'un siècle : comprendre comment l'homochiralité peut apparaître spontanément[2]. Les deux lauréats se partagent la dotation de 12 millions de couronnes suédoises[12], qui leur sera remise lors de la cérémonie du à Stockholm[13].

Joint par téléphone pendant la conférence de presse à Stockholm, Soai, âgé de 76 ans, raconte qu'il faisait des courses lorsqu'il a appris la nouvelle, qualifie ce jour de « plus excitant de [sa] vie » et se dit heureux de partager le prix avec Henri Kagan[14]. Lors d'une conférence de presse donnée le soir même à l'université des sciences de Tokyo, il souligne que c'est surtout le fait d'être récompensé aux côtés de Kagan qui le réjouit[15].

Ce prix prolonge une série de récompenses japonaises : il s'agit de la troisième année consécutive où un chercheur japonais reçoit un prix Nobel, après Shimon Sakaguchi (médecine) et Susumu Kitagawa (chimie) en 2025, et Soai devient, selon le décompte du Mainichi Shinbun, le 31e lauréat japonais (en incluant les lauréats de nationalité américaine nés au Japon)[13].

Les commentateurs soulignent l'importance pratique de ces travaux, la maîtrise de la forme énantiomérique produite étant essentielle pour la fabrication de médicaments, d'arômes ou de parfums[12].

Distinctions

Décorations

Publication sélectionnée

  • (en) Kenso Soai, Takanori Shibata, Hiroshi Morioka et Kaori Choji, « Asymmetric autocatalysis and amplification of enantiomeric excess of a chiral molecule », Nature, vol. 378,‎ , p. 767–768 (DOI 10.1038/378767a0)

Notes et références

Liens externes

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