Kevrola

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Kevrola est située dans l'est de l'oblast d'Arkhangelsk, un sujet du district fédéral du Nord-Ouest, en Russie européenne. Elle appartiennt à l'établissement rural de Kevrola, dont elle en est le chef-lieu, dans le raïon de Pinega, un des raïons de l'oblast, dont le centre administratif est Karpogory[1]. Le hameau se trouve sur la rive gauche de la Pinega, dans le bassin de la Dvina septentrionale.

Kevrola, comme tout l'oblast d'Arkhangelsk, est située dans le fuseau horaire MSK (heure de Moscou). Le décalage horaire appliqué par rapport au temps universel coordonné est +03:00[2].

Image panoramique
Kevrola et la Pinega.
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Étymologie

Les premiers noms connus de Kevrola sont Kegrela ou Kegrola, dérivant selon Anders Johan Sjögren du mot carélien kegri, qui signifie « dieu protecteur de l'élevage ». Le suffixe « la » désigne un lieu dans les langues balto-finnoises, ce qui peut faire Traduire Kegrela en « Chez l'idole gardienne de l'élevage bovin ». Le nom de Kegrola, encore mentionnée dans la charte de 1505, laissa sa place au début du siècle suivant au nom de Kevrol. Comme le nom de « ville » en russe (gorod) est masculin, il fit apparaître le nom de Kevrol-gorod, enlevant le « a ». Le « g » se transforma en même temps en « v » car dans la population finno-ougrienne locale, un changement phonétique s'opéra de la première vers la seconde consomme. Puisque dans de nombreuses localités du pays de la Dvina Tchoudes, qui parlaient encore leur langue au XVIe siècle, et Russes vécurent voisient, la prononciation tchoude s'inflitra dans le langage russe, puis dans les documents officiels. Au XVIIIe siècle, la localité s'appelait Kevrol, mais perdant son statut en cessant d'être un chef-lieu de l'ouïezd de Kevrola (Kevrola[3] ouïezd en russe), le nom récupéra le « a » final[4].

Histoire

Avant l'arrivée des Russes dans la région de la Pinega, Kevrol était une sorte de centre administratif pour les Tchoudes, aussi habité par des Caréliens et des Lapons. Un rempart en bois entourait la ville, et la ville s'appelait Kegrela ou Kegrola. Les Novgorodiens combattirent plusieurs années pour s'emparer du contrôle de la région[5], probablement au XIIe siècle ou avant[4].

La première mention remonte à 1137 sous le nom de Kegrela, lorsqu'elle apparaît comme une possession novgorodienne dans la charte du prince de Novgorod Sviatoslav Olgovitch. Kevrol appartient alors à la république de Novgorod, et à partir du XIVe siècle à la Grande-principauté de Moscou. Elle devint alors un avant-poste militaire, politique et économique en pays d'Outre-passe. S'y trouvait à Kevrol la voïvodie, les tribunaux et la douane, notamment pour les fourrures en provenance de Sibérie. Le village profitait de sa situation sur la rivière Pinega, avec le début du portage vers la Mezen[6]. Au XIVe siècle, des moines de l'ermitage de la Trinité d'Oust-Syssolskaïa fondèrent le monastère de la Résurrection dans le village[5]. En 1471, Novgorod céda les terres du bassin de la Pinega à Moscou, mais le voïvode de Pinega refusa, et des combats intenses eurent lieu dans la région de Kevrola, le village étant incendié, avant que les escadrons de Moscou ne gagnent[7]. Au début du XVIe siècle, Kevrola devint le centre administratif de la voïvodie du même nom[4].

En 1613, Kevrola devient le centre administratif de l'ouïezd de Kevrola, qui reçoit le statut d'ouïezd militaire, se séparant alors de l'oblast de la Dvina[5]. Elle était encore qu'une petite colonie, avec selon le recensement de 1678 que 18 foyers. Au début du XVIIIe siècle, la ville était florissante, comptant 28 églises. En 1780, par décret de Catherine II, le centre de l'ouïezd fut transféré à Pinega, qui était la localité la plus peuplée de la région, et qui était mieux positionnée géographiquement. Si Kevrola perdit rapidement son statut de porte d'entrée vers la Sibérie, ce fut notamment en raison des crues printanières qui firent changer le cours de la Pinega, éloignant alors Kevrola de la Pinega[5],[4],[7].

Kevrola et l'église de la Résurrection en 1900.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle est construite l'église de la Résurrection, imposante église d'architecture en bois russe[5].

Démographie

Recensements (*) ou estimations de la population[8],[9],[10],[11],[12]:

Évolution démographique
2002* 2010* 2012 2021*
694447688356


Culture locale et patrimoine

Notes et références

Annexes

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