Koh-i Nor

diamant des joyaux de la couronne britannique de 105,602 carats From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Koh-i Nor ou Kuh-e Nûr ou Koh-i-Noor (en persan : کوه نور, montagne de lumière) est un diamant de 105,602 carats (21,61 g) actuellement monté sur une des couronnes de la famille royale britannique, exposée avec les joyaux de la Couronne britannique à la Tour de Londres.

Type de pierre Diamant
Type de taille Brillant « étoilé » (66 facettes)
Poids 105,602 carats
Couleur Blanc, légèrement grisâtre[1]
Faits en bref Type de pierre, Type de taille ...
Koh-i Nor
Réplique du Koh-i Nor
Reproduction en verre du Koh-I Nor dans sa version actuelle (nouvelle taille de 1852), musée « Le Royaume des Cristaux » à Munich.
Caractéristiques
Type de pierre Diamant
Type de taille Brillant « étoilé » (66 facettes)
Poids 105,602 carats
Couleur Blanc, légèrement grisâtre[1]
Découverte
Date de taille 1852
Possession
Propriétaire actuel Couronne britannique (1849)
Valeur estimée Estimé à £10 000 000[1] (2011)
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Histoire

Croquis du Koh-i Nor d'après Tavernier.
Reproduction du Koh-I Nor avant sa découpe de 1852, vu de dessous.

L'origine exacte du Koh-i Nor est inconnue. Il pourrait provenir de l'ancienne mine indienne de Kollur, à Golconde, située sur la rive droite du fleuve Krishnâ en Andhra Pradesh, cette supposition s'appuyant sur la similitude entre le nom du diamant et celui de la mine[1]. D'autres hypothèses supposent qu'il aurait été trouvé, il y a quelque 5 000 ans, dans le lit de la Godâvarî, près de Machlipatnam en Inde centrale, ou dans les collines d'Amravati, dans le Maharashtra.

Cependant, la première mention du diamant se trouve probablement dans le Baburnama, la chronique de la vie de Bâbur, qui évoque[2] un diamant d'environ 34 grammes, soit 170 carats, qui pourrait être le Koh-i-Nor, entre les mains de Bikramjit, le raja de Gwalior en Inde :

Ils lui firent offrande volontaire d’une masse de bijoux et d’objets précieux, parmi lesquels se trouvait le célèbre diamant qu’Alāʾu’d-Dīn avait dû apporter. On raconte que chaque expert en pierres précieuses a estimé sa valeur équivalente à deux jours et demi de nourriture pour le monde entier. Apparemment, il pèse huit misqals. Humayun me l’offrit à mon arrivée à Agra ; je la lui rendis simplement.

Cet épisode fait suite à la première bataille de Panipat en 1526, au cours de laquelle Bikramit est vaincu par Humâyûn, le fils de Bâbur. Le diamant passe entre les mains des empereurs moghols. Humâyûn hérite du trône en 1508, mais en 1540, il en est chassé par Sher Shah Suri et fuit vers la Perse, emmenant avec lui le diamant. Il trouve refuge auprès du chah séfévide Tahmasp Ier, à la cour de Tabriz.

Les chroniques persanes, notamment le Tarikh-i-Humayun-nama de Gulbadan Begum, rapportent que Humayun offrit au chah de Perse de riches présents, dont un diamant d’une valeur inestimable.

Tahmasp conserva un temps la pierre, mais selon les récits ultérieurs, il aurait offert le diamant au souverain moghol Shâh Jahân ou à son prédécesseur Akbar, fils d'Humâyûn, comme cadeau diplomatique.

Sous Shâh Jahân, la pierre fut probablement sertie dans le trône du Paon à Delhi.

« Le trône était orné de pierres précieuses et de joyaux d’une valeur inestimable, tels que les yeux du monde n’en avaient jamais contemplé de semblables. » (Padshah Nama, vol. I, fol. 102a)

Alors qu'un descendant de Shah Jahan, Muhammad Shâh, est au pouvoir, Nader Chah de Perse conquiert et met à sac Delhi en 1739. Mirza Mehdi Khan Astarabadi, secrétaire de Nadir Shah, écrit dans le Tarikh-i-Nadiri que Nadir Shah épargne Muhammad Shâh :

"Nader Shah le releva bientôt de son abattement, lui déclarant qu’il le rétablirait sur le trône de ses ancêtres. Le Moghol, profondément touché par cet acte de générosité inattendu, dépouilla son trésor des plus précieux joyaux et curiosités, qu’il apporta en présent à Nader Shah. Parmi ces présents se trouvait le célèbre trône en forme de paon, dans lequel les perles et les pierres précieuses étaient disposées de manière à imiter les couleurs de cet oiseau splendide,."[3]

L'ouvrage estime la valeur du trône à vingt milliard de roupies, un montant incalculable. Nadir Shah baptise le diamant « Koh-i-Noor » (« Montagne de lumière »).

En 1747, après l'assassinat de ce dernier, sardar Ahmad Khan Abdali, le futur Ahmad Shâh Durrani d'Afghanistan, qui a été un de ses lieutenants, va offrir une protection à la veuve de Nâdir Shâh en la raccompagnant jusqu'à destination ; au moment de leur séparation, la reine veuve va offrir le célèbre diamant comme remerciement au prince afghan. Ainsi le Koh-i Nor va-t-il devenir un des joyaux de la cour d'Afghanistan.

De 1793 à 1818, l'Afghanistan connaît une guerre fratricide entre les petits-fils d'Ahmad Shâh pour le trône. En 1800, l'empereur Zaman Shâh Durrani est renversé par son demi-frère Mahmud Shah, qui l'aveugle et l'emprisonne dans les cachots de la citadelle royale de Kaboul, le Bala-Hissar. Le nouveau souverain n'arrive pas à mettre la main sur le célèbre diamant qui aurait disparu du trésor royal. En 1803, son autre frère, Shah Shuja, le renverse et se proclame empereur à son tour. Son premier geste est de libérer son frère aîné, Zaman Shâh. Ce dernier lui révèle la cachette du Koh-i Nor, qui avait été dissimulé dans les murs de son cachot.

En 1808, Mountstuart Elphinstone est envoyé comme émissaire à la cour de Kaboul dans le but de négocier une alliance contre Napoléon. Mais en , Shah Shuja est renversé à son tour par Mahmud Shah et s'enfuit avec le diamant. En 1813, il se trouve à Lahore lorsque Ranjît Singh, le maharaja sikh du Pendjab, s’empare de la ville et l'emprisonne. Dans son livre : Account of the Kingdom of Caubul and its Dependencies in Persia and India (1815) [4], Elphinstone écrit à propos de sa rencontre à Kaboul « (il portait) de larges bracelets d'émeraude sur les bras (au-dessu du coude) et de nombreux autres bijoux en différents endroits. Dans l'un des bracelets se trouvait le Cohoi-Noor, connu pour être l'un des plus gros diamants au monde »[5]. Plus loin, il indique que « (Shah Shuja) (…) fut à un certain moment perfidement saisi et traité avec barbarie par Runjeet Singh, dont le but était de lui extorquer le célèbre diamant appelé le Cohi Noor. » Cet épisode marque le passage du Koh-i-Noor de la dynastie afghane à la cour du Pendjab. Il faut noter que l'on trouve d'autres citations relatives au diamant attribuées à Elphinstone et décrivant Shah Shuja le portant sur un bracelet,

Les Britanniques le confisquent en 1849 à Dhulîp Singh, son fils, dernier souverain sikh, alors âgé de 11 ans, lorsqu'ils s'emparent de son État et de tous ses biens, si celui-ci veut revoir sa mère. Le diamant est présenté, le , à la reine Victoria, pour le 250e anniversaire de la Compagnie anglaise des Indes orientales. En 1852, sous la supervision du prince consort Albert, il est taillé, passant de 186 à sa masse actuelle de 105 carats soit de 37,21 à 21,61 g pour améliorer sa brillance, puis est monté sur une tiare avec plus de deux mille autres diamants. En 1936, la pierre est installée sur la couronne de la nouvelle reine Élisabeth, l'épouse du roi George VI.

Les gouvernements de l'Inde demandent périodiquement au gouvernement et à la Couronne britanniques le retour de la pierre, revendiquant la propriété légitime. Dans le passé, il y eut aussi les demandes des gouvernements du Pakistan, de l'Afghanistan et de l'Iran pour le retour de la pierre.

Caractéristiques

La pureté chimique de la pierre est exceptionnelle : le type IIa dans laquelle elle est classée[6] concerne seulement 0,8 % des pierres précieuses existantes.

Bibliographie

  • William Dalrymple et Anita Anand, Le Koh-i-Noor, Les Éditions Noir sur Blanc, 2018, 238 p.
  • (en) Anna Malecka, « Naming of the Koh-i-Noor and the Origin of Mughal-Cut Diamonds », The Journal of Gemmology, no 4, , p.738-751.
  • (en) Anna Malecka, « Koh-i Noor Diamond and Babur’s Stone: Issue of Identity », Journal of the British Institute of Persian Studies, vol. 58:1, , p.84-92 (DOI 10.1080/05786967.2018.1537658).

Références

Liens externes

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