Kerstin Hesselgren

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Date de naissance
Lieu de naissanceHofors, Suède
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décèsStockholm
Kerstin Hesselgren
Illustration.
Kerstin Hesselgren en 1933.
Fonctions
Députée au Riksdag

(23 ans)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Hofors, Suède
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Stockholm
Nationalité Suédoise

Kerstin Hesselgren, née le à Hofors et morte le à Stockholm, est une femme politique suédoise. Très engagée professionnellement dans le domaine social, elle participe à l'amélioration des cantines scolaires. En tant qu'inspectrice du travail, elle s'emploie à améliorer les conditions de vie des travailleuses. Elle entre en politique après la Première Guerre mondiale et rejoint le mouvement féministe. Elle est, en 1921, la première femme élue à la chambre haute du Parlement suédois, puis la première femme à en occuper la présidence et devient l'une des figures de proue du mouvement féministe libéral.

Jeunesse et formation

Kerstin Hesselgren est née à Hofors. Elle est l'aînée des six enfants de Gustaf Alfred Hesselgren, un médecin, et de Maria Margareta Wærn. Elle est éduquée à la maison par sa mère et des gouvernantes puis fréquente une pension pour filles à Neuchâtel, en Suisse[1],[2],[3].

Très jeune, Kerstin Hesselgren est confrontée à la pauvreté et aux injustices sociales qu'elle constate autour de l'usine sidérurgique de Hofors et en accompagnant son père médecin dans ses visites. Elle souhaite devenir, elle aussi, médecin mais sa santé trop fragile l'en empêche[2].

Après des études d'infirmière à Uppsala et Stockholm, Kerstin Hesselgren suit un cours novateur d'économie domestique à l'Institut Karolinska à Stockholm, puis un cours complémentaire d'hygiène à Cassel en Allemagne et obtient ensuite un diplôme d'inspectrice sanitaire à Londres, au Bedford College[1].

Engagement social

Kerstin Hesselgren est la première femme nommée à l'un des deux nouveaux postes d'inspectrice sanitaire des foyers appartenant à la ville de Stockholm en 1906, la première femme à diriger l'inspection des cantines scolaires en 1909 et la première femme inspectrice des lieux de travail en 1912 — poste qu'elle occupe jusqu'à sa retraite en 1934[1].

En tant qu'inspectrice des cantines scolaires, Kerstin Hesselgren organise les repas des enfants et les camps de vacances scolaires, améliore l'hygiène générale dans les écoles et joue un rôle déterminant dans la mise en place de l'enseignement obligatoire des tâches ménagères. Parallèlement, elle plaide pour l'augmentation des salaires des professionnels de cantine et l'amélioration de leurs conditions de travail. Elle fonde l'Association suédoise des professionnels de cantine (Sv skolkökslärarinnornas förening), dont elle devient la première présidente, puis la présidente d'honneur[2].

Comme inspectrice du travail, elle met en œuvre un vaste programme d'amélioration des conditions de vie des travailleuses en ce qui concerne le logement, l'alimentation, la santé et les soins médicaux. Elle développe également un système d’épargne, d’entraide et d’assurance[2]. Se basant sur le modèle anglais, elle s'appuie sur le tissu associatif pour établir un climat de confiance avec les personnes à aider, ce qui donne naissance aux Hemgårdarna, qui organisent des cours, des conférences et des débats. En 1926, elle devient l'une des fondatrices et la présidente du hemgård de Norrköping, ainsi que de celui de Södergården à Stockholm. Dans le cadre de son travail, elle collabore avec le théologien et pédagogue Nathanael Beskow (en), dont elle partage les convictions chrétiennes et sociales[2].

Son implication professionnelle se double d'un activisme social et Kerstin Hesselgren collabore à des revues spécialisées sur les questions sociales récemment créées, ainsi qu'à des journaux, et donne des conférences[1]. Elle dirige plusieurs formations nouvellement mises en place dans sa région, notamment en économie domestique et pour les syndicalistes. Elle joue aussi un rôle déterminant dans la création de l'Association des travailleurs sociaux dans l'industrie et le commerce (SAIA), qu'elle préside de 1922 à 1949 et s'implique dans plusieurs autres associations, dont l'Association suédoise des professeurs d'économie domestique (1906-1913), l' et l'Association suédoise pour la santé mentale (Sv föreningen för psykisk hälsovård, 1939)[1]. Elle joue un rôle clé dans l'Association centrale pour le travail social (sv) (CSA), où elle est active durant près de soixante ans. Elle est membre du conseil d'administration de 1906 à 1953 et vice-présidente de 1946 à 1953, puis membre honoraire jusqu'à sa mort en 1962. Elle y organise le premier cours de formation pratique en 1910, qui est à l'origine de l'Institut de politique sociale et de recherche et éducation municipales, créé en 1921 à l'université de Stockholm. Elle est également l'une des rares femmes à enseigner dans ce nouvel Institut social, où elle apporte une contribution importante. Elle y donne notamment des cours d'hygiène professionnelle jusqu'en 1947[4].

Engagement politique

Accaparée par sa vie professionnelle, Kerstin Hesselgren ne s'engage pas dans la vie politique ou dans le mouvement féministe avant la Première Guerre mondiale[2]. Cependant sa rencontre la libérale Emilia Broomé dans le cadre de la Fédération centrale pour le travail social la convainc de l'importance du travail politique pour parvenir à une réforme sociale et la conduit à accepter de se présenter en 1910 pour les libéraux aux élections municipales de Stockholm, mais elle n'est pas élue[2],[5].

En 1917, elle s'engage dans l'Association des femmes libres d'esprit (Frisinnade kvinnor, maintenant Svenska Kvinnors Vänsterförbund (sv)), en prend la présidence en 1921 et devient l'une des figures de proue du mouvement féministe libéral[2].

À la demande du Parti libéral de rassemblement, elle est candidate aux premières élections législatives ouvertes aux femmes en Suède, Elle devient, à l'âge de cinquante ans, l'unique députée à siéger à la chambre haute du parlement, grâce au soutien des électeurs libéraux et sociaux-démocrates. Quatre femmes sont élues à la chambre basse[6],[7]. Elle rejoint d'abord le Parti libéral de rassemblement puis, après des scissions, comme indépendante jusqu'en 1934, quand elle quitte temporairement le Parlement. Réélue en 1936, à titre personnel sur une liste apolitique à la Chambre haute, elle siège jusqu'en 1944, soutenant le groupe parlementaire du Parti du peuple (Folkpartiet)[2],[1]. En 1939, elle est aussi la première femme à assurer la présidence du Parlement[1].

Dans son engagement politique, Kerstin Hesselgren se considère avant tout comme la porte-parole des femmes, qu'elle réunit au-delà des clivages partisans pour résoudre d'importantes questions communes, comme la loi sur les qualifications, la protection des travailleurs, l'emploi rémunéré des femmes mariées, la loi sur les vagabonds, la loi sur la contraception et le retrait des enfants placés en famille d'accueil, l'aide à la maternité, etc.[2]. Elle influence en particulier la législation nationale concernant l'âge minimum d'admission au travail des femmes dans certains métiers, le droit à l'avortement et le droit à la propriété foncière pour les plus démunis[1],[2],[3].

Sa carrière parlementaire se poursuit jusqu'en 1944[8].

Engagement féministe

Bien qu'elle se considère plutôt comme une militante des droits sociaux que comme une féministe classique, Kerstin Hesselgren œuvre très largement dans des domaines liés aux femmes et exerce une influence considérable au sein du mouvement féministe suédois[1].

Elle devient secrétaire générale de l'Association des femmes libérales (Frisinnade Kvinnors Riksförbund (sv)) en 1922 et reste à ce poste jusqu'en 1944[1]. Au sein de cette association, elle fait partie d'un groupe de cinq femmes (Konstellation ou noyau dur) qui estiment que le droit de vote des femmes doit s'accompagner d'une prise de conscience politique et d'une participation égale à tous les aspects de la vie sociale. Outre Kerstin Hesselgren, le groupe comprend Honorine Hermelin, Ada Nilsson, Elisabeth Tamm et Elin Wägner[1]. Elles éditent, de 1923 à 1936, l'hebdomadaire Tidevarvet (en) et inaugurent en 1922, sous l'impulsion de Kerstin Hesselgren, le premier cours d'éducation civique pour femmes, qui devient, en 1925, l'école de citoyenneté féminine (Kvinnliga Medborgarskolan) à Fogelstad. Kerstin Hesselgren en préside le conseil d'administration. L'école exerce une influence considérable jusqu'en 1935. Elle accueille plus de 2 000 femmes de tous milieux sociaux et de tous âges, jusqu'à sa fermeture en 1954[2],[1],[3].

Engagement pacifiste

L'Association des femmes libérales est un groupe de pression actif, notamment lors du congrès international des femmes de La Haye en 1915. De 1941 à 1951, Kerstin Hesselgren est la secrétaire générale du Comité pour la compréhension internationale de cette organisation. Grâce à la position parlementaire de Kerstin Hesselgren, le Comité peut influencer la politique gouvernementale en matière de paix. Lors du débat parlementaire de 1924 sur la défense, elle soutient le désarmement contre l'avis de plusieurs membres de sa famille, officiers supérieurs, dont l'un de ses frères. Elle affirme que « l'humanité doit détruire la guerre avant que la guerre ne détruise l'humanité ». Les réductions des dépenses militaires du gouvernement suédois permettront de financer les réformes sociales introduites en 1925[1]

Niveau international

En 1919, elle est désignée comme experte au sein de l'Organisation internationale du travail (OIT), où elle se préoccupe principalement des questions liées au salaire minimum, aux soins de santé, à la législation sur le travail de nuit et à d'autres lois protégeant les femmes et les enfants. À 74 ans, en 1946, elle devient présidente d'un comité de l'OIT chargé d'étudier les perspectives d'emploi des femmes dans l'après-guerre[2].

Elle est la première experte suédoise à siéger à la Société des Nations et devient rapidement déléguée. Elle y traite principalement des questions relatives aux femmes et aux enfants[2]. En 1935, elle se fait remarquer avec un discours prononcé contre l'agression de l'Italie fasciste en Éthiopie[2].

Fin de vie

Kerstin Hesselgren décède à Stockholm le . Elle est inhumée au cimetière d'Ovansjö[3].

Hommages

La poste suédoise a émis deux timbres à l'effigie de Kerstin Hesselgren, en 1971 et 1996[9].

Une rue d'Hofos porte son nom : Kerstin Hesselgrens väg[3] et un parc à Fruängen[10].

Elle reçoit l'Illis quorum 5e classe en 1918 et 12e classe en 1947 et la médaille Saint Erik (sv)[3],[11].

Notes et références

Bibliographie

Filmographie

Articles connexes

Liens externes

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