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Kira Kirillovna de Russie

princesse de Russie From Wikipedia, the free encyclopedia

Kira Kirillovna de Russie (en russe : Кира Кирилловна Романова, Kira Kirillovna Romanova), née le à Paris et morte le à Saint-Briac, est princesse de Russie, puis en 1924 grande-duchesse de Russie. Par son mariage, elle devint princesse de Prusse.

Titulature Princesse de Russie
Grande-duchesse de Russie
Princesse de Prusse
Naissance
Paris (France)
Faits en bref Prédécesseur, Successeur ...
Kira Kirillovna de Russie
Description de cette image, également commentée ci-après
Kira Kirillovna de Russie et son époux, Louis-Ferdinand de Prusse (1907-1994), en 1938.

Titre

Épouse du prétendant au trône royal de Prusse et au trône impérial allemand


(16 ans, 1 mois et 19 jours)

Prédécesseur Cécile de Mecklembourg-Schwerin
Successeur Sophie d'Isembourg
Biographie
Titulature Princesse de Russie
Grande-duchesse de Russie
Princesse de Prusse
Naissance
Paris (France)
Décès (à 58 ans)
Château de Hohenzollern (Allemagne)
Sépulture Château de Hohenzollern
Père Cyrille Vladimirovitch de Russie
Mère Victoria-Mélita de Saxe-Cobourg-Gotha
Conjoint Louis-Ferdinand de Prusse
Enfants Frédéric-Guillaume de Prusse
Michel de Prusse
Marie-Cécile de Prusse
Kira de Prusse
Louis-Ferdinand de Prusse
Christian de Prusse
Xénia de Prusse
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Famille

Elle est la fille cadette du grand-duc Cyrille Vladimirovitch de Russie et de la princesse Victoria Mélita de Saxe-Cobourg-Gotha.

Le , à Potsdam, Kira Kirillovna de Russie épouse Louis-Ferdinand de Prusse (1907-1994), fils de Guillaume de Prusse et de Cécile de Mecklembourg-Schwerin. De cette union naissent sept enfants :

  • Frédéric-Guillaume de Prusse (1939-2015), en 1969, il épouse Waltraud Freydag (1940-2010), divorcés en 1975 (un enfant). En 1976, il épouse Ehrengard von Reden (1943-), divorcés en 2004 (trois enfants). En 2004, il épouse, en troisièmes noces, Sibylle Kretschmer (1952-).
  • Michel de Prusse (1940-2014), en 1966, il épouse Jutta Jorn (1943-) (deux enfants), divorcés en 1982. En 1982, il épousa Brigitte von Dallwitz (1939-)
  • Marie-Cécile de Prusse (1942), en 1965, elle épouse le duc Frédéric Auguste d'Oldenbourg (1936-), divorcés en 1989 (trois enfants)
  • Kira de Prusse (1943-2004), en 1973, elle épouse Thomas Liespsner (1945-), divorcés en 1984 (un enfant)
  • Louis-Ferdinand de Prusse (1944-1977), en 1975, il épouse la comtesse Donata de Castell-Rüdenhausen (1950-2015) (deux enfants, dont le prince Georges Frédéric de Prusse (1976-), l'actuel chef de la maison royale de Prusse[1])
  • Christian Sigismond de Prusse (1946-), en 1984, il épouse la comtesse Nina von Reventlow (1954-) (deux enfants)
  • Xénia de Prusse (1949-1992), en 1973 elle épouse Per-Edvard Lithander (1945-2010), divorcés en 1978 (deux enfants)[2].

Biographie

Le mariage de Cyrille Vladimirovitch de Russie et de Victoria-Mélita de Saxe-Cobourg-Gotha, les parents de Kira Kirillovna de Russie, n'est pas accepté par Nicolas II de Russie, car Victoria-Mélita venait de divorcer (d'Ernest-Louis de Hesse, frère de la tsarine Alexandra)[3]. Pour cette raison la grande-duchesse Kira nait loin de la Cour de Russie, à Paris, le , où ses parents vivent exilés quelques années. Plus tard, le tsar autorise le retour en Russie du grand-duc Cyrille Vladimirovitch de Russie et de son épouse.

Révolution russe

Après la prise du pouvoir par les Bolcheviks, les parents et la sœur de Kira Kirillovna de Russie quittent la Russie à destination de la Finlande. À cette époque, la grande-duchesse est âgée de huit ans. Elle se souvient que sa famille est autorisée par le gouvernement provisoire de quitter la Russie et se souvient du voyage vers l'exil : « Pour la première fois, ils voyagèrent dans un train public et, pour la première fois, il n' y avait pas de fioritures.... ni tapis rouges et ni confort, etc. »[4]. Sa mère enceinte lors de leur départ de Russie, à quarante ans, donne naissance en Finlande à un garçon : Vladimir Cyrillovitch de Russie. Pendant un an, la famille attend la victoire de l'Armée blanche sur les Bolcheviks pour rentrer en Russie. « Comme j'aimerais pouvoir vous voir » écrit Kira Kirillovna de Russie à sa tante la reine Marie de Roumanie en . « Ici, il fait froid, alors que cela devrait être l'été. Boy (Vladimir Kirillovitch de Russie) est si gentil. Quand il a faim, Nana prépare son déjeuner, par la faim, les larmes ruissellent et tombent sur ses joues ». Kira parle de cueillette de champignons dans les bois, le cinéma du vendredi, de ses leçons, mais elle indique également le manque de sucre. Sa mère écrit à des parents résidant dans d'autres pays et, pour son fils, elle mendie des aliments pour bébé[5].

L'exil

La famille quitte la Finlande, elle s'installe à Cobourg puis à Saint-Briac. Kira, née princesse de Russie, porte en 1924, le titre de grande-duchesse.

Personnalité et physique

Les cheveux foncés et les yeux bleus, Kira Kirillovna de Russie était une jeune fille à l'esprit dynamique, d'une grande simplicité, d'une humeur régulière. Elle était décrite intelligente, curieuse et intéressée par les beaux-arts. Elle ressemblait en cela à sa mère avec qui elle travaillait à l'atelier d'art de Saint-Briac[6].

Mariage

En âge d'être mariée, Kira Kirillovna de Russie fréquente ses nombreux cousins dans les différentes cours royales d'Europe. Elle est intéressée par le prince Alphonse d'Espagne, prince des Asturies (fils aîné du roi Alphonse XIII d'Espagne), mais celui-ci montre plus d'intérêt pour les filles du prince Nicolas de Grèce.

Elle s'entiche ensuite du prince Constantin Soutzo, un aristocrate roumain plus jeune qu'elle de trois ans[7],[8], mais son cousin le roi Carol II de Roumanie lui refuse l'opportunité d'un mariage avec Soutzo, sujet roumain, pour des raisons politiques.

Le , Kira Kirillovna de Russie accepte la demande en mariage et épouse Louis-Ferdinand de Prusse, petit-fils du dernier empereur allemand Guillaume II. En dépit des sympathies pour le régime nazi du Kaiser et de son fils aîné le Kronprinz, Kira et Louis-Ferdinand sont, pendant la Seconde Guerre mondiale, soupçonnés par le Führer d'intelligence avec l'ennemi et sont déportés par les Nazis au camp de concentration de Dachau, dont ils sont sauvés au printemps 1945, à la libération du camp par l'armée américaine.

L'après-guerre

La guerre terminée, le couple s'installe dans un petit village près de Brême, dans le nord de l'Allemagne[9].

Au début des années 50, elle est appelée à témoigner dans l'affaire Anna Anderson. Cette dernière affirme être la grande-duchesse Anastasia Nikolaïevna de Russie, fille cadette de Nicolas II de Russie et prétendue rescapée de l'extermination de sa famille. En 1952, sur la demande de sa belle-mère Cécile de Mecklembourg-Schwerin, Kira de Russie rencontre Anna Anderson mais n'est pas convaincue par celle-ci ; Kira de Russie la trouve « repoussante » et avait dit d'Anna Anderson qu'« elle n'était pas une dame » et qu'elle n'était, par ailleurs, pas capable de parler l'anglais, qui était pourtant la langue parlée par le tsar, la tsarine et leurs enfants dans leur intimité familiale[10]. Kira de Russie n'est cependant encore qu'une enfant (de sept ans) lorsqu'elle vit pour la dernière fois la grande-duchesse Anastasia Nikolaïevna de Russie. Son oncle, le grand-duc Andreï Vladimirovitch de Russie, quant à lui, crut Anna Anderson et affirma qu'elle était bien Anastasia. Quant à ses autres proches parents, aucun ne furent réellement conquis par les prétentions d'Anna Anderson, mais la légende était cependant lancée et la mort de la grande-duchesse Anastasia ne changea rien, pendant des décennies, à la version acceptée par l'opinion de « la princesse rescapée »[11].

En 1967, Kira de Russie qui s'est mariée selon son rang, confie avoir été déçue par le choix matrimonial de son fils aîné, l'héritier de la maison royale de Prusse et des droits impériaux allemands, Frédéric-Guillaume de Prusse, qui épousa une roturière et de ce fait renonça à ses droits dynastiques[12].

Décès

Kira Kirillovna de Russie prête peu d'attention à sa santé. Vers les cinquante ans, elle souffre d'hypertension artérielle et d'obésité. En , lors d'une visite de son frère, le grand-duc Vladimir Kirillovitch de Russie, à Saint-Briac, la grande-duchesse de bonne humeur mangeait à son habitude sans restriction et prenait plusieurs cuillères de sucre dans son café en disant : « À Dieu ne plaise, je mange n'importe quoi et je suis en bonne santé ». La nuit même, le , la grande-duchesse fut victime d'une crise cardiaque et décéda.

Notes et références

Voir aussi

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