Kétévan naquit du prince Ashotan Bagration de Moukhrani et épousa le prince David Bagration de Kakhétie, le futur David Ier, roi de Kakheti de 1601 à 1602[2].
Après la mort de David, elle se consacra à la construction d’édifices religieux et aux œuvres de charité. Cependant, lorsque le frère de David, Constantin Ier, assassina son père régnant, Alexandre II, et usurpa la couronne avec le soutien safavide iranien en 1605, Kétévan rallia la noblesse kakhetienne contre le parricide et mit en déroute les forces fidèles à Constantin. L’usurpateur mourut au combat. Selon le chroniqueur officiel safavide Fażli Ḵuzāni, Kétévan fit preuve d’une miséricorde remarquable envers les partisans survivants de Constantin et ses officiers qizilbaches. Elle ordonna que les soldats ennemis blessés soient soignés et acceptés à son service s’ils le souhaitaient. Les marchands musulmans, qui avaient souffert de la guerre, furent indemnisés et libérés. Kétévan fit inhumer le corps de Constantin et l’envoya à Ardabil[2].
Après l’insurrection, elle négocia avec le shah Abbas Ier d’Iran, suzerain de la Géorgie, afin de faire confirmer son fils mineur, Téimouraz Ier, comme roi de Kakhétie, tout en assumant elle-même la régence.
En 1614, envoyée par Téimouraz comme négociatrice auprès du shah Abbas, Kétévan se livra en réalité comme otage d’honneur dans une tentative, vaine, d’empêcher l’attaque du Kakhétie par les armées iraniennes. Elle fut détenue à Chiraz pendant plusieurs années, jusqu’à ce qu’Abbas Ier, par vengeance face à l’intransigeance de Téimouraz, ordonne à la reine de renoncer au christianisme. Devant son refus, il la fit torturer à mort avec des tenailles chauffées au rouge en 1624[3].
Des fragments de ses reliques furent secrètement emportés par des missionnaires catholiques portugais de l’ordre de Saint-Augustin, témoins de son martyre, vers la Géorgie, où ils furent déposés au monastère d’Alaverdi. Le reste de ses dépouilles aurait été inhumé dans l’église Saint-Augustin à Goa, en Inde. Après plusieurs expéditions menées à Goa au XXIe siècle pour retrouver ses restes, ceux-ci auraient été identifiés à la fin de l’année 2013[4],[5],[6],[7].