Kenya Hara
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| Naissance | |
|---|---|
| Nom dans la langue maternelle |
原研哉 |
| Nationalité |
Japonaise |
| Activité |
Graphiste, Directeur Artistique, Auteur |
| Formation | |
| Site web |
Direction artistique de MUJI |
Kenya Hara (原 研哉, Hara Ken'ya, né en 1958 à Okayama) est un designer graphique, théoricien et commisaire d'exposition japonais.
Directeur du Nippon Design Center et professeur à l'Université d'art de Musashino, il est mondialement connu en tant que directeur artistique de la marque MUJI depuis 2001.
Figure majeure du design contemporain, il est l'auteur de plusieurs ouvraages de référence dont Designing Design et White, dans lesquels il développe une esthétique du « Vide » (Emptiness) inspirée de la tradition japonaise, qu'il distingue de la « Simplicité » occidentale.
Kenya Hara se forme à l'Université d'art de Musashino[1]. Il est principalement connu en tant que designer graphique pour avoir été le directeur artistique de la marque japonaise Muji ainsi que pour ses expositions et ses écrits sur le design.
Sa pensée du design est influencée par l'héritage de son père à la fois homme d’affaires et prêtre shintoïste[2]. Pour la marque MUJI, il développe une esthétique du vide à travers un refus de l'image de marque et de tous les signes généralement utilisés pour attirer l'œil[3].
Il est membre de l'Alliance graphique internationale depuis 2001 et a obtenu le grand prix du Tokyo Art Directors Club (ADC) en 2003.
Au-delà de son travail de designer graphique, Hara développe sa pensée dans plusieurs ouvrages car « verbaliser le design est un autre acte de design[4]. »
Dans Designing Design, publié en 2007, Hara présente ses théories et son approche philosophique du design. Il écrit : « Produire quelque chose de nouveau à partir de rien est créatif, mais faire du connu de l'inconnu est aussi un acte de création. Peut-être que ce dernier est plus utile pour comprendre ce qu'est le design[4]. » L'ouvrage associe les réflexions de Hara sur le design aux nombreux exemples de projets commandés par lui dans le cadre de ses expositions.
Dans son livre White, Hara explore le blanc comme notion de design. Il y fait largement référence à Éloge de l'ombre (Tanizaki) de Jun'ichirō Tanizaki dans lequel l'auteur défend une esthétique de la pénombre au tournant du XXe siècle. Dans un entretien avec le journal The Japan Times, il explique être particulièrement intéressé par les esthétiques traditionnelles japonaises: « J'ai identifié quatre mots-clés qui leur sont liées: sensai (délicatesse), chimitsu (méticulosité), teinei (attention aux détails) et kanketsu (simplicité)[5]. »
Le concept de « Vide » (Ku) Kenya Hara théorise la différence fondamentale entre la simplicité occidentale et le vide japonais. Selon lui, la simplicité (telle qu'elle apparaît dans le modernisme occidental) est une aboutissement rationnel. A l'inverse, le « Vide » (Ku) est une potentialité : c'est un réceptacle offert à l'utilisateur pour qu'il y projette ses propres désirs et son imagination. C'est cette philosophie qu'il applique à la direction artistique de MUJI, notamment à travers ses campagnes publicitaires montrant des horizons déserts (Salars de Bolivie, steppes de Mongolie), sans slogan, laissant le spectateur libre d'interpréter l'image [6],[7].
Expositions et projets majeurs
Kenya Hara est reconnu pour sa capacité à « re-thématiser » le design à travers de grandes expositions collectives :
Re-Design : The Daily Products of the 21st Century (2000) : pour cette exposition marquante, il demande à 32 créateurs de redessiner des objets du quotidien. C'est à cette occasion que l'architecte Shigeru Ban imagine un papier toilette au rouleau carré (pour réduire la consommation et le gaspillage) et que Naoto Fukasawa crée un sachet de thé en forme de marionnette [8],[9].
Haptic - Awakenin the Senses (2004) : Une exposition centrée sur le sens du toucher, explorant comment la texture et la matière influencent la perception d'un objet avant même sa forme [10].
Architecture for Dogs (2012) : Un projet viral où il invite des architectes de renom (comme Kengo Kuma ou Sou Fujimoto) à concevoir des niches adaptées à des races de chiens spécifiques. Les plans sont proposés en téléchargement gratuit (do it yourself), permettant aux propriétaires de construire eux-mêmes les structures[11].