Kikimora (mythologie)

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Dans la mythologie slave Kikimora (russe : кики́мора), connue aussi comme Kikimara ou Shishimora[1], est un esprit féminin de la maison, parfois présentée comme l'épouse du Domovoï[2].

Autres noms Shishimora, kikimara
Groupe Mythologie, folklore
Caractéristiques créature féminine surnaturelle
Habitat foyer
Faits en bref Autres noms, Groupe ...
Kikimora
Description de cette image, également commentée ci-après
Kikimora illustration d'Ivan Bilibine, 1934.
Créature
Autres noms Shishimora, kikimara
Groupe Mythologie, folklore
Caractéristiques créature féminine surnaturelle
Habitat foyer
Origines
Origines mythologie slave
Région Europe
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Genèse

L'Église, pour effrayer les gens et les inciter à baptiser leurs enfants, suggérait que si un enfant mourait sans être baptisé, il pouvait se transformer en Kikimora[3]. La croyance populaire voulait aussi que les enfants mort-nés, prématurés ou issus de fausses couches pouvaient devenir des Kikimora. D'autres mythes prétendait que c'étaient des enfants nés de femmes et de serpents de feu. Enfin, les enfants maudits par leurs parents pouvaient devenir des Kikimora[3].

Caractéristiques

Elle est représentée comme une femme menue de taille moyenne avec de longs cheveux et un fichu sur la tête (les femmes slaves mariées gardent leurs cheveux couverts et les jeunes filles les maintiennent tressés)[1]. Elle peut également être décrite en tant que petite femme bossue dans une robe sale[1]. Elle peut apparaître comme une personne semi-transparente, sans qu'il soit possible de déterminer s'il s'agit d'un homme ou d'une femme ou encore prendre l'apparence d'une ancêtre féminine : mère, grand-mère, grand-tante. Elle est aussi capable de se transformer en chien féroce ou en sanglier, ce qui ne fait qu'alimenter le mythe selon lequel elle n'a pas de corps physique permanent et peut prendre différentes apparences. C'est un esprit sombre capable de devenir invisible, de se déplacer très rapidement et de voir très loin[3].

Dans la maison, elle vit habituellement dans le coin droit de l'entrée ou derrière le fourneau. Quoi qu'il en soit, où que réside la Kikimora, l'endroit est toujours poussiéreux et sale. La Kikimora peut aussi vivre au grenier ou dans la cave de la maison qu'elle hante[3].

Kikimora peut également être trouvée dans un marais ou une forêt[1].

Il existe de nombreuses légendes et mythes autour de Kikimora, mais une chose est sûre : il s'agit d'une créature nuisible. Selon certaines légendes, elle se contente de faire du bruit dans un coin reculé de la maison, de casser de la vaisselle ou des verres laissés sur la table, de disperser la poussière et les petits déchets autour de la table, de tirer les cheveux ou d'effrayer les jeunes enfants. D'autres légendes racontent qu'elle peut devenir si puissante qu'elle sème la panique et la peur (surtout chez les enfants et les personnes fragiles), provoque des cauchemars et des hallucinations. On dit aussi qu'elle peut rendre les gens fous, jusqu'au suicide chez certains. Enfin, Kikimora pourrait être si puissante qu'elle enlèverait des personnes, en particulier de jeunes enfants[3]. On dit que Kikimora s'occupera de la basse-cour et des travaux domestiques si la maison est bien tenue. Sinon, elle sifflera la nuit et chatouillera les enfants en les faisant pleurnicher. On dit aussi qu'elle sort aussi la nuit pour filer et qu'une personne qui la voit à son rouet mourra bientôt[1].

Remèdes et protections

Pour apaiser une Kikimora fâchée, on doit laver tous les pots et casseroles avec l'infusion de fougère. Parmi les armes contre les kikimora, on trouve l'ail, l'armoise, le sel et l'argent. Elle ne pénètre pas dans une maison si un objet en argent est enterré devant l'entrée ou si le sel est répandu sur son passage. Cependant, il est possible que Kikimora se matérialise directement à l'intérieur d'une maison ; dans ce cas, seuls des rituels spécifiques, connus des mages de l'ancienne tradition slave, peuvent la chasser[3]. Pour empêcher les cauchemars et autres agressions nocturnes de Kikimora, il est conseillé de retourner son oreiller et de faire un signe de croix avant de se coucher. Les enfants, pour se prémunir contre l'enlèvement, avant d'aller au lit, doivent regarder une fois - mais pas plus - par la fenêtre[4].

Dans l'art

L'écrivain ukrainien Orest Somov lui consacre en 1829 un conte, Kikimora : une famille veut faire partir la kikimora de son isba ; cette dernière, d'abord inoffensive, se rebelle, devient méchante, menace la fillette de la maisonnée ; le prêtre orthodoxe appelé est impuissant. La famille finit par recourir à un rite ancien païen pour chasser l'esprit malfaisant[5].

Le chef d'orchestre et compositeur russe Anatoli Liadov a composé en 1909 un poème symphonique pour orchestre Kikimora (op. 63)[6].

Références

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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